[Henriette demande à Trissotin de renoncer à un mariage auquel son
coeur s'oppose. Elle sait combien M. Trissotin a de talent et de
mérite, mais ce n'est pas toujours cela qui décide de la conquête d'un
coeur.]
Cette amoureuse ardeur qui dans les coeurs s'excite
N'est point, comme l'on sait, un effet du mérite;
Le caprice y prend part, et, quand quelqu'un nous plaît,
Souvent nous avons peine à dire pourquoi c'est.
Si l'on aimait, monsieur, par choix et par sagesse,
Vous auriez tout mon coeur et toute ma tendresse,
Mais on voit que l'amour se gouverne autrement.
[Elle aime Clitandre, et quand une femme aime,]
* * * * *
... On risque un peu plus qu'on ne pense,
À vouloir sur son coeur user de violence.
[Le téméraire pourrait avoir à s'en repentir. Trissotin est sans
appréhension là-dessus; il trouvera peut-être l'art de se faire aimer.
D'ailleurs quels que soient les accidents]
À tous événements le sage est préparé.
[Au moment où il sort Chrysale entre, bien décidé, dit-il à Henriette,
à ne pas céder à sa femme].
Et pour la mieux braver voilà, malgré ses dents,
Martine que j'amène et rétablis céans.
[Henriette l'encourage dans ses résolutions et le supplie de ne pas en
changer, d'être ferme. Philaminte arrive avec le notaire. Elle est peu
agréablement surprise de revoir Martine. Sur la demande de Chrysale on
procède au contrat. Mais il y a tout de suite complication, qui
empêche de passer outre. Deux époux sont présents, Trissotin et
Clitandre, l'un du choix de Philaminte, l'autre de celui de Chrysale.
Martine, dont la langue n'est pas rouillée, vient au secours de son
maître. Malgré cela la victoire allait rester à Philaminte, Chrysale
allait céder, quand arrive Ariste avec deux fâcheuses nouvelles pour
Chrysale et Philaminte, perte d'un grand procès, et perte de leurs
fonds placés entre les mains de deux individus qui viennent de faire
banqueroute.