Soz. l. 5, c. 18.]

Quoique la moisson eût manqué en Syrie, les récoltes des années

précédentes suffisaient pour entretenir l'abondance. Mais l'avarice,

qui compte la famine entre ses plus utiles revenus, avait pris des

mesures pour procurer une entière disette. Les possesseurs des fonds

avaient fermé leurs greniers; les marchands vendaient à un prix

arbitraire; et parmi les magistrats, les plus intègres étaient ceux qui

toléraient cet abus sans en profiter eux-mêmes. Les marchés étaient

vides, et la populace affamée ne trouvait de subsistance que dans le

pillage. Dès les premiers jours de l'arrivée de Julien, le peuple

s'était écrié en plein théâtre: _Tout abonde, et tout est hors de

prix._ Le lendemain Julien manda les plus notables bourgeois; il les

exhorta à sacrifier un gain injuste et sordide au soulagement de leurs

citoyens. Ils promirent tout à l'empereur, et ne firent rien de ce

qu'ils avaient promis.

[Note latérale: XXII.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 45 / 354 题