Aucune industrie n'est plus intéressante à suivre dans son développement
que celle de la fabrication du gaz et cette histoire est d'autant plus
curieuse qu'elle nous montre que, jusqu'à ces temps derniers, le prix du
gaz était le même qu'au temps où le coke était à peu près le seul
sous-produit utilisé dans cette fabrication.
Aujourd'hui, cependant, bien longue est la liste des produits dont la
vente est assez rémunératrice pour que la valeur du gaz puisse être
considérée à peu près comme nulle.
Et d'abord, dans les eaux de condensation, ce sont des sels ammoniacaux,
des cyanures utilisés pour la fabrication du bleu de Prusse, des
goudrons servant à la production de la benzine, du toluène, de la
naphtaline, de l'anthracène, des huiles lourdes et du brai.
Puis, dans les cornues, on trouve du graphite dont on se sert pour la
fabrication des charbons électriques et des charbons de piles.
Puis, le poussier de coke, aggloméré à l'aide du brai provenant du
goudron, est converti en briquettes employées pour le chauffage des
générateurs fixes et pour le chauffage domestique.
Enfin, le résidu acide provenant du traitement des huiles légères, très
gênant jusqu'à ces temps derniers parce qu'on ne pouvait pas l'écouler à
l'égout, est maintenant transformé en sulfate commercial en même temps
qu'il sert à obtenir de la pyridine, utilisée en Allemagne pour la
dénaturation de l'alcool.
On voit, par cette énumération encore incomplète, quelles richesses on a
laissées se perdre pendant près de trois quarts de siècle.