96 sous ce titre: un _Épisode peu connu de la vie de Marceline
Desbordes-Valmore d’après une lettre inédite écrite à son amant,
reproduite en fac-simile, par Louis Vérité_--et publiée dans une
intention peu sympathique. «Un collectionneur de nos amis, écrit
l’auteur de cet opuscule--possède une lettre autographe de Marceline
non datée ni signée, la seule connue de ce genre et vraisemblablement
écrite vers 1809 ou 1810, lettre des plus suggestives qui a
probablement échappé au feu. Après bien des tergiversations, et en
présence de l’indiscrétion commise par M. Rivière[60], notre ami a fini
par nous autoriser à la reproduire en fac-simile.»--Le malheur est que
ladite lettre et dont l’écriture est reproduite en réduction de moitié,
et qui pourrait bien être authentique, est vraiment d’une _suggestion_
anodine. Les appellations de _bien-aimé_, _petit ami_, _mon Olivier_
(du nom fictif d’un personnage des Elégies) sont insuffisantes pour
éclairer le débat que d’un anonyme rayon de tendresse. La réclamation
de trois _nouvelles_ promises, ou d’une seule dont les trois
personnages seraient un amputé, un «pauvre poète déchu» et surtout un
«barbier laid et intéressant» tous trois évoluant «en Espagne»--ne
renseignent que faiblement sur l’œuvre de l’homme de lettres adoré.
Qui sait pourtant (le document supposé authentique, et dans le cas où
ce projet de _nouvelle_ se serait effectué) si là ne réside pas pour
quelque fureteur de bouquins surannés le germe de la vérité enfin
connue?--La dernière ligne de la lettre: «Je te verrai samedi, au coin
du feu de mon amie» concorde bien avec le rôle à la fois tutélaire
et funeste prêté à cette amie Délie (Zélia) par ce qui est avéré de
l’aventure.
[60] La publication des trois lettres précitées.
Une autre collection de lettres, dont quelques-unes, ce me semble,
avaient déjà paru, fut mise au jour par M. Pougin qui publia son
premier article sur La jeunesse de Desbordes-Valmore dans la _Nouvelle
Revue_, en février 1894.--«On pourrait reprocher à l’auteur de cet
intéressant recueil, écrit M. Loliée, d’avoir passé sous silence les
différents promoteurs du dernier mouvement de renaissance littéraire,
comme il s’est manifesté de 1896 à 1898, fervent et bruyant, autour du
nom de Marceline Desbordes-Valmore.»
Mais que d’inédit encore! Ma personnelle collection s’est récemment
encore augmentée d’une correspondance: trente-quatre lettres à Mme
de Bussières, née Héloïse Saudeur, grande amie de la famille; et
une douzaine de touchantes lettres d’Ondine à la même.--Collections
toujours abondantes en de ces charmes douloureux d’un tour personnel,
d’un accent passionné et contenu, qui, lorsque l’ensemble en sera mieux
présenté par des éditions moins fragmentaires, seront reconnus pour
une originale forme de pensée et de sentiment bien spéciale à celle
qui, Sapho chrétienne, en poésie, méritera, comme épistolière, d’être
qualifiée: une tendre Sévigné du malheur.
Une autre bien émouvante correspondance, historique celle-là (inédite
aussi), m’est communiquée par M. Georges Charpentier. Cinquante
lettres adressées à son père, dont une tracée sur un papier du même
rose qu’une autre que je transcris de Verlaine. Un rose éteint et
lassé dont se dut énamourer la chère femme qui aimait les rubans; le
rose de cette pâte de fleurs qu’on fait en Orient de roses cueillies
à l’entour du Saint-Sépulcre, et dont on fabrique des chapelets
parfumés. Nuance allégorique du Calvaire gravi dont ces lettres, en
dépit de l’intelligente bonté du correspondant, énumèrent les stations
poignantes. Que de détails éloquents! que de notes originales en
cette misère magnanime! «Lettre adressée (a tracé au crayon l’Éditeur
éminent sur une page datée de Lyon en 35), en apprenant par le journal
l’incendie de la rue du Pot-de-fer où j’ai perdu plusieurs milliers de
volumes».--«Si nous avions autre chose que les dettes de notre ancien
directeur à payer sur notre travail, écrivait Mme Valmore, je vous
enverrais de l’argent. Cette joie m’étant refusée, je vous envoie, par
cette lettre, la quittance des derniers trois cents francs que mon mari
avait acceptés pour les Nouvelles Anglaises.» Et il ajoute: «Inutile
de dire que j’ai refusé les 300 francs de cette admirable femme.»--Plus
loin, c’est cette _lubie_ superstitieuse et artiste en cette pénurie
généreuse: «Cher monsieur Charpentier, depuis hier je suis plus triste.
J’ai mis dans ma tête que ce nombre treize que vous m’avez donné de
l’_Atelier du vieux peintre_ me portait malheur. Ayez pitié de cette
faiblesse de femme, et reprenez-moi cent francs que je vous envoie. Le
sort me semblera rompu, et je terminerai d’un cœur plus libre.--Si vous
refusiez, vous me feriez du mal.»
Je voudrais encore dire un mot de l’iconographie de Mme Valmore.
L’article de M. Loliée la reproduit presque intégralement. «Si l’on m’a
aimée, c’est pour autre chose qu’une grande beauté», écrit Marceline.
Ses portraits en font foi. Il y a pourtant du charme dans le portrait
_à la lyre_ de la bibliothèque de Douai, œuvre de l’oncle tant aimé,
Constant Desbordes. Mais le buste n’est-il pas bien opulent, la taille
bien courte? C’est sans doute ce dernier défaut qu’a voulu dissimuler
le grand portrait par Desbordes encore, au Musée de Douai. Mais l’autre
défaut s’y accuse davantage. Ce dernier portrait, accoudé de face et
la tête dans les mains, à rêver au-dessus d’un livre qu’on ne lit
plus, mais dont les souvenirs «roulent dans la tête malade», est une
figure d’inspirée, de voyante, de Sybille, avec presque une expression
de stigmatisée. Les deux autres portraits de Langlois et de Baugé,
reproduits par M. Loliée, ne sont vraiment que des caricatures sans
même l’intérêt de se donner pour telles. Le trois quarts de Devéria,
que j’ai mis en tête de mon étude parue chez Lemerre, est d’une grâce
agréable. Je possède encore une lithographie dont je ne connais pas
d’autre exemplaire[61]. Celle-là de face, mais d’un visage bien lourd,
à l’expression faussement pathétique d’un regard levé exagérément,
sans extase vraie. Plus extatique le regard baissé du profil de David
d’Angers[62], en cette expression de recueillement interne que j’ai
notée chez la sublime Vierge de Botticelli de la collection Leyland:
Ses yeux sont baissés en extase.
[61] Un autre portrait non encore reproduit est, je crois, la
propriété de Mme Henri Lavedan.
[62] Que je suis étonné de ne pas retrouver dans la nombreuse
collection de médaillons de David d’Angers exposés au Louvre.
J’avais moi-même retrouvé, dans une ancienne édition de Mme
Valmore, une épreuve jaunie de sa photographie, en 1865. La _Revue
encyclopédique_ en reproduit une semblable. Portrait suprême, émouvant
en sa laideur triste, au sourire qui s’efforce au-dessous du regard,
pénétrant encore, bien que si las! Les mains gourdes dans des mitaines
sortent des manches pagodes, auxquelles s’assortissent bien la fanchon
plate retenue par trois épingles, et le ruban à carreaux qui retombe en
deux brides. Cette belle strophe pourrait s’inscrire au dessous:
Pardonnez-moi, Seigneur, mon visage attristé,
Vous qui l’aviez formé de sourire et de charmes:
Mais sous le front joyeux vous aviez mis les larmes,
Et de vos dons, Seigneur, ce don seul m’est resté.
C’est donc une heureuse palingénésie que celle qui fait de la figure
allégorique de M. Houssin (érigée à Douai en 1896) comme une
résurrection de la femme poète, au-dessus de ses ans vécus, de ses
atours fanés et de ses douleurs vaincues; sorte de Lady Macbeth
innocente et étonnée de ne plus retrouver sur ses dolentes et
courageuses mains la blanche traînée de tant de larmes.
Je dois à l’obligeance de Mme Maximin le don de souvenirs précieux,
de petits sachets en rubans damassés ou chinés, sans doute assemblés
de la main de Marceline elle-même, ou de ses filles; des fragments de
bibelots sans valeur, mais sans prix; une agrafe à manteau figurant des
cygnes de style Empire; une tasse de Chine; un coupe-papier d’ivoire au
manche en forme d’un serpent dont l’aiguillon s’essaie en vain sur un
miroir; symbole de cette vérité si chère à notre poète;--un livre de
prières offert à Mme Valmore en août 43 «comme un hommage d’affectueuse
admiration et un témoignage de vive sympathie pour un noble cœur
affligé»--signé: Clémence.--Un album en cuir vert aux minces coins en
argent, on dirait un ancien spécimen de cette élégante maroquinerie
anglaise, depuis, si fort à la mode. Peut-être un souvenir du séjour
d’Ondine à Londres, durant son professorat, dans la famille Curie.
L’album contient une photographie d’elle, d’expression sympathique
et pensive. Une autre d’Inès enfant. Puis de petits dessins, des
griffonnages, sans beaucoup d’intérêt, ni d’art; des adresses, des
copies fragmentaires, des citations, souvent anglaises, des fleurs
séchées aux suscriptions sentimentales: «cueillie sur la place
Saint-Ouen, à la porte fermée d’un ami.»--Un monument à la mémoire de
l’inoubliable amie Gantier: un petit dessin à la plume représentant,
sur un lit de fleurs et d’épines, un cœur ailé accablé par une croix,
et dont émane une flamme en forme de banderolle où court l’inscription:
_satis, Domine, satis!_--Et au-dessous: «La croix l’accable, mais il
est soumis.» Puis de l’écriture de Mme Valmore: «dix avril, Calvaire
de mon cœur. Les années n’ont pas aplani ta cime. Avec mes anges qui
t’entourent, du moins es-tu heureuse, Albertine! _Sperent in te._»
De la sensiblerie d’imagerie religieuse, relevée par le haut goût du
cœur, la profonde sincérité de l’inaltérable attachement. En un autre
agenda, celui-là, de style Empire, seul bibelot joli, le «Souvenir» à
la monture de nacre et de bronze, aux douze vignettes coloriées des
mois, ce sont encore, et toujours entre ces griffonnages au jour le
jour (rappel d’une visite de Mme Gay le 8 septembre 1822) des fantômes
de fleurettes, violette, pensée, volubilis, bourrache, primevère; du
lierre, des mousses, une graminée; et surtout une blonde mèche de
cheveux dorés, de ces cheveux d’enfant desquels elle a écrit ce vers
divin:
Que tes cheveux sont doux, étends-les sur mes larmes!...
En somme, tout le délicat décor interne de cet autre agenda dont
l’intelligent hasard d’une vente a fait refleurir aux mains d’un ardent
admirateur de Mme Valmore, tant de transparentes fleurs fanées entre
lesquelles voltige plus délicatement encore un duvet de colombe, une
plume de _La Vie et la Mort_ du Ramier.
Quoi encore? une lorgnette monocle, à la monture dédorée, à l’ivoire
jauni et fondu et dont l’unique regard dut si souvent se fixer sur la
grande amie Mars.--Enfin une guitare, sans nul doute celle dont il est
parlé dans cette lettre de la correspondance: «Hilaire a fait arranger
ma guitare.--Pour la première fois depuis trois ans, j’ai rejoué de
ce pauvre instrument dédaigné et les enfants se sont mis à danser
jusqu’à nuit close...»--Pauvre guitare, elle n’a plus qu’une corde,
l’incorruptible fil sur lequel le peintre anglais Watts fait à tout
jamais voltiger invinciblement les consolatrices illusions de l’aveugle
espérance!
II
Je possède plus d’une soixantaine de lettres et billets à moi adressés
par Verlaine.
Je choisis parmi eux cette lettre des plus touchantes:
PARIS, LE *** MARS 1895.
«Cher monsieur et cher poète,
«J’ai lu et peut-être avez-vous lu dans le... d’aujourd’hui,
sous la signature... une ligne où votre nom et le mien étaient
rapprochés dans une intention désagréable pour vous. Je
m’empresse de vous assurer de toute la peine que m’a faite cette
lecture. Vous connaissez trop mes sentiments de si haute estime à
l’égard du vrai poète que vous êtes pour que, sans attacher quant
à ce qui vous concerne la moindre importance à de pareils coups
d’épingle, vous puissiez douter un instant du véritable ennui que
m’a causé ce bout d’article.
«Je n’ai pas voulu que la journée s’écoulât sans vous témoigner
à nouveau ma sincère et profonde sympathie littéraire, en même
temps que les sentiments d’affectueuse gratitude de votre tout
dévoué
«P. VERLAINE.»
III
En 97, j’ai reçu, à la date du 6 septembre, cette lettre de M.
Stanislas Millet, professeur au Lycée de Lorient:
«Monsieur,
«Vous avez publié dans la _Nouvelle Revue_ du 1er février 1896, sur
Hello, une remarquable étude où je relève cette phrase: «Je ne me
souviens pas d’avoir rencontré ce grand nom (celui de Chateaubriand)
au cours de toute l’œuvre de l’écrivain de Kéroman, que le respect
d’une même communion empêcha sans doute de formuler sur le maître
de Combourg, un jugement dont l’expression eût été curieuse à
connaître.»--Je ne crois pas, en effet, que Chateaubriand soit nommé
dans celles des œuvres d’Hello qui ont paru en volumes. Mais parcourant
dernièrement, grâce à la bienveillance de Mme Hello, les manuscrits
inédits du grand penseur, et les articles qui n’ont encore eu jusqu’ici
que la publicité des journaux ou des revues, j’ai découvert une longue
étude sur Chateaubriand, qui sans doute vous donnera satisfaction.
Etc.»
L’article, dont j’ai dû la copie à l’obligeance de Mme Hello et de
M. Millet, est curieux, intéressant et surtout bien conforme à mon
pronostic.
«Il faut d’abord, écrit Hello, rendre justice à qui veut et fait le
bien. M. de Chateaubriand a voulu le bien et certainement il l’a fait.
Avant de l’entendre parler, il faut regarder ceux à qui il parlait. Il
faut se figurer une nation qui n’était pas encore réveillée du XVIIIe
siècle, une nation qui pleurait d’attendrissement devant les bergers
de Florian et qui riait en face des saints. Il ne fallait parler ni à
des hommes instruits, ni à des enfants naïfs et disposés à la lumière:
il fallait s’adresser à de tristes vieillards, et c’était un triomphe
de leur apprendre que le christianisme n’est pas ridicule...--Voilà
comment la question se posait. Il s’agissait de faire prendre la
religion au sérieux (par un peuple de qui Voltaire était l’aliment
universel)...--En d’autre temps, ce serait une hardiesse d’affirmer que
le christianisme n’est pas une stupidité honteuse et ridicule. C’était
quand il (Chateaubriand) est né, un acte voisin de l’héroïsme...--Quand
on apprécie ceux qui remontent la pente d’un torrent il faut exagérer
l’éloge pour rencontrer la justice... Et comme je vais prendre la
liberté d’apprécier son œuvre considérée en elle-même, je dois la
considérer ici dans son principe, dans son intention, dans ses
rapports avec les hommes et les choses qui rendent cette intention
particulièrement belle et honorable.»--Ceci dit, Hello exagère-t-il le
mérite de Chateaubriand? Non; le rhéteur lui est trop antipathique.
L’ironie éclate: «Ainsi, il n’est pas _tout à fait_ vrai que les
divinités chrétiennes soient ridicules dans les batailles. Cela est à
peu près vrai, mais pas tout à fait. Ce _tout à fait_ est précieux,
mais ne vaut pas le _presque_ dont il est couronné. Les milices
célestes font presque un aussi grand effet que les dieux ennemis de
Troie.
«--M. de C. demande grâce pour Josué, Élie, Isaïe, Jérémie, Daniel,
parce qu’il pourrait les peindre avec une tête flamboyante et une
barbe argentée. Vous avez le cœur dur si cette circonstance ne vous
inspire pas un peu d’indulgence en faveur d’Élie. Quand vous lisez
dans l’Écriture la scène du Mont-Carmel et celle du Mont-Horeb, vous
êtes disposé à le traiter un peu légèrement; mais si vous vous dites à
vous-même que M. de Chateaubriand pourrait le peindre avec une barbe
argentée, il est impossible que le respect ne vous saisisse pas à
l’instant même.»
Ces réflexions qu’un ruisseau représenté dans son cours naturel est
toujours plus agréable que dans sa peinture allégorique--et que «l’ange
de l’amitié pourrait porter une écharpe merveilleuse» exercent encore
la verve d’Hello: non sans un peu de lourdeur: «Quel bonheur! les
saintes sont sauvées: car elles ne remplacent pas les ruisseaux que les
saintes supprimaient... etc.--Il est impossible que l’ange de l’amitié
affublé de cette écharpe ne trouve pas grâce devant les muses.»--Voici
des motifs plus sérieux:
«Le regard droit et central manque à M. de Chateaubriand. Il parle
des choses les plus graves, mais il n’en parle pas gravement. Il a
beau se tourner ou vers la terre, ou vers le ciel, on dirait toujours
qu’il est en face d’une question de rhétorique. Quoi qu’il dise,
il a toujours le temps et le goût de s’entendre parler; quoi qu’il
regarde, c’est toujours lui-même qu’il contemple, et il se contemple
toujours à la lueur menteuse de la rhétorique. Sa parole est sans
joie; et la gloire de l’écrivain consiste à s’oublier dans le sens de
l’amour-propre. Jamais chez M. de C. la pensée ne brise la phrase. Non,
la phrase est faite d’avance, elle est inviolable, elle est fondue dans
un certain moule: c’est à la pensée d’obéir. Jamais sa parole n’est
l’explosion subite, spontanée, d’un sentiment qui éclate. Le sentiment
pour lui est une occasion de parler.--M. de Chateaubriand écrivain est
_un modèle à éviter_.» (Suit une curieuse comparaison entre le style
_organique_ qui est «la parole vivante au service de l’idée vivante»;
et le style _mécanique_ qui est «le produit artificiel d’éléments
extérieurs et de pièces juxtaposées».)--Mais voici le grand grief; le
véritable _horresco referens_:
«Enfin M. de Ch. dit, en parlant de Voltaire: _Ce grand homme_.--Ce mot
est écrit dans le génie du christianisme, deuxième partie, chap. V.--Il
est permis de douter un moment, même devant l’évidence, même devant le
livre ouvert. Mais quand on a lu plusieurs fois le paragraphe, il faut
se rendre. Le mot est écrit. Ce mot là ferme sur M. de Chateaubriand,
critique littéraire, la discussion. J’aurais eu beaucoup de choses à
citer, mais après ce mot-là, je n’en citerai aucune.
«Je ne veux pas rester sur cette parole, parce que si elle était le
dernier mot de ce travail, elle semblerait en être la conclusion; elle
semblerait offerte comme la pensée générale de M. de Chateaubriand
et le résumé de sa vie. Cette apparence serait une injustice.»--Et
la conclusion: «Il eut l’éclat presque toujours, très rarement la
splendeur. Son _strass_ fut pris pour du diamant. L’illusion peut et
doit finir: mais plus elle tombera, plus doit monter et grandir le
respect de son intention et l’admiration légitime que nous avons pour
ce qu’il tenta.»
Et je conclurai moi-même par cette phrase de Chateaubriand, dans son
dernier ouvrage: «Voltaire naissait, cette désastreuse mémoire avait
pris naissance dans un temps qui ne devait point passer: la clarté
sinistre s’était allumée au rayon d’un jour immortel.»
--Hello ne prend-il pas garde que c’eût été vouloir ne pas être
écouté des _tristes vieillards_ auxquels s’adressait le Génie du
Christianisme, que de commencer par briser leur idole? Mais s’adressant
à l’abbé Séguin, l’auteur de la vie de Rancé pouvait, devait, et il l’a
fait, tenir un autre langage.
TABLE
TABLE
ORDO 1
I. Félicité (Desborde-Valmore) 5
II. Le dieu (Leconte de Lisle) 85
III. Pauvre Lélian (Paul Verlaine) 93
IV. L’Aède (Mistral) 103
V. Roses pensantes 117
VI. L’Apôtre (Ernest Hello) 139
VII. Un seul Goncourt 159
VIII. Tolstoï Esthéticien 171
IX. Le Grand Oiseau (Léonard de Vinci) 179
X. Le Voyant (William Blake) 189
XI. Le Spectre (Burne Jones) 201
XII. Un Mythologue (Arnold Bœcklin) 215
XIII. Vernet Triplex 237
XIV. Alice et Aline (Théodore Chassériau) 251
XV. Fashion (Constantin Ghys) 271
XVI. Le Potier (Jean Carriès) 283
XVII. Les noces d’argent de la Voix d’Or (Sarah Bernhardt). 299
XVIII. Le Masque (La Duse) 311
XIX. Un Féministe 321
XX. Apollon aux Lanternes 329
XXI. La République de Saint-Frusquin 347
POST-SCRIPTUM 385
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