Les choses étaient dans cet état, lorsque Valentinien rappela Maximin
à la cour, et le nomma préfet du prétoire de la Gaule. Il lui donna
Ursicin pour successeur dans la charge de vicaire du préfet d'Italie.
Ursicin était d'un caractère modéré. Dès la première affaire qui fut
portée devant lui, il s'attira par sa douceur le mépris de la cour et
la disgrace du prince[851]. L'empereur l'ayant aussitôt révoqué comme
un magistrat faible et inutile, mit à sa place Simplicius. Celui-ci né
dans la ville d'Émona[852], méritait de succéder à Maximin, dont il
était le conseil[853]. C'était un esprit sombre et rempli de la plus
noire méchanceté. Il débuta par des supplices, et confondant ensemble
les innocents et les coupables, il s'efforça de surpasser[854] son
prédécesseur par son acharnement contre la noblesse.
[Note 851: Ammien Marcellin donne, l. 28, c. 1, le détail de cette
affaire. Les accusés absous par Ursicinus, furent condamnés et exécutés
sous son successeur.--S.-M.]
[Note 852: La ville d'_Æmona_ paraît être Laybach, capitale de la
Carniole. Voy. d'Anville, _Géogr. abrég._ t. 1, p. 187.--S.-M.]
[Note 853: _Huic successit Emonensis Simplicius, Maximini consiliarius
ex grammatico._ Amm. Marc. l. 28, c. 1.--S.-M.]
[Note 854: _In cruento enim certamine cum Maximino velut antepilano
suo contendens, superare eum in succidendis familiarum nobilium nervis
studebat._ Amm. Marc. l. 28, c. 1.--S.-M.]
[Note latérale: XIII.