PLANCHE XII.

Cette peinture se classe au premier rang, parmi celles recueillies dans

les fouilles, pour le mérite de la composition et de l'expression; mais

la médiocrité de l'exécution a fait penser que ce pouvait être la copie

de quelque excellent original. Le sujet paraît être l'éducation de

_Bacchus_; la scène peut indiquer le mont _Meros_, que ce Dieu a rendu

célèbre dans l'Inde. On voit les trois nymphes qui ont pris soin de son

enfance; la plus apparente presque nue, avec une peau de chèvre qui lui

traverse l'épaule, et une couronne de feuillage, se fait remarquer par

une attitude pittoresque et gracieuse; elle présente un raisin au jeune

Dieu, que le vieux Silène élève dans ses bras; l'enfant tend ses deux

mains avec vivacité pour le saisir, et rappelle heureusement l'invention

du vin, qui lui est attribuée de cette manière. Aux pieds de Silène, est

son âne étendu et endormi, couronné de feuillage et portant un bât

ou une espèce de selle assez semblable aux nôtres; plus loin est une

panthère qui lèche un _tympanum_ garni de grelots; sur le côté, on voit

Mercure presque nu, assis sur un tonneau ou fût de colonne, touchant

sa lyre de la main gauche, et tenant de la droite un archet et un autre

objet difficile à reconnaître; il est coiffé du pégase aîlé; un Satyre

est prêt à détacher sa chaussure aîlée (_talaria_), mais il est distrait

par l'action du jeune Dieu. Mercure, inventeur de la lyre (_testudo_)

et du langage, se trouve heureusement réuni avec les nourrices et

l'instituteur de Bacchus. Il fait encore, avec convenance, partie de

la scène, comme ayant apporté l'enfant aux trois nymphes, afin qu'elles

prissent soin de son éducation.

Hauteur, 3 P. 2 p°. 8 lig.--Largeur, 2 P. 5 p°. 3 lig.

Antiquités d'Herculanum, Tome II. Peintures · 第 18 / 29 题