Chron. Alex. vel Pasch. p. 301.]

L'année suivante, sous le second consulat de Valentinien et de Valens,

le débordement du Danube retint l'empereur en Mésie; étant resté

inutilement pendant tout l'été campé sur les bords du fleuve[689], il

retourna vers la fin de l'automne à Marcianopolis[690], où il célébra,

selon l'usage, la solennité de la cinquième année de son règne; il y

fit venir son fils, qui n'avait pas encore deux ans accomplis, et le

désigna consul pour l'année 369, avec le général Victor. A l'occasion

des quinquennales et de ce nouveau consulat, Thémistius, déja nommé

précepteur du jeune prince, prononça deux discours: l'un convenait

à un courtisan, il contenait l'éloge de l'empereur; l'autre est

l'ouvrage d'un politique ingénieux. Ce sont des instructions adressées

au fils, élève de l'orateur, mais qui pouvaient alors être utiles au

père; elles sont présentées avec tous les agréments d'une éloquence

délicate et fleurie[691]: il est vrai que Valens, pour en profiter,

était obligé de les faire traduire; car ce prince, quoique régnant sur

des Grecs, n'entendit jamais la langue grecque[692]. Pendant que les

rivières du Nord sortaient de leur lit ordinaire, un autre fléau,

produit peut-être par la même cause, affligeait la Bithynie; Nicée déja

ébranlée par les tremblements précédents, fut entièrement renversée le

11 d'octobre, onze ans après la destruction de Nicomédie; et la ville

de Germé, dans l'Hellespont, fut presque ruinée.

[Note 689: Près d'un lieu nommé le bourg des Carpes, _propè Carporum

vicum_, dit Ammien Marcellin, l. 27, c. 5. Ce bourg devait son nom,

à ce qu'on croit, à une colonie de Carpes, peuple de la Dacie, qui y

avait été placée par Galérius, après leur défaite en l'an 295. Voyez

Valois, ad Amm. Marc. l. 27, c. 7.--S.-M.]

[Note 690: Deux lois de Valens font voir que ce prince était dans cette

ville, le 12 novembre 368 et le 13 décembre suivant. Il y était déjà

dès le 1er août de la même année.--S.-M.]

[Note 691: Thémistius fait mention, dans le premier de ses discours

(or. 8, p. 116), d'un prince de l'Orient qui, abandonnant le sceptre

paternel, τις τὰ σκῆπτρα ὑπεριδὼν τὰ πατρῷα, quoique ce ne fût pas le

sceptre d'un royaume obscur, καὶ ταῦτα οὐκ ἀφανοῦς βασιλείας, vint

trouver l'empereur à cette époque, préférant le servir à l'honneur de

régner, μετανάστης ἤκει δορυφορήσων. Les interprètes de Thémistius

croient qu'il s'agit ici du roi d'Arménie Para, fils d'Arsace, qui

vint effectivement vers cette époque implorer la protection de Valens,

contre les Perses. Tillemont (Valens, art. 8), pense qu'il s'agit

plutôt de Bacurius, roi d'Ibérie, qui, chassé de son pays par des

troubles civils, se mit au service des Romains, et y resta attaché

jusqu'à sa mort. La coïncidence de l'époque à laquelle ce discours

fut prononcé, avec celle de la fuite de Para, me porte à croire qu'il

s'agit plutôt ici de ce dernier prince.--S.-M.]

[Note 692: Voyez à ce sujet Thémistius, or. 6, p. 71; or. 9, p. 126;

or. 11, p. 144.--S.-M.]

[Note latérale: XXXVIII.

Guerre de Valentinien en Allemagne.

Amm. l. 27, c. 10.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 245 / 354 题