La hausse est donc générale. Et, cependant, de 1901 à 1910, la
production mondiale a passé de 674 millions de quintaux à 888 millions,
soit un accroissement d'environ 30%.
M. Edmond Théry se demande dès lors si l'augmentation de la production
n'est pas dépassée par l'augmentation de la population consommatrice de
blé.
En prenant pour base les statistiques officielles, on constate que, pour
l'ensemble de l'Europe, la production moyenne de blé par tête d'habitant
est tombée de 126 kilos pendant la période 1881-1890 à 117 kilos pendant
la période 1901-1910. A vingt ans d'intervalle, la population européenne
a donc augmenté dans une proportion plus grande que la production
mondiale du blé. Il en est de même en Afrique.
La situation change en Asie, en Océanie et surtout en Amérique. Dans ce
dernier pays, la production du blé par habitant s'est élevée de 174 à
218 kilos. Ainsi s'est trouvé compensé le déficit relatif de la
production européenne.
Maintenant, si nous envisageons le problème de façon plus générale, nous
voyons que la population de tous les pays producteurs de blé est passée
de 689 millions d'habitants en 1885 à 858 millions en 1905, soit une
augmentation, de plus de 24%, alors que la production du blé augmentait
de 30%, comme nous l'indiquons plus haut.
M. Théry croit pouvoir conclure que la hausse persistante du blé tient à
des causes diverses très accidentelles. Et l'élévation des cours ayant
provoqué un accroissement des surfaces ensemencées, il en résultera une
nouvelle augmentation de la production mondiale par rapport à la
population. Dans ces conditions, le prix du blé pourra baisser
sensiblement sur les marchés français.