Gentil galant je vous vens l'amour des hommes.
Queles sont elles.
Elles sont fausses comme escume
Et legieres comme la plume.
volantes comme arondele.
et tournoyant comme chandeille.
Secretes comme la bretesche.
Et durant comme flamesche.
Un autre dit.
Je vous vens l'ave maria.
mon cuer est mien et nul ne l'a.
et se donner je le voloie.
point n'estes a qui le donrroie.
Je vous vens le gris cheval.
mon cuer au vostre n'est egal.
Car il aime tresloyaument.
et le vostre tresfausement.
Je vous vens du soile l'espis.
vous me baiserez se je ris.
Mais pour ce que je ne ris mie.
Certes vous ne me baiserez mie.
Dist une bonne galoise a son amoureux.
Je vous vens mon fuiselet.
Il ne me chault se perdu est.
Car j'entens plus a bien amer.
Qu'a retordre ne qu'a filer.
Je vous vens le fuiseau d'argent
vous avez le corps bel et gent.
Je vous prie ne pensez mie.
Que le dye par flaterie.
Je vous vens la fleur du bleu glay
J'ay amé aime et aimeray.
Malgré mesdisans plains de nuie
Car en amours a douce vie.
Je vous vens le chapeau de flours
il fut fait par fines amours.
Mais nul ne le prengne a porter.
Se loyaument ne veult amer.
Car sachiez bien s'autre le porte.
Sa couleur se change et transporte
Je vens ce que nulz ne puet faire
Vivant en l'amoureux affaire.
Amours garder sans courrouchier
Et sens de femme sans changier
Je vous vens le milieu des yeulx
Se il estoit et temps et lieux.
Que fussions seulz entre nous deux
Se vostre amour vous requeroie.
Dittes moy sy vous ayde dieux.
Sans mentir se je le auroye.
Dames je vous veuil vendre.
Le gent cor d'oliffant.
Amours par tout son regne.
A fait crier son bant.
Que dames et pucelles.
Et tout loyal amant.
Se ayent pourveu.
De ce jour en avant.
Leurs cuers de loyauté.
Encontre faulz semblant.
Qui entre les amans.
Se va atapissant.
Parquoy de leurs propos.
Ne les voist essongant.
Je vous vens le rain d'olivier.
Par dessus a un esprivier.
Q'une dame y fait atachier.
Pour les fins amans espier.
Et dist qu'il ne s'en bougera.
Jusques a dont que cilz vendra.
Que oncques amours ne faussa.
Je vous vens la fleur gyrofflee
En amours a mainte penssee.
Quant je ne voy mon doulz ami
Je vouldroie qu'il fust icy.
Si vous prie que se le veez.
que de par moy le saluez.
Je vens la rose vermeillette.
qui bien liroit en se fueillette.
Il trouveroit en bonne lettre.
que damoiselle qui bien aime.
en grant deduit sa vie maine.
Je vous vens le vert papegault
d'amer loyaument ne me chault.
Car on voit tout appartement.
que qui bien aime loyaument.
Il est quetif certainement.
Je vous vens le perle doré.
amours m'ont dit et accusé.
que vous avez vo temps usé.
a faire pou de loyauté.
a celles que vous avez aimé.
Je vous vens l'erbe qui verdoie.
volentiers certes ameroie.
se homme trouver je povoie.
en qui je m'osaisse fier.
mais leur cuer fault pour pou de chose.
pourquoy en eulx fier ne m'ose.
et que ne me face mocquier.
Je vous vens de fer le dou.
vostre amie vous aime pou.
se vous l'amez c'est sans partie.
deportez vous ent je vous pris.
Chascun vous vent et le voy bien
tenez vo cuer et je tendray le mien
car se donné le vous avoie.
bien croy que m'en repentiroie.
Je vous vens le paveillon noir
en semblant de grant vouloir.
se doit doloir toute sa vie.
qui oncq n'eut joye de s'amie.
si me doy dont bien dolouser.
Car oncques n'eus joye en amer.
Je vous vens le dragon volant
vo simple et gracieux semblant.
de grant sens et beauté garny.
m'a si navré en regardant.
que je ne sçay s'il me feri.
vous ressemblez a l'ayment.
qui le dur fer attrait a lui/
Car vous avez en soubz riant.
par mon costé mon cuer ravi.
Je vous vens le roussignoullet.
j'ay veu le temps autre qu'il n'est.
qui mieux valoit moins se prisoit
et souffissoit qu'on le louoit.
Or est le temps d'une autre guise.
Car qui le moins vault plus se prise
Je vous vens la verde amande
vostre ami a vous recommande.
et autant de salus vous mande.
Qu'il en pourroit en une mande/
de goutes d'eaue de fontaine.
avant que la mande fust plaine.
Je vous vens la noire pye.
d'amer ne me depriez mie.
que je ne vous ameroie mie.
car vous avez l'ueil trop gaillart
se m'ariez tost mis d'une part.
Je vous vens une patenostre.
mon cuer est mien et non par vostre
et savez vous pour quel raison.
Je l'ay mis en meilleur maison.
Je vous vens le col d'un cyne.
amours qui mon cuer enlumine.
de vostre bel et noble a tour.
dont je ne cesse ne ne fine.
a vous pensser et nuit et jour.
car la couleur avez si fine.
et de toute beauté la flour.
vo doulz regard est medicine.
pour moy garir de ma langour.
Je vous vens la gente soussie.
elle est belle et s'est jolie.
et moult fait le flair a loer.
l'omme qui joist de s'amie.
le puet honnestement porter.
Je vous vens du chesne la fueille
je prie au dieu d'amours qu'il veuille
dedens vo cuer mettre et escrire.
ce que le mien pense et desire.
Je vous vens quatre pucellettes
elles tissent amourettes.
dedens un joly vergier.
les roses et les violettes.
si leur font des espeulettes.
par dessoubz un vert laurier.
la vient le dieu d'amourettes/
sur son poing un esprivier.
tout chevauçant a cloquettes.
sur un palefroy d'englentier.
Je vous vens l'erbe verdelette.
la vostre amour trop me dehette
en autre ay mis m'amour parfaitte
Alés a adieu l'aumosne est faitte.
Je vous vens la bourse de soye
se vous m'amiez je vous ameroie
mais j'ay trouvé vo cuer sy faulz
que je metteray le mien sauf.
jusques a l'esté qui sera chault.
Je vous vens le noir sengler.
je vous priasse de demourer.
s'il ne feist sy bel aler.
mais il fait bel la lune luist.
vo baston est derriere l'uys.
pour ce s'il pleut emmy no court.
ne pleut il mie tout par tout.
Je vous vens le harenc blanc.
on vous monstre tresbeau semblant
et si cuidiez que on vous aime.
mais certes vous perdez vo paine
Je vous vens du gay la hure.
tel vient ceans dont on n'a cure.
et tel y va et tel y vient.
que on auroit aussi chier nient.
et tel n'y fut ne huy ne hier.
que on y verroit volentiers.
Un escuier vendre vous veuil.
qui est niches et plains d'orgueil.
et sy est fier et despiteux.
et si est d'amer convoiteux.
damoiselle je le vous vens.
ne le gardés gaires long temps.
rendez le tost si ferez bien.
car son affaire ne vault rien.
Dame je vous vens la fusee.
bien me semblez femme rusee.
ailleurs avez escaillie noix.
a dieu vous command je m'en vois
A ces mos et aprés tant de reffus que avions eu avec ce aussy que tant
avions vendu et acheté d'amourettes que pour le sommeil qui survint
entre nous/ ne savions plus que dire. preismes congié de la compaignie
des filles et bonnes dames/ les remerciant du bon marchié que fait nous
avoient et de ce aussi que si bien et si sec nous avoient payé. Car pour
un que vendu leur avions. elles nous en avoient payé six. Et ainsi nous
retournasmes chascun a sa chascune/ pensant de quele marchandise une
autresfois nous vouldrions mesler. et nous fasions tous riches en
penssee. mais en dormant nous perdismes tout.
S'ensievent autres demandes qui se pevent faire entre differentes
personnes a tous pourpos tant de marchandises de compaigniez de
particions comme de sommes qui sont moult subtiles.
Le maistre d'ostel d'un duc demande a son cuisinier.
Monsigneur a dit qu'il veult demain faire un disner ouquel il veult
avoir .iiii.xx. bestes de trois manieres. c'estassavoir. cerfz. lievres.
et connins/ et se ne veult desprendre que quatre livres en tout Le
cuisinier a trouvé cerfz pour .ii. solz la piece. Lievres pour .xviii.
deniers la piece/ et connins pour .vi. deniers la piece. Assavoir
quantes pieces il lui fault de chascune
Response.
Il y fault deux lievres .iiii. cerfz et .lxxiiii. connins.
Demande.
Item il fault pour ce disner .xxx. oyseaux. assavoir cailles perdris et
malars tout pour .xxx. deniers et on treuve cailles pour une maille la
piece perdris pour deux deniers maille. et mallars pour .iii. deniers.
Assavoir combien il en fault de chascune.
Response.
Il lui fault .xxiii. cailles .v. perdris et deux malars.
Demande.
Ilz sont .xii. que chevaliers que escuiers. et que damoiselles qui ont
onze pains a partir et doit avoir chascun chevaliers deux pains chascun
escuiers le quart d'un pain et chascune damoiselle la moitié d'un pain.
Assavoir quans chevaliers quans escuiers et quantes damoiselles ilz
sont.
Response.
Ilz sont .v. chevaliers .vi. escuiers/ et une damoiselle.
Demande.
Trois marchans de vins ont baillié en garde a un varlet .xii. tonneaux
plains de vin. le varlet en a fait si male garde que les .iiii. tonneaux
sont vuys. et les autres quatre sont demi plains et les autres .iiii.
sont plains. Comment donneriez vous a chascun des marchans autant de vin
et de tonneaux a l'un comme a l'autre sans remuer le vin de tonnel a
autre.
Response.
Je donneroie a l'un des marchans deux plains tonnaux et deux vuys. Au
second marchant pareillement. et au tiers les quatre tonneaux a moitié
vuys.
Demande.
Un homme entra en un jardin ouquel il cueilla toutes les pommes qu'il
trouva. En ce jardin estoient trois gardes. A son retour le premier
d'eulx vint a lui et lui dist qu'il lui baillast les deux pars des
pommes qu'il avoit cuelliez. Et cil les lui bailla. Aprez vint la
seconde garde qu'il lui demanda. Baille moy dist il la tierce partie des
pommes que tu as. et il tantost les lui bailla. vint en aprés la tierce
garde et lui demanda la moitié des pommes qui lui estoient demoureez/ et
cil les delivra incontinent. Et toutesfois quant il fut hors du jardin
il lui en demoura aincoires une. Or est assavoir quel nombre il en
cueilla ou jardin.
Response.
Il en cueilla nuef et non plus.
Demande.
Ilz sont deux pastoureaux qui gardent leurs brebis ensemble desquelz
l'un dist a son compaignon. Mon ami donne moy l'une de tes brebis si en
auray autant que tu en as. L'autre lui respondi prestement. Mais toy
donne moy l'une des tiennes si en auray deux fois autant comme tu en as.
Assavoir est quantes chascun en avoit.
Response.
L'un en avoit .v. et l'autre .vii.
Demande.
Compaignons estoient assis au disner. il survint aucun qui leur dist.
Dieux garde ceste compaignie et fussiez un cent. L'un des compaignons
respondi. Nous ne sommes pas cent. Mais se nous estions aincoires autant
que nous sommes/ et la moitié d'autant/ et le quart d'autant et toy avec
lors seriont nous cent tout apoint. Assavoir quans ilz estoient assiz au
disner.
Response.
Ilz estoient eulx .xxxvi.
Demande.
Ils sont douze personnes de quatre manieres d'estas/ assavoir
chevaliers/ et escuiers. hommes/ et femmes/ tous assis a table ou ilz
ont despendu tous ensemble .xii. deniers desquelz les chevaliers sont a
un blanc/ les escuiers a deux deniers les hommes a une maille/ et les
femmes a une mitte. Je vous demande quans ilz sont de chascun estat
Response.
Ilz estoient un chevalier. deux escuiers. sept hommes et deux femmes.
Demande.
Un marchant ala nagaires en marchandise et mist tout son argent en
icelle/ duquel il multiplia a moitié. Il ala en la taverne/ et illec
despendy .vi. deniers Lendemain remist le residu de son argent en
marchandise/ ou il prouffita comme devant et pareillement en despendi
.vi. deniers La tierce fois il retourna aincores en marchandise/ et de
rechief doubla son argent et puis ala en la taverne ou il despendi
aincoires .vi. deniers. Aprés lequel escot payé il ne lui demoura ne
principal ne gaing. Je vous demande combien il avoit d'argent au
commencement de sa marchandise.
Response.
Il avoit tout apoint .v. deniers et une mitte.
Demande.
Un messagier qui chascun jour iroit cent lieues. et un autre le sievroit
qui n'yroit le premier jour que une lieue. et chascun jour croisteroit
d'une autre lieue/ en combien de temps ratainderoit il le premier
messagier qui chemineroit les cent lieues.
Response.