LE PLUS DANGEREUX ANIMAL DE l'AFRIQUE

Un animal fort dangereux, et je ne crains pas de dire le plus dangereux

même de l'Afrique, est le grand buffle de Cafrerie dont le domaine est

étendu dans tout l'Est africain et qui est remplacé au Centre et à

l'Ouest par une espèce de taille moins considérable, mais d'humeur tout

aussi vindicative.

Animal des bois, on le voit rarement au clair, sinon au lever et au

coucher du soleil. Les mâles sont d'une musculature et d'une puissance

étonnante, dont nos taureaux ne peuvent donner aucune idée. Les cornes,

fort belles, prennent souvent avec l'âge de grandes proportions, le poil

noir brillant est souvent rare chez les vieux mâles. J'ai tué des

taureaux qui portaient de longues cicatrices parallèles dues aux griffes

du lion dont ils s'étaient débarrassés victorieusement.

Le buffle est dur, une balle «solid» bien placée au coeur en a pourtant

raison, malgré l'épaisseur de son cuir. Mal placée, le danger est grand,

la charge est foudroyante et difficile à arrêter à temps; d'autre part,

quelquefois l'animal blessé se cache et fond sur le chasseur à

l'improviste pendant qu'il suivait imprudemment sa piste. La meilleure

arme pour le buffle est l'express double 450-500.

Le buffle de Cafrerie a été fort éprouvé il y a quelques années par la

grande épidémie de peste bovine qui a sévi sur le sud du continent et a

atteint la région des grands lacs elle-même. Des mesures de protection

ont permis aux troupeaux de se reconstituer en partie et dans l'Uganda

on parlait, lors de mon passage, d'en rendre la chasse absolument libre

pour quelque temps de façon à en limiter le nombre. Je ne puis m'étendre

davantage sur cet animal pourtant si intéressant, et je passe au vrai

«roi des animaux», au plus intelligent, au plus formidable, et, je ne

crains pas de le dire, au plus beau de tous: l'éléphant d'Afrique...

L'Illustration, No. 3669, 21 Juin 1913 · 第 22 / 51 题