Au milieu des rigueurs que Valentinien exerçait sur les peuples,
l'église était tranquille; Valens au contraire, avait jusqu'alors
épargné ses sujets, dans ce qui regardait le gouvernement civil, mais
il affligeait l'église. Ce prince prit pour la troisième fois, la
résolution d'aller à Antioche, et partit de Constantinople vers le mois
de mai[901]: en traversant l'Asie, il y trouva les traces funestes
des maux qu'avaient causés la famine et le tremblement de terre; les
provinces, désolées et languissantes, ne se repeuplaient qu'à peine.
L'empereur donnait audience aux députés qu'on lui envoyait de toutes
parts, et leur accordait les graces qu'ils venaient lui demander; il
se proposait deux objets, de rétablir le pays, et d'y faire dominer
l'Arianisme. Il relevait les villes abattues; il ajoutait aux autres
de nouveaux embellissements, ou étendait leur enceinte: on nettoyait
les ports bouchés par les sables, ou comblés de vase; on travaillait
à rendre les grands chemins plus praticables; tout semblait ranimé
par la présence du prince. Il partagea plusieurs provinces: Tyanes
devint métropole de la seconde Cappadoce; et Iconium, de la seconde
Pisidie: quelques auteurs lui attribuent la nouvelle division de la
Palestine, de la Cilicie, de la Syrie, de la Phénicie et de l'Arabie;
mais d'autres, prétendent avec plus de vraisemblance, que ces provinces
ne furent partagées, les unes en deux, les autres en trois, que sous
le règne de Théodose ou d'Arcadius. Nous avons déja observé, que cette
multiplication de départements aggravait le fardeau des peuples, en
multipliant les officiers.
[Note 901: La dernière des lois qu'il rendit pendant son séjour à
Constantinople est datée du 7 avril de l'an 371.--S.-M.]
[Note latérale: XXVII.
S. Basile lui résiste.
Greg. Naz. or. 20, t. 1, p. 345-355.
Greg. Nyss. l. 1, contra Eunom. t. 2, p. 312-315.
Theod. l. 4, c. 19.
Socr. l. 4, c. 26.
Soz. l. 6, c. 16.
Ruf. l. 12, c. 9.