Mme Lee-Robbins est de cette petite phalange de peintres qui, depuis
quelques années, se sont appliqués à traduire pour nous les charmes des
intérieurs élégants, meublés d'adorables vieilleries, où vivent, vont et
viennent et rêvent des hôtes désoeuvrés, las, blasés, et pas toujours
heureux.
Pour ces artistes délicats, un peu précieux parfois dans leurs goûts et,
en général, habiles, on vient d'inventer une épithète infiniment moins
jolie, d'ailleurs, que telles de leurs oeuvres; on les appelle «les
intimistes». Mme Lee-Robbins est donc, si elle y consent, une
«intimiste».
Et c'est, en effet, dans l'intimité la plus réelle qu'elle nous présente
cette femme, agréable à voir, d'ailleurs, au corps souple et d'allures
désinvoltes, qui, toute parée--et par le bon faiseur--pour la soirée
dont l'heure approche, l'éventail en main déjà et s'essayant aux manèges
vainqueurs, prend, comme disaient nos grands-pères, un air de feu,
devant que le coupé soit avancé.