Cette peinture se classe au premier rang, parmi celles recueillies dans
les fouilles, pour le mérite de la composition et de l'expression; mais
la médiocrité de l'exécution a fait penser que ce pouvait être la copie
de quelque excellent original. Le sujet paraît être l'éducation de
_Bacchus_; la scène peut indiquer le mont _Meros_, que ce Dieu a rendu
célèbre dans l'Inde. On voit les trois nymphes qui ont pris soin de son
enfance; la plus apparente presque nue, avec une peau de chèvre qui lui
traverse l'épaule, et une couronne de feuillage, se fait remarquer par
une attitude pittoresque et gracieuse; elle présente un raisin au jeune
Dieu, que le vieux Silène élève dans ses bras; l'enfant tend ses deux
mains avec vivacité pour le saisir, et rappelle heureusement l'invention
du vin, qui lui est attribuée de cette manière. Aux pieds de Silène, est
son âne étendu et endormi, couronné de feuillage et portant un bât
ou une espèce de selle assez semblable aux nôtres; plus loin est une
panthère qui lèche un _tympanum_ garni de grelots; sur le côté, on voit
Mercure presque nu, assis sur un tonneau ou fût de colonne, touchant
sa lyre de la main gauche, et tenant de la droite un archet et un autre
objet difficile à reconnaître; il est coiffé du pégase aîlé; un Satyre
est prêt à détacher sa chaussure aîlée (_talaria_), mais il est distrait
par l'action du jeune Dieu. Mercure, inventeur de la lyre (_testudo_)
et du langage, se trouve heureusement réuni avec les nourrices et
l'instituteur de Bacchus. Il fait encore, avec convenance, partie de
la scène, comme ayant apporté l'enfant aux trois nymphes, afin qu'elles
prissent soin de son éducation.
Hauteur, 3 P. 2 p°. 8 lig.--Largeur, 2 P. 5 p°. 3 lig.