Philost. l. 8, c. 8.]

Il allait commencer un discours qu'il avait préparé, lorsque tout

à coup un grand murmure s'éleva: tous les soldats frappent leurs

boucliers; tous demandent à grands cris qu'il se nomme sur-le-champ un

collègue. Quelques-uns crurent alors que cette demande était inspirée

par les rivaux secrets de Valentinien, qui se ménageaient encore

cette ressource. Mais le cri était trop général pour être la voix

d'une cabale: c'était l'effet naturel d'une impatience militaire. Les

soldats, qui avaient vu périr trois empereurs dans l'espace de deux

ans et quelques mois, voulaient s'assurer contre de si fréquentes

révolutions. Le bruit croissait de plus en plus, et il était à

craindre que cette première agitation ne produisît un dangereux orage.

Valentinien, le plus intrépide de tous les princes, sentit que de céder

dès le premier pas à la volonté des soldats, c'était leur laisser

reprendre l'autorité qu'ils venaient de lui conférer. Montrant donc

un air assuré, après avoir imposé silence aux plus turbulents, en les

traitant de séditieux, il parla en ces termes:

[Note latérale: VIII.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 159 / 354 题