Ce sujet, expliqué par d'autres monumens antiques, est la lutte de Pan
et de Cupidon. Le vieux Silène, maître et juge du combat, tient la palme
destinée au vainqueur. En considérant ces deux figures comme les
Génies de l'Amour et de la Nature, on trouve le sens de cette fiction
ingénieuse. Sans doute l'Amour sera vainqueur et ne fera point mentir
son ancienne devise, _omnia vincit Amor_; déjà le maître nous révèle la
faiblesse de l'adversaire, en paraissant prêt à le soutenir; l'Amour est
sans armes et n'a besoin que de sa propre force. Bacchus, dont le dieu
Pan fut l'ami et le compagnon, témoin du combat, sourit aux efforts des
deux champions. Couronné de pampres et de raisins, chaussé de cothurnes
jaunes, il tient sa longue pique ornée d'une touffe de feuillage avec un
ruban rouge, et armé d'un fer. Dans la suite, il changea ce fer en une
pomme de pin, ou l'enveloppa dans des feuilles de lierre et de pampre,
pour rendre moins dangereuses les fureurs de ses suivans. L'arme prit
alors le nom de _thyrse_. Le Dieu, dans l'attitude du repos, a laissé
glisser son manteau couleur de pourpre, et se montre à demi-nu. Derrière
lui est une jeune femme vêtue de blanc et coiffée à la grecque avec un
diadême d'or; ce costume qui appartient à une princesse, semble désigner
Ariadne; elle ornait d'un ruban le sceptre du jeune Dieu, et s'est
arrêtée pour donner son attention à la scène.
Cette peinture intéressante fut trouvée à Résine en 1747.
Hauteur, 2 P.--Largeur, 1 P. 9 p°.