Cod. Th. l. 9, tit. 29, leg. 1.]

Il ne le chercha pas long-temps. Un Gaulois, nommé Doryphorianus, homme

grossier et brutal, mais capable de tout faire pour sa fortune[856],

s'offrit à le servir avec ardeur. Maximin le fit nommer à la charge

de vicaire, et lui mit entre les mains l'ordre de l'empereur: il

l'avertit d'user de diligence, s'il voulait prévenir tous les

obstacles. Doryphorianus ne perdit pas un moment. Il apprit en arrivant

qu'Aginatius était déjà arrêté et gardé dans une de ses terres. Il

le fit transporter à Rome avec Anepsia. La mort d'Aginatius était

résolue, il ne s'agissait que de revêtir cette injustice de quelque

forme judiciaire. On s'étudia à donner à l'interrogatoire l'appareil

le plus effrayant. On introduisit Aginatius pendant la nuit dans une

salle éclairée de la lugubre lumière de quelques flambeaux, et remplie

de roues et de chevalets préparés pour tourmenter ses esclaves, et

pour leur arracher, contre les lois romaines, la condamnation de

leur maître. Ces malheureux, déjà affaiblis par les rigueurs de la

prison, furent livrés en proie à la cruauté des bourreaux. Au milieu

d'un affreux silence, on n'entendait que la voix menaçante du juge,

et les gémissements de ceux qu'on déchirait par les tortures. Enfin,

une servante cédant aux douleurs, laissa échapper quelque parole

équivoque à la charge de son maître. Aussitôt, sans attendre d'autre

éclaircissement, on prononça la sentence d'Aginatius, et quoiqu'il

en appelât au jugement de l'empereur, il fut traîné au supplice et

exécuté. Anepsia fut enveloppée dans la même condamnation; et ni la

qualité de belle-mère du fils de Maximin, ni le sacrifice qu'elle

avait fait de ses biens et de sa propre fille, ne purent la sauver de

la mort. Maximin, quoique éloigné de Rome, continuait d'y régner dans

la personne de ses successeurs animés de son esprit. Nous verrons dans

la suite quelle fut la digne récompense de tant de forfaits.

[Note 856: _Doryphorianus quidam repertus est Gallus, audax adusque

insaniam._ Amm. Marc. l. 28, c. 1.--S.-M.]

[Note latérale: XV.

Ampélius préfet de Rome.

Amm. l. 28, c. 4 et ibi Vales.

Symm. l. 5, ep. 54 et 56.

[Tillem. Valentinien I. art. 23, note 39.]]

Les préfets de Rome, dont l'autorité était supérieure à celle des

vicaires, auraient pu arrêter ce torrent d'iniquités, si leur vie molle

et voluptueuse, ne les eut pas rendus trop insensibles aux malheurs

publics, et trop timides, pour s'opposer aux entreprises des favoris.

Olybrius se contenta de gémir en secret. Principius qui lui succéda,

n'est connu que de nom, et ne fut en charge que très-peu de temps.

Ampélius, quoiqu'il eût de bonnes intentions, se laissa lui-même

entraîner, et se prêta quelquefois à l'injustice. Il était d'Antioche;

il fut maître des offices, proconsul d'Achaïe et d'Afrique; homme de

plaisir, il ne laissait pas d'aimer la règle. Le peuple, quoique dans

l'oppression, était livré au luxe et à tous les vices qui en sont

la suite; Ampélius entreprit de le réformer: il publia à cet effet,

plusieurs réglements, qu'il n'eut pas la fermeté de faire exécuter.

[Note latérale: XVI.

Réglements de Valentinien pour les études de Rome.

Cod. Th. l. 14, tit. 9, leg. 1.

Giann. hist. Nap. l. 1, c. 10.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 289 / 354 题