une planche métallique convenablement dressée, et supposons que
l'artiste trace sur cette planche son dessin avec une encre grasse,
siccative et inattaquable aux acides. Que la planche ainsi préparée soit
placée dans une solution d'un sel de cuivre, mais cette fois-ci au pôle
par lequel le courant y débouche; et aussitôt l'action du courant
s'exercera à entailler le métal dans l'intervalle des traits; et
ceux-ci, au bout d'un certain temps fort court, surgiront en relief,
leurs bords taillés à pic avec une netteté et une précision auxquelles
le burin le plus hardi et le plus habile ne saurait atteindre.
Telles sont les deux idées principales sur lesquelles reposent toutes
les tentatives sérieuses de galvanographie: obtenir un relief par dépôt
au pôle négatif, par érosion au pôle positif. Viennent maintenant les
difficultés d'exécution, et celles-ci sont nombreuses et malaisées à
surmonter.
Dans le procédé opératoire que nous avons indiqué en premier lieu, c'est
le trait même du dessinateur qui devient le moule dans lequel vient se
déposer le cuivre réduit; et les moindres intentions de l'artiste se
trouvent ainsi reproduites avec cette merveilleuse fidélité qui
caractérise le moulage galvanique. Mais ce sillon lui-même, tracé avec
une pointe conique ou triangulaire, est une tranchée à bords obliques
dont le bord seul représente le trait du dessinateur. A mesure que ce
sillon est comblé par les molécules de cuivre qui s'y précipitent, le
trait s'élargit, et le premier mérite du procédé, sa merveilleuse
exactitude, est dès lors sacrifié. Pour qu'il en fût autrement, il
faudrait que la taille faite par le stylet dans le vernis fût à bords
verticaux; et c'est déjà là une condition à peu près impossible à
réaliser. D'ailleurs, cette condition fut-elle réalisable, la solution
du problème n'en serait guère plus avancée pour cela. En effet, la
taille dont il est question forme, à la vérité, une digue qui limite le
dépôt de cuivre tant que cette taille n'est pas comblée; mais aussitôt
que cette limite est franchie, le cuivre déborde de toutes parts: les
lignes voisines se confondent par leurs sommets, et pour peu que les
tailles du dessin soient serrées, le dépôt ne forme plus qu'une croûte
massive et continue, dans laquelle les formes les plus saillantes de
l'oeuvre sont à peine indiquées.
A la vérité, l'on a tiré parti de ce résultat pour résoudre le problème
sous une autre forme. Considérant un dessin tracé dans un vernis, à
l'aide d'une pointe, comme un moule à bon creux dont toutes les parties
sont de dépouille, on a déposé dans ce moule du métal plastique, et on a
prolongé le dépôt jusqu'à former une masse solide et continue: puis on a
détaché la contre-épreuve du moule. Ici le travail du dessinateur était
bien représenté par une planche en cuivre gravée en relief; mais ce
relief n'avait, et ne pouvait avoir, que l'épaisseur même de la couche
de vernis, dans laquelle le dessin était tracé; et l'on s'est trouvé
renfermé entre les deux termes de ce dilemme jusqu'ici insoluble:
exécuter le dessin dans un vernis épais, ce qui enlève au dessinateur
toute la liberté et la souplesse de son crayon; exécuter le dessin dans
un vernis mince, ce qui enlevé à la reproduction les reliefs qu'exigent
les procédés de l'impression typographique.
Le deuxième mode opératoire que nous avons indiqué offre également des
difficultés, mais elles sont d'un autre ordre. Ce ne sont plus les
procédés de gravure, mais les procédés de dessin qui sont en défaut. Il
ne s'agit plus, en effet, d'édifier une petite muraille de cuivre sur
chacun des traits du dessin, mais bien de creuser entre chacun d'eux une
fosse plus ou moins profonde; il s'agit, en d'autres termes, d'attaquer,
de ronger, de dissoudre toutes les portions de la surface de cuivre que
les traits du dessin ne protègent pas, en laissant entièrement intactes
celles qui sont ainsi abritées; et pour cela faire il faut bien que
toutes les portions qui doivent être enlevées soient également
attaquables, que toutes celles qui doivent rester intactes soient
également protégées. Ce sont là les deux conditions que devra remplir le
procédé de dessin que l'on mettra en usage: et les procédés dont nous
avons aujourd'hui connaissance ne nous paraissent pas encore de nature à
remplir toujours, partout, et dans tous les cas, ces indispensables
conditions. Toutefois, les gravures de W. Rémon, qui accompagnent cet
article, et qui ont été obtenues sur de simples dessins, l'aide de
procédés semblables à ceux que nous venons d'indiquer, sont de nature à
convaincre nos lecteurs que si le problème n'est pas encore entièrement
résolu, il touche du moins de bien près à la solution.
[Illustration.]
Quant à l'avenir qui est réservé à la galvanographie, il est difficile
aujourd'hui d'en préciser les limites. Peut-être l'art typographique
tout entier touche-t-il à une rénovation complète; et, chose singulière,
cette rénovation ne serait qu'une renaissance des procédés anciens, que
la découverte de l'imprimerie a fait tomber en désuétude. La tablette
enduite de cire et le stylet remplaceraient le papier et le crayon; le
copiste ou l'enlumineur succéderait à son tour à l'ouvrier compositeur,
qui jadis lui succéda; et l'inépuisable richesse et la variété des
anciens manuscrits pourraient bien renaître à la place de la sécheresse
et de l'uniformité de notre impression moderne.
_N. B._ Les gravures qui accompagnent cet article ont été faites, à
titre d'essai, sur des dessins que M. Garvani destine à une importante
publication, qui paraîtra en octobre chez M. Hetzel, éditeur du _Voyage
où il vous plaira_ et des _Scènes de la vie privée et publique des
animaux._
Théâtres.
THÉÂTRE DE L'OPÉRA-COMIQUE,
_Angélique et Médor_ opéra comique en un acte, paroles de M, SAUVAGE,
musique de M. A. THOMAS.
Nous avons une vieille dette à payer à l'Opéra-Comique. Il y a un mois
au moins que ce titre d'un si heureux augure a décoré pour la première
fois son affiche, et MM. Sauvage et Thomas ont raisons de se plaindre
que nous n'ayons pas encore donné de leurs nouvelles aux lecteurs de
_l'Illustration_. Passe encore, si nous n'avions eu à raconter qu'une
défaite! Ces messieurs auraient pris patience, sans doute, et nous
auraient su gré de nos lenteurs. Mais retarder de quatre semaines le
bulletin d'une victoire! voilà qui est impardonnable. Nous confessons
humblement notre faute, et nous nous recommandons à la clémence de M.
Sauvage et à la grandeur d'âme de M. Thomas.
Quoique jeune. M, Thomas a déjà fourni une assez longue carrière
dramatique. Il est du petit nombre des lauréats du Conservatoire pour
qui se sont ouvertes comme d'elles-mêmes, les portes d'airain de ce
sanctuaire de l'Opéra-Comique, accessible à si peu d'élus. M Thomas a
déjà produit six partitions pour le moins: _la Double échelle, le
Perruquier de la régence, le Panier fleuri, Carmaquala, le guérilléro_
et enfin, _Angélique et Médor_ Si nous omettons quelqu'un de ses titres,
qu'il nous le pardonne; l'oubli est tout-à-fait involontaire.
A l'Opéra-Comique les essais de M. Thomas ont été plus ou moins heureux;
mais enfin il n'a jamais essuyé de revers Les deux campagnes qu'il a
faites sur la scène de l'Académie royale de Musique n'ont pas eu un
résultat aussi favorable. Est-ce parce que les auditeurs y sont plus
difficiles, ou bien parce qu'un terrain plus vaste exige plus de vigueur
et d'haleine chez celui qui veut le parcourir? l'un et l'autre
peut-être. Mais, sans examiner aujourd'hui cette question, bornons-nous
à constater que la place Fayard vient d'offrir à M. Thomas un honnête
dédommagement des échecs que la rue Lepelletier lui a vu subir.
Les qualités prédominantes chez M. Thomas sont la clarté, la facilité,
l'élégance et la grâce; ce qui paraît lui manquer c'est la verve, la
force, la passion. On a donc le droit de présumer qu'il réussira sans
peine à l'Opéra-Comique, à moins qu'il n'ait à traiter un sujet trop
dramatique, et à l'Opéra, il paraîtra souvent au-dessous de sa tâche.
_Angélique et Médor_ était justement un livret tel qu'il le faut à ce
compositeur. Rien de mieux dans le sujet ni dans les caractères, aucune
situation forte, aucune scène trop vive, aucune passion trop énergique;
des sentiments tendres, des idées gracieuses ou plaisantes. M. Thomas
était là sur son terrain, et tout-à-fait à son aise. Il y a bien paru.
Son ouverture n'est, à proprement parler qu'une longue valse, précédée
d'une courte introduction. L'introduction est agréablement instrumentée,
modulée d'une manière piquante. La valse est fraîche, vive, et légère,
et se développe avec une grâce où l'on reconnaît l'habileté de l'auteur.
Il y a une très jolie romance, et un de ténor qui nous a paru fort
élégant, mais que le chanteur à qui il est confié rend lourd et gauche.
Il est presque toujours imprudent de compter sur l'agilité des chanteurs
d'aujourd'hui. Ajoutez-y un duo très bien fait, un trio charmant, et
deux airs bouffes peu remarquables en eux-mêmes, mais qui, du moins, ne
nuisent pas à l'effet des autres morceaux, et vous comprendrez que le
total forme un ensemble assez satisfaisant. Il n'en faut pas tant pour
faire vivre longtemps et bien une partition en un acte.
[Illustration: Théâtre de l'Opéra-Comique.--Une scène d'Angélique et
Médor.]
La pièce, d'ailleurs, est amusante et spirituelle, et l'on y rit de très
grand coeur de la sottise de Joliveau et des méprises de Mirouflet.
Joliveau! Mirouflet! voilà des noms qui sonnent bien étrangement à
l'oreille, et qu'on ne s'attendait guère à trouver en compagnie de ces
noms si poétiques et si mélodieux q'Angélique et de Médor.
C'est pourtant l'histoire de Joliveau et de Mirouflet que je vais vous
raconter, et aussi celle de Muguet; car, pour ce qui d'Angélique et de
Médor, vous en savez sur eux autant que moi, j'aime à le croire.
Mirouflet est cordonnier, établi, et exerçant _de père en fils_ sa noble
profession rue Brise-Miche, A peine au sortir de l'enfance, Muguet fut
placé chez lui en apprentissage; mais la nature n'avait point destiné le
jeune Muguet à chausser ses semblables; le cuir lui répugnait et le
tranchet lui faisait peur. Vous voyez que ce nom de Muguet lui allait à
merveille. Un jour il s'échappa de la boutique du père Mirouflet, et dit
adieu pour toujours à la rue Brise-Miche. Que loi arriva-t-il, une fois
lancé dans le monde? Sans doute assez d'aventures pour remplir toute une
Odyssée; mais, il n'a pas écrit ses confessions comme Jean-Jacques, et
il faudra, faute de mieux, vous contenter du dernier épisode.
Le voilà donc, cet ancien élève de saint Crépin, coquettement poudré et
vêtu à la dernière mode,--mode de 1780, s'il vous plaît,--portant bas de
soie, boucles d'or, gilet de satin, jabot de dentelle et habit gorge de
pigeon. Où le retrouvons-nous? à l'Opéra, dans le cabinet de M. le
secrétaire général de cet harmonieux établissement. Il vient de signer
un contrat par lequel il met pour trois ans à la disposition de
l'Académie royale de Musique sa jambe faite au tour, ses yeux en amande,
sa bouche en coeur et son _la_ de poitrine, le plus beau _la_ de France
et de Navarre, Cette supériorité n'a rien d'étonnant: Muguet arrive
d'Italie, et c'est à Naples qu'il a trouvé ce _la_ merveilleux.
Il y a rencontré autre chose encore: une jeune Française, propriétaire
d'un joli visage, d'une tournure élégante et d'une charmante voix.
Muguet a donné à mademoiselle Amélie des leçons de chant, dont elle a
bien profité; mais, tandis que la bouche du fripon parlait _flautat_ et
_trille molle_, il parait que ses yeux disaient tout autre chose, et
avaient su se faire comprendre: si bien que maître Muguet, ténor moral
et vertueux, se disposait à demander Amélie à sa mère, quant tout à coup
cette mère mourut, et mademoiselle Amélie quitta subitement l'Italie.
Jugez de la joie du jeune ténor, quand il l'aperçoit, à l'Opéra, dans le
cabinet de M. Joliveau! Elle est engagée, comme lui, et doit, le soir
même, jouer le rôle d'Angélique dans l'opéra de _Roland_, où il jouera
celui de Médor. Malheureusement elle n'est pas seule: un grand
personnage, M. le duc de Vaudiéres, la protège, la suit partout, et se
mêle de toutes ses affaires: et M. Joliveau prétend qu'un grand seigneur
ne fait pas cela pour rien. Le drôle a été nourri dans un sérail, il a
de l'expérience, et on peut l'en croire. Muguet l'en croit, mais il veut
du moins revoir encore une fois son infidèle, et lui dire tout ce qu'il
pense de son procédé. Comment y parvenir? C'est ici que Mirouflet lui
est d'un secours inappréciable.
Mirouflet est en effet le professeur de chant de mademoiselle Amélie,
depuis qu'elle est à l'Opéra. Cela vous étonne, et vous me demandez,
sous quel prétexte cet honnête Mirouflet a changé d'état? Rassures-vous,
Mirouflet n'a point quitté la rue Brise-Miche. Mirouflet est tout-à-fait
incapable d'une infidélité, même passagère envers la botte et
l'escarpin. Mois ces deux belles professions, de cordonnier et de maître
de chant, ont bien plus d'analogie qu'il ne vous semble. Quel est, des
deux côtés, le point essentiel, le fondement de l'art, le principe sur
lequel doit être basé l'enseignement?
C'est la mesure
Exacte et sure,
Tout me l'assure,
Tout dépend de là.
Cette vérité frappe si vivement M. le duc, qu'il exige que sa protégée
reçoive la première leçon séance tenante Or, Mirouflet n'a rien à
refuser à Muguet. Muguet paraît tout à coup, voyez la gravure, et se
glisse entre le maître et l'élève; y a-t-il rien de plus audacieux à la
fois et de plus indiscret.
Ameublements.--Salon Louis XV.
[Illustration:]
La Révolution, en nivelant les conditions, a donné à chacun le droit de
se meubler suivant son caprice et sa fortune. Mais, avant de jouir de
cette liberté, les lambris dorés, les gracieuses peintures des Boucher
et des Vanloo ont été badigeonnées, quand trop de zèle n'a pas poussé
les iconoclastes politiques à gratter ces chefs-d'oeuvre. Mais quand on
eut détruit, il fallut reconstruire. La maison française se reniant
elle-même, prit les noms et les vêtements des Grecs et des Romains,
oublia que nos moeurs et notre climat s'y opposaient. Les campagnes
d'Égypte et d'Italie et les évènements politiques eurent une influence
plus ou moins grande sur les costumes et les ameublements. Les arts
resteront étrangers pendant longtemps aux décorations intérieures. Les
ouvriers ignorants dirigeaient en maîtres absolus. De ce chaos est sorti
le mauvais goût généralement désigné sous le nom de modes de l'Empire.
Les source auxquelles on avait puisé étaient bonnes sans doute, mais on
manquait d'exécution et de sentiment. La paix vint donner un nouvel
essor aux arts.
On commença à sortir du labyrinthe dans lequel on marchait depuis
quarante ans. L'ouvrier, dans le massacre du passé, confondit les
époques en croyant inventer: mélange blessant pour l'oeil de l'artiste.
Notre époque s'est imposé une tâche digne d'encouragement en rendant à
chacun ce qui lui appartient.
Dans le brillant salon exécuté par la maison Girond de Gand (et que
notre gravure représente), nous ne nous lassons pas d'admirer le goût et
le savoir tapissier. Les meubles ne sont pas scrupuleusement de la même
époque que les tentures; mais le modèle est choisi dans ce qui s'en
rapproche le plus. Les bronzes, quoique lourds, sont d'un beau travail
et d'un charmant effet. Nous en dirons peut-être autant du dessin de la
cheminée et des vases de Chine qui supportent les candélabres, surtout
quand on les compare à la légèreté des rinceaux qui courent autour des
glaces, des tapisseries, et s'étendent jusqu'au plafond. En résumé,
l'ensemble de ce salon est d'une heureuse invention. Si nous avons fait
quelque critiques, c'est dans l'espérance de voir ces légers défauts
disparaître.
Amusements des sciences.
SOLUTION DES QUESTIONS POSÉES DANS LE DERNIER NUMÉRO.
I. Donnez un liard et faites rendre un centime à chacune des vingt
personnes. Vous aurez distribué vingt liards ou cinq sous, et vous
recevrez vingt centimes ou quatre sous. En définitive, vous n'aurez
dépensé qu'un sou, qui se trouvera partagé en vingt parties égales.
II.
42 59 44 9 40 21 46 7
61 10 41 54 45 8 30 20
12 43 60 55 22 57 6 47
53 62 11 30 25 28 19 38
32 43 54 27 56 23 48 5
63 52 31 24 29 26 37 18
14 33 2 51 16 35 4 49
1 64 15 34 3 50 17 36
La figure précédente indique la solution, lorsque l'on veut partir d'une
case située à l'un des quatre angles. Les numéros des 64 cases de cette
figure indiquent;'ordre dans lequel elles doivent être successivement
parcourues partir de la case 1. Ainsi le Cavalier, posé d'abord sur la
case à l'angle 1, sautera sur la case 2, puis sur la case 3, et ainsi de
suite jusqu'à la case 64, où se termine sa course. Il est facile de voir
que la marche pourrait être suivie en partant de la case 64, parcourant
successivement 63, 62, etc., jusqu'à la case 1. Cette solution en
comprend donc implicitement 12, puisqu'elle s'étend à trois cases prises
pour point de départ sur chacun des quatre angles de l'échiquier.
Voici un moyen aussi simple qu'amusant de trouver, à volonté des
solutions du problème: prenez 64 petits carrés de carton que vous
partagerez en deux cases, dans chacune desquelles sera inscrit l'un des
huit nombres compris entre 1 et 8. Cherchez à disposer ces 64 carrés les
uns à coté des autres, ou en plusieurs bandes les unes au-dessous des
autres, de telle sorte que dans deux carrés successifs la différence des
nombres supérieurs soit égale à 1 ou à 2, celle des nombres inférieurs
étant 2 ou 1. Vous formerez une suite du genre celle que nous donnons
ci-après écrite en quatre bandes parallèles; et, pour faciliter les
comparaisons, nous avons répété en tête de chacune des trois dernières
bandes le carré qui termine la précédente. On voit facilement que tous
les nombres de cette suite satisfont à la condition énoncée. Ainsi dans
les deux premiers carrés, la différence entre les nombres supérieurs 8
et 7 est 1; la différence entre les nombres inférieurs 1 et 3 est 2; les
différences entre 3 et 1, puis 7 et 8 du sixième et septième carré, sont
respectivement 2 et 1. De même pour les autres.
8 7 8 7 5 3 1 2 1 2 4 6 8 7 8 6
- - - - - - - - - - - - - - - -
1 3 5 7 8 7 8 6 4 2 1 2 3 5 7 8
------------------------------------------------------------------
6 4 2 1 2 1 3 5 7 6 8 7 8 6 4 2 1
- - - - - - - - - - - - - - - - -
8 7 8 6 4 2 1 2 1 3 4 6 8 7 8 7 5
-----------------------------------------------------------------
1 2 1 3 5 7 5 6 8 7 8 7 5 3 1 2 1
- - - - - - - - - - - - - - - - -
5 3 1 2 1 1 3 1 2 4 6 8 7 8 7 6 3
-----------------------------------------------------------------
1 2 4 3 4 6 4 3 5 4 3 5 5 4 3 5 6
- - - - - - - - - - - - - - - - -
3 1 2 4 6 5 4 6 5 3 5 6 4 5 3 4 6
-----------------------------------------------------------------
Cela posé, convenons que le nombre supérieur désigne le numéro d'une
case de l'échiquier compté de gauche à droite, et que le nombre
inférieur désigne le rang de la bande où est cette case, de haut en bas.
8/1 représentera la huitième case à droite sur la première bande d'en
haut; 7/3 sur la septième case à droite de la troisième bande comptée de
haut en bas, et ainsi de suite. Alors il ne reste plus qu'à faire suivre
au cavalier, sur l'échiquier, la marche indiquée par la suite de nos
petits carrés de carton.
La figure ci-après est l'expression de la solution donnée par la suite
précédente.
34 49 22 11 30 39 24 1
21 10 33 50 23 12 37 40
48 53 62 57 38 25 2 13
9 20 51 54 63 60 41 20
32 47 58 61 36 53 14 3
19 8 55 52 59 64 27 42
46 31 6 17 44 29 4 15
7 18 45 30 5 16 43 28
NOUVELLE QUESTION À RÉSOUDRE
Trouver pour le cavalier une marche rentrante, c'est-à-dire une marche
telle qu'il puisse revenir de la soixante-quatrième case à laquelle il
arrive, sur la première que l'on a prise pour point de départ.
Rébus.
EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS.
Soldats! du haut de ces Pyramides quarante siècles (quatre mille ans)
vous contemplent!
[Illustration: Rébus.]
End of Project Gutenberg's L'Illustration, No. 0015, 10 Juin 1843, by Various