Suid. in Μουσώνιος.]

Pendant que les forces de l'empire d'Orient étaient occupées à la

guerre contre les Goths, les Isauriens, descendus par troupes de leurs

rochers, s'étaient répandus dans la Pamphylie et dans la Cilicie,

mettant les villes à contribution et pillant les campagnes. Musonius

était alors vicaire d'Asie: il avait enseigné la rhétorique dans

Athènes[720]; mais jaloux de la gloire de Prohéresius qui effaçait

la sienne, il quitta son école et se livra aux affaires. Il réussit

d'abord, et s'acquit une si grande considération, que le proconsul

d'Asie, quoique supérieur en dignité, lui cédait le pas lorsqu'ils

se rencontraient ensemble. Il recueillit les tributs de son diocèse,

sans donner aucun sujet de plainte. Mais ayant appris les ravages des

Isauriens, et voyant que les commandants de la province, endormis dans

une molle oisiveté, ne se mettaient pas en devoir de les arrêter,

il se crut, par malheur, grand homme de guerre. A la tête d'une

poignée de soldats mal armés[721], il marche vers une troupe de ces

brigands, s'engage dans un défilé, et périt avec tous les siens dans

une embuscade. Les Isauriens, enflés de ce succès et courant avec

plus de hardiesse, rencontrèrent enfin des troupes réglées qui en

tuèrent plusieurs, et repoussèrent les autres dans leurs montagnes.

On les y tint assiégés; on leur coupa les vivres, et on les força

par famine à demander une trève, pendant laquelle les habitants de

Germanicopolis[722], capitale de ces barbares, obtinrent la paix pour

toute la nation. Ils donnèrent des otages, et demeurèrent en repos

pendant six ou sept ans.

[Note 720: _Asiæ vicarius ea tempestate Musonius advertisset, Athenis

Atticis antehac magister rhetoricus._ Amm. Marc. l. 27, c. 9.--S.-M.]

[Note 721: Ces troupes sont appelées _Diogmites_, par Ammien Marcellin,

l. 27. c. 9. _Adhibitis semiermibus paucis, quos Diogmitas appellant_,

dit-il. C'est le nom que l'on donnait à des troupes légères, qui

n'étaient pas destinées à des expéditions militaires, mais qui

servaient pour la police des routes. Voyez Henri Valois, _ad Amm._ l.

27, c. 9. Leur nom venait du verbe grec διώκω, _je poursuis_.--S.-M.]

[Note 722: Le Synecdème d'Hiéroclès, Constantin Porphyrogénète et les

Actes du concile de Chalcédoine sont, avec Ammien Marcellin, les seules

autorités qui nous font connaître cette ville, dont il est impossible

de fixer la position.--S.-M]

[Note latérale: LVI.

Pillages en Syrie.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 263 / 354 题