confessions et communions en grand nombre; puis, messe en musique
suivie de sermons en différentes langues indiennes, et après le dîner,
procession solennelle avec le S. Sacrement. Partant de la grande place
devant l’église, elle s’avance le long d’une avenue ornée de fleurs et
de plantes odoriférantes, passe devant l’école des Sœurs, longe la
principale rue du village et aboutit au collège et à la maison des
missionnaires, puis revient à l’église. En tête, marche une escouade de
soldats du Sacré-Cœur, bannière déployée; ensuite viennent, recueillies
et modestes, les femmes de la tribu avec leurs étendards, suivies des
jeunes filles portant, toutes, les insignes d’enfants de Marie. Une
grande croix portée par un chef précède les élèves du collège qui
suivent leur bannière avec une modestie et un ordre admirables. Puis
viennent les hommes de la tribu, rangés selon leur dignité; et, comme
pour faire contraste avec leur austère gravité, voici venir les petits
enfants de chœur indiens, en soutane rouge et rochet blanc, avec une
ceinture violette. Les uns tiennent des flambeaux allumés, d’autres
balancent des encensoirs fumants, tandis que les petites filles vêtues
de blanc et couvertes de longs voiles jettent des fleurs devant le S.
Sacrement. L’ostensoir est porté par le Supérieur de la Résidence ou par
le Supérieur général de la Mission, ou quelquefois même par l’évêque,
entouré des Pères qui ont pu venir des Réductions voisines. Le dais est
porté par les chefs de quatre tribus; derrière, marche le grand chef
avec ses conseillers ou les officiers de la milice, tous ayant un cierge
à la main. Les soldats du Sacré-Cœur, en grand uniforme, escortent à
cheval la procession; et au moment de la bénédiction donnée dans
l’église, ils déchargent leurs armes en signe d’allégresse. Voilà
comment ces Indiens, naguère encore sauvages, célèbrent leurs fêtes
religieuses.--Un mot maintenant de leurs rapports avec le Gouvernement
Américain.
IX.
_Le Gouvernement et la Réserve des Cœurs d’Alène._
Les Cœurs d’Alène ont obtenu il y a quelque temps du gouvernement des
Etats-Unis, ce qu’on appelle une _Réserve indienne_; ils l’ont bien
exploitée et en tirent grand profit. Les Blancs, ayant envahi le
territoire des tribus aborigènes, les refoulèrent vers le Nord et
s’emparèrent de ces immenses régions qui forment maintenant la partie
occidentale des Etats-Unis. L’invasion ayant continué à s’étendre, la
plus grande partie des Peaux-Rouges disparut. Il ne resta donc qu’un
très petit nombre d’Indiens, que le gouvernement américain se décida
enfin à traiter avec plus d’équité. En 1855, il signa avec les chefs des
différentes tribus un accord, par lequel les Indiens cédaient à l’Etat
la plus grande partie de leur territoire; de son côté le gouvernement
s’engageait à leur payer annuellement une certaine somme pendant vingt
ou trente ans, et à respecter la partie du territoire qui leur était
laissée et dont on fixa exactement les limites, en interdisant aux
Blancs de s’y établir.
De là vient le nom de _Réserve indienne_ donné à ces territoires. Les
agents du gouvernement volèrent presque tout l’argent qui était dû aux
Indiens, et souvent les Blancs obligèrent les chefs indiens à signer un
nouveau traité par lequel ils cédaient à l’Etat la moitié ou les deux
tiers de la Réserve. C’était une source perpétuelle de querelles, de
procès et de guerres entre les Blancs et les Indiens.
Jusqu’alors les Cœurs d’Alène n’avaient encore conclu aucun traité et il
semble que le gouvernement ne leur avait pas envoyé ses agents.
D’ailleurs, jamais les Cœurs d’Alène n’auraient cédé un pouce de leur
territoire à ces Anglo-Saxons, que malgré leur conversion au
christianisme, ils détestaient comme les usurpateurs de leur pays et les
oppresseurs de leur liberté. Bien plus, en 1857-58, ayant appris que
quelques compagnies de l’armée nationale se disposaient à traverser leur
pays, ils prirent les armes et combattirent les troupes américaines,
d’abord avec succès, mais ensuite ils furent défaits, grâce aux renforts
que reçurent les Blancs.
Cette guerre affligea tellement les missionnaires, après tant de
fatigues pour convertir et civiliser les Cœurs d’Alène, qu’il fut
sérieusement question d’abandonner cette tribu à sa férocité native.
Mais les officiers de l’armée, voyant que les missionnaires, malgré
leurs efforts infructueux pour éviter la guerre, avaient du moins, par
leur influence, empêché les massacres, les prièrent de continuer leur
œuvre de civilisation. Ainsi encouragés, les Pères se livrèrent à leur
travail apostolique avec une ardeur nouvelle; leurs exhortations
roulaient surtout sur la paix, la charité et l’amour du prochain. Les
Cœurs d’Alène, presque tous catholiques, se repentirent de leurs excès,
et suivant les conseils reçus oublièrent les injustices passées et dès
lors vécurent en bonne harmonie avec le gouvernement et avec tous les
Blancs. Il y eut bien jusqu’en 1868 quelques rixes entre les Américains
et les jeunes gens de la tribu; mais ces querelles s’apaisèrent
facilement à la voix du missionnaire. Toutefois comme les Blancs
envahissaient leur territoire de plus en plus, ils pensèrent qu’il
valait mieux pour eux avoir une _Réserve_ comme les autres Indiens. Ils
demandèrent au gouvernement de leur en céder une: mais il se passa
beaucoup de temps avant que les commissaires de Washington n’eussent
signé le traité. Les conditions furent les suivantes: Le gouvernement
leur paierait 200.000 dollars pour le territoire cédé, n’enverrait aucun
agent et les laisserait sous l’autorité de leur chef. Le Président
confirma la concession, mais ne voulut pas proposer au Congrès le
paiement des 200.000 dollars. Les Cœurs d’Alène ne s’irritèrent pas de
ce refus; mais, avec leur fierté ordinaire, ils répondirent qu’ils
n’avaient pas besoin de l’argent américain; avec l’aide de la Robe
Noire, ils sauraient rester bons chrétiens et bons citoyens; la Réserve
et leur travail leur fourniraient le nécessaire.
On lira avec plaisir le récit d’un épisode qui se rapporte à ces
négociations. Un des chefs s’opposait à toute cession de territoire, et,
mettant ainsi la division dans l’assemblée, entravait la conclusion du
traité. Alors un autre chef se leva et voulut en vain rétablir le
silence; d’autres essayèrent également sans plus de succès; le grand
chef put à peine apaiser le tumulte pendant quelques instants. Mais
bientôt, l’agitation et les cris recommençant de plus belle, le
missionnaire qui, sur le désir des Indiens, assistait au conseil, se
leva, et, d’une voix forte, interpella par son nom le perturbateur de la
paix. Celui-ci s’esquiva tout honteux, et l’ordre se rétablit aussitôt.
A cette vue, les commissaires protestants furent remplis d’étonnement;
mais, au lieu de reconnaître dans ce fait la puissance de la religion
catholique sur les sauvages, ils en prirent occasion de la dénigrer.
Les missionnaires avaient à grand’peine détourné les Indiens de la
chasse au buffalo, cause de graves désordres, pour les appliquer à
l’agriculture qu’ils avaient en aversion, lorsque les Blancs, qui
convoitaient les terres de la Réserve, commencèrent à l’envahir et à
s’y bâtir des maisons. A cette nouvelle, le chef alla trouver le
missionnaire pour lui demander conseil. Celui-ci lui recommanda de ne
causer aucun dommage à ces Blancs qui en prendraient occasion de leur
déclarer la guerre et de les chasser de la Réserve. «Tâche de les
renvoyer doucement, et, ceux-ci une fois partis, empêche les autres de
venir.» Ainsi fut fait. Il envoya quelques-uns des siens chercher, hors
de la Réserve, un endroit favorable pour y construire des habitations;
lui-même alla voir les Blancs, disant qu’il leur montrerait des terres
meilleures que celles qu’ils occupaient et dont ils pourraient prendre
possession légitime.
Ainsi il les amena à déloger, sauf trois ou quatre qui refusèrent de
partir; à ceux-là il offrit un prix raisonnable en chevaux ou en vaches
s’ils voulaient vendre leur terre, et vint à bout de se débarrasser
d’eux. Il chargea douze guerriers de parcourir chaque jour la partie la
plus exposée de la Réserve, et s’ils y rencontraient des Blancs, ils
devaient leur montrer les limites dont ils étaient les gardiens et leur
dire qu’ils pouvaient s’établir en tel ou tel endroit hors de la
Réserve. Cette manière d’agir continuée pendant trois ans mit fin aux
litiges et empêcha l’invasion redoutée; les Blancs eux-mêmes, rendant
justice à leur loyauté, se firent leurs protecteurs et les aidèrent à
repousser ceux qui voulaient franchir les frontières.
Dans la guerre des Nez-Percés avec les troupes des Etats-Unis, les Cœurs
d’Alène s’employèrent de tout leur pouvoir à maintenir la paix sur leur
territoire, empêchant les Nez-Percés de faire des incursions sur leurs
terres et de tuer des Américains. De plus, ils leur firent savoir que,
s’ils ne se retiraient pas de leur Réserve, ils prendraient les armes
contre eux en faveur des Blancs. Ainsi ils obligèrent les guerriers de
cette tribu à la retraite et sauvèrent la vie à des centaines
d’innocents. Après le départ des Nez-Percés, les Cœurs d’Alène, sur
l’ordre de leur chef Seltis, rappelèrent les familles qui s’étaient
enfuies, et, en attendant leur retour, prirent soin de leurs champs et
de leurs maisons. Ainsi la paix fut rétablie; les Blancs firent de
grandes démonstrations de gratitude à ces bons Cœurs d’Alène, et le
gouvernement bâtit sur leurs confins un fort pour les protéger.
APPENDICE.
_La chasse._
Toutes les tribus de l’ouest des Montagnes Rocheuses allaient, une ou
deux fois l’an, à la chasse du buffalo dans les régions où ces animaux
erraient en troupeaux de plusieurs milliers. Il y a une douzaine
d’années, un Américain qui portait le courrier d’Helena à Benton,
distance d’environ 175 milles, fut forcé de s’arrêter pendant dix heures
sur les bords du fleuve Sunriver (rivière du Soleil) pour laisser passer
un de ces troupeaux, lequel pourtant galopait à toute vitesse. Il devait
donc y avoir là plusieurs milliers de buffalos. Les Indiens consacraient
à ces chasses environ quatre mois de l’année; un peu plus d’un mois à
l’aller et autant au retour, et plus de quarante jours à la chasse.
Ceux qui y prenaient part emmenaient toute leur famille avec de nombreux
chevaux qui portaient les bagages, tentes, couvertures, provisions,
haches, couteaux et autres ustensiles. Les Yakima et les tribus
voisines avaient à parcourir plus de 600 milles; les Cœurs d’Alène plus
de 400, les Têtes-Plates plus de 200, tandis que les Corbeaux, les
Pieds-Noirs, les Gros-Ventres et les autres tribus à l’est des Montagnes
Rocheuses n’avaient à faire que peu de chemin. Parfois ils devaient
traverser les plaines à l’est du Montana à la poursuite du buffalo qui
lui-même parcourait des centaines de milles.
Pour ces chasses, les Indiens ont de petits chevaux très rapides qu’ils
montent merveilleusement. Lancés à la poursuite des buffalos, dès qu’ils
les voient à portée de fusil, ils tirent, tout en courant à bride
abattue, jusqu’à ce qu’ils aient disparu, ou que les chevaux soient
épuisés, ou la nuit venue, laissant derrière les bêtes tuées ou
blessées.
La chasse terminée, ils reviennent à leur campement, et chacun raconte
combien de buffalos il a tué pendant la journée et en quel endroit. Le
lendemain toute la famille: hommes, femmes et enfants, vont dépecer les
buffalos tués; les femmes emportent sur des chevaux les peaux et les
quartiers de viande, laissant les os et les intestins. Quand la chasse
est abondante, ils prennent les meilleurs morceaux, la langue et la
peau, et laissent tout le reste en pâture aux loups, aux ours et aux
oiseaux de proie. Les jours suivants, pendant que les hommes retournent
à la chasse, les femmes préparent la venaison, la coupent par tranches
et la font cuire à petit feu, pour la conserver des semaines et des mois
entiers. S’il leur reste du temps, elles préparent aussi les peaux, et,
par un travail de plusieurs semaines, les rendent assez souples pour en
faire des couvertures, des chaussures et même des bottes et des habits
pour les hommes. Une dizaine de jours plus tard, quand les buffalos
décimés se sont éloignés, les chasseurs lèvent le camp et transportent
leurs tentes là où ils comptent retrouver les troupeaux, à la poursuite
desquels ils s’élancent de nouveau.
Les Indiens catholiques ne font plus ces chasses; depuis que, sous la
direction des missionnaires, en même temps que bons catholiques ils sont
devenus bons cultivateurs, ils tirent plus de profit de la culture que
de la chasse, et leurs mœurs sont moins exposées à se corrompre que dans
ces expéditions où ils se trouvaient mêlés à toutes sortes de gens
grossiers. Les tribus chrétiennes conservent encore ce qu’ils appellent
la petite chasse, c’est-à-dire la chasse au cerf et au chevreuil dans
leurs forêts. Cette chasse se fait toujours par des gens de la même
tribu et généralement après les fêtes de Noël, lorsqu’ils reviennent de
la Mission. Ceux qui veulent y prendre part, se réunissent entre eux et
choisissent un chef, lequel autrefois devait être inspiré du grand
Sunmesch (grand Esprit). Celui-ci fixe le jour du départ et le lieu du
rassemblement où se rendent tous les chasseurs avec leurs familles et
leurs bêtes de somme. Le premier soir, ils tiennent conseil et le chef,
après avoir pris l’avis de tous, assigne à chacun son office et le poste
qu’il doit occuper parmi les chasseurs rangés en cercle: ce cercle est
d’autant plus grand qu’il y a plus de chasseurs: ainsi, pour quarante
hommes, il a de quatre à cinq milles de circonférence.
Dès avant l’aube, un des chasseurs, désigné par le chef, suspend à des
pieux, dans un des secteurs du cercle, des peaux de cerf à moitié
brûlées, à 70 ou 100 pas de distance l’une de l’autre; les chasseurs
s’embusquent dans les trois autres secteurs, à 200 pas l’un de l’autre.
Le cerf, qui veut sortir de l’enceinte, sent l’odeur des peaux brûlées
et fuit vers le chasseur; aussitôt qu’il l’aperçoit, il revient en
arrière; alors les chasseurs, sur un signal donné, s’avancent de
conserve, rabattent les cerfs vers le centre, et quand ils en ont réuni
un grand troupeau, ils en font à coups de fusil un véritable massacre.
Ainsi, dans une seule journée de l’année passée, les chasseurs Spokanes
en ont tué plus d’une centaine. A la tombée de la nuit, ils retournent
au camp, mourant de faim et brisés de fatigue, n’ayant rien mangé depuis
le matin, et ils s’étendent sur leurs peaux de buffalos. Les femmes
allument du feu pour réchauffer les chasseurs et préparer leur repas. Le
lendemain ils s’en vont chercher les cerfs tués, les rapportent au camp
où on les distribue de la manière suivante: la peau, les pieds et la
partie antérieure de l’animal reviennent à celui qui l’a tué; la tête au
chasseur qui était le plus rapproché de lui; les épaules et les jambes,
à la communauté.
Et voilà toute une tribu en fête!
FIN.
TABLE DES MATIÈRES
PRÉFACE 7
PREMIÈRE PARTIE.
Six ans aux Montagnes Rocheuses 9
CHAPITRE I.--Le Voyage 11
CHAPITRE II.--Spokane et les Indiens 33
CHAPITRE III.--Une Paroisse américaine, Frenchtown, ou «la
Ville Française» 65
CHAPITRE IV.--Une Paroisse américaine (suite) 95
CHAPITRE V.--Seattle, ou la Reine du Pacifique 127
SECONDE PARTIE.
Monographies Indiennes.
CHAPITRE I.--Une tribu païenne: les Pieds-Noirs
La nation des Pieds-Noirs 137
Les premiers chevaux 141
Mode d’élection des chefs 144
La civilisation chez les sauvages 148
La médecine des sauvages et autres causes de
destruction 154
L’homme de médecine chez les Corbeaux 155
L’eau-de-vie 163
Extinction de la race 165
Le massacre des Pieds-Noirs par les troupes du
colonel Baker 166
Sépultures indiennes 167
Enterrés vivants 171
Vieux Pharisien et femmes scalpées 172
La chevelure d’un Corbeau 174
Le sacrifice au Soleil ou la loge de médecine 175
Mythologie de la loge de médecine 179
Le Napi ou le Vieux des Pieds-Noirs 182
Une pipe vendue pour trente chevaux 186
Prière d’un sauvage 188
Le Barbier indien 189
Une histoire d’ours 190
Histoire d’un serpent 194
Serpents à sonnettes 195
Le climat du pays des Pieds Noirs 197
CHAPITRE II.--Une tribu chrétienne: les Cœurs d’Alène
La tribu des Cœurs d’Alène 201
Conversion des Cœurs d’Alène 204
Douceur chrétienne des Cœurs d’Alène 208
Civilisation des Cœurs d’Alène 212
Piété des Cœurs d’Alène 213
Éducation de la jeunesse chez les Cœurs d’Alène 215
Arrivée d’un missionnaire chez les Cœurs d’Alène 216
Les fêtes religieuses chez les Cœurs d’Alène 222
Le gouvernement et la Réserve des Cœurs d’Alène 229
APPENDICE.--La Chasse 233
Imprimé par Desclée, De Brouwer et Cie., Lille--Paris--Bruges.
NOTES:
[A] En Juillet 1911, des fêtes commémoratives de ce _baptême_ furent
célébrées à Saint-Dié, sous la présidence du ministre français des
colonies et de l’ambassadeur des Etats-Unis, à Paris, M. Bacon.
[B] Une nouvelle cathédrale est en construction.
[C] Un savant anglais, Charles-G. Leland, a publié une étude sur ce
sujet. Voir _La Dépêche_ de Lille, 10 octobre 1911.
[D] Le Montana est aujourd’hui divisé en deux diocèses: celui d’Héléna,
et celui de Great-Falls.
[E] De Baudoncourt, _Histoire populaire du Canada_, p. 57.
[F] Le dollar vaut cinq francs.
[G] Les syndics, élus à la majorité des suffrages, forment le conseil
du curé. Il n’y a pas d’autres représentants de l’autorité dans la
paroisse. Pas de maire, pas d’adjoints.
[H] Comparer les légendes bretonnes par rapport aux menhirs aux pierres
roulantes et au loup-garou.