Valens avait juré qu'il détruirait les murs de Chalcédoine. Ils étaient
de la plus belle structure, bâtis de larges pierres carrées. Il donna
ordre de les démolir. Cependant il se laissa fléchir aux prières des
députés de Constantinople, de Nicomédie et de Nicée. Mais pour ne
pas manquer à son serment, il y fit faire plusieurs brèches, qu'on
referma de blocage. Les pierres de ces démolitions, transportées à
Constantinople, servirent à la construction des thermes de Carosa.
Valens leur donna ce nom qui était celui d'une de ses filles. Il fit
aussi bâtir un aquéduc qui, réunissant plusieurs sources de la Thrace,
conduisait à Constantinople une grande quantité d'eau. Le bruit se
répandit, sans doute après la mort de Valens, que sur une des pierres
tirées des murs de Chalcédoine, s'était trouvée une inscription[501],
qui annonçait d'avance en termes clairs l'invasion des Goths et la fin
tragique de Valens.
[Note 501: Cette inscription supposée, est composée de neuf vers; elle
se trouve dans Socrate, dans Zonare et dans Cédrénus.--S.-M.]
[Note latérale: LII.
Siége de Philippopolis.
Amm. l. 26, c. 10.
Plin. l. 4, c. 18.