PLANCHE XIII.

Ce sujet, expliqué par d'autres monumens antiques, est la lutte de Pan

et de Cupidon. Le vieux Silène, maître et juge du combat, tient la palme

destinée au vainqueur. En considérant ces deux figures comme les

Génies de l'Amour et de la Nature, on trouve le sens de cette fiction

ingénieuse. Sans doute l'Amour sera vainqueur et ne fera point mentir

son ancienne devise, _omnia vincit Amor_; déjà le maître nous révèle la

faiblesse de l'adversaire, en paraissant prêt à le soutenir; l'Amour est

sans armes et n'a besoin que de sa propre force. Bacchus, dont le dieu

Pan fut l'ami et le compagnon, témoin du combat, sourit aux efforts des

deux champions. Couronné de pampres et de raisins, chaussé de cothurnes

jaunes, il tient sa longue pique ornée d'une touffe de feuillage avec un

ruban rouge, et armé d'un fer. Dans la suite, il changea ce fer en une

pomme de pin, ou l'enveloppa dans des feuilles de lierre et de pampre,

pour rendre moins dangereuses les fureurs de ses suivans. L'arme prit

alors le nom de _thyrse_. Le Dieu, dans l'attitude du repos, a laissé

glisser son manteau couleur de pourpre, et se montre à demi-nu. Derrière

lui est une jeune femme vêtue de blanc et coiffée à la grecque avec un

diadême d'or; ce costume qui appartient à une princesse, semble désigner

Ariadne; elle ornait d'un ruban le sceptre du jeune Dieu, et s'est

arrêtée pour donner son attention à la scène.

Cette peinture intéressante fut trouvée à Résine en 1747.

Hauteur, 2 P.--Largeur, 1 P. 9 p°.

Antiquités d'Herculanum, Tome II. Peintures · 第 19 / 29 题