Lundi dernier, le directeur du musée Guimet et M. de Milloué ont fait
une intéressante conférence sur les danses brahmaniques.
Mais estimant judicieusement qu'en pareille matière la parole la plus
précise et la plus colorée ne vaut qu'à la condition d'être le
commentaire explicatif de la chose vue, M. Guimet a voulu donner à la
conférence son complément naturel par une reconstitution vivante de ces
drames sacrés de l'Inde, que la beauté esthétique du geste ennoblit,
même quand la mimique expressive évoque des idées profanes.
Sous une rotonde enguirlandée, éclairée à peine et représentant assez
bien le sanctuaire du dieu Siva. Ce furent tour à tour, aux sons d'une
musique à la fois harmonieuse et sauvage, rythmant les mouvements:
_l'Invocation à Siva_, la _Princesse et la Fleur magique_, les _Danses
guerrières en l'honneur de Soubrâhmanya_.
Cette curieuse reconstitution trouva une première interprète à souhait
en Mme MacLeod, dont les poses plastiques, la souplesse, la grâce,
surtout dans le délicieux poème de la Princesse, émerveillèrent les
privilégiés conviés à ce spectacle rare, où l'art avait sa large part.