... Nous devons travailler à nous rendre dignes de quelque
emploi: Se reste ne nous regarde point, c'est l'affaire des
autres....
Si j'osais faire une comparaison entre deux conditions tout
à fait inégales, je dirais qu'un homme de coeur pense à
remplir ses devoirs à peu près comme le couvreur songe à
couvrir: ni l'un ni l'autre ne cherchent à exposer leur vie,
ni ne sont détournés par le péril; la mort pour eux est un
inconvénient dans le métier, et jamais un obstacle. Le
premier aussi n'est guère plus vain d'avoir paru à la
tranchée, emporté un ouvrage ou forcé un retranchement, que
celui-ci d'avoir monté sur de hauts combles ou sur la pointe
d'un clocher. Ils ne sont tous deux appliqués qu'à bien
faire, pendant que le fanfaron travaille à ce que l'on dise
de lui qu'il a bien fait.
La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures
dans un tableau: elle lui donne de la force et du relief.
Il ne faut regarder dans ses amis que la seule vertu qui
nous attache à eux, sans aucun examen de leur bonne ou de
leur mauvaise fortune; et, quand on se sent capable de les
suivre dans leur disgrâce, il faut les cultiver hardiment et
avec confiance jusque dans leur plus grande prospérité.
S'il est ordinaire d'être vivement touché des choses rares,
pourquoi le sommes-nous si peu de la vertu?
S'il est heureux d'avoir de la naissance, il ne l'est pas
moins d'être tel qu'on ne s'informe plus si vous en avez....
...Celui-là est bon qui fait du bien aux autres: s'il
souffre pour le bien qu'il fait, il est très-bon; s'il
souffre de ceux à qui il a fait ce bien, il a une si grande
bonté qu'elle ne peut être augmentée que dans le cas où ses
souffrances viendraient à croître; et s'il en meurt, sa
vertu ne saurait aller plus loin: elle est héroïque, elle
est parfaite.
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