II.

Les sciences ont deux extrémités qui se touchent: la

première est la pure ignorance naturelle où se trouvent tous

les hommes en naissant. L'autre extrémité est celle où

arrivent les grandes âmes, qui, ayant parcouru tout ce que

les hommes peuvent savoir, trouvent qu'ils ne savent rien,

et se rencontrent dans cette même ignorance d'où ils sont

partis. Mais c'est une ignorance savante qui se connaît.

Ceux qui sont sortis de l'ignorance naturelle, et n'ont pu

arriver à l'autre, ont quelque teinture de cette science

suffisante, et font les entendus. Ceux-là troublent le

monde, et jugent plus mal de tout que les autres. Le peuple

et les habiles composent, pour l'ordinaire, le train du

monde; les autres le méprisent, et en sont méprisés.

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Littérature Française (Première Année) · 第 53 / 137 题