Nous suivîmes la grande route de Flacque, jusqu'à un quart de lieue
au-delà de la rivière Sèche, que nous passâmes à gué comme les autres;
ensuite, prenant à droite par un sentier, j'arrivai sur le bord de la
mer à l'Anse d'eau douce, où il y avait un poste de trente hommes.
Nous reprîmes le rivage, qui commence là à être praticable. Je passai,
sur le dos de Côte, un petit bras de mer assez profond. De temps en
temps le sable est couvert de rochers, jusqu'à une longue prairie
couverte du même chiendent que j'avais trouvé aux environs de
Belle-Ombre. Toute cette partie est sèche et aride; les bois sont petits
et maigres, et s'étendent aux montagnes qu'on voit de loin: cette
plaine, qui a trois grandes lieues, ne vaut pas grand'chose; elle
s'étend jusqu'à un établissement appelé les Quatre Cocos. Il n'y a
d'autre eau que celle d'un puits saumâtre percé dans des rochers pleins
de mines de fer.
Après dîner, un sentier sur la gauche nous mena dans les bois, où nous
retrouvâmes des rochers. Nous arrivâmes sur le bord de la rivière de
Flacque, à un quart de lieue de son embouchure: nous la traversâmes sur
des planches. Je la côtoyai en traversant les habitations, qui y sont en
grand nombre, et je vins descendre au magasin, situé sur la rive gauche.
Il y avait un poste commandé par un capitaine de la légion, appelé M.
Gautier, qui m'offrit un gîte.