_Du choix et de l’établissement du texte.--De l’orthographe
et de l’accentuation.--Des variantes.--Du sommaire._
N’ayant pas à choisir entre deux rédactions différentes, on a adopté
le texte le plus ancien, représenté, pour la continuation du premier
livre, par le ms. _B 1_ et pour la suite, à partir du § 83, par le ms.
_A 1_, ces deux mss. étant corrigés par d’autres, quand il y avait lieu.
L’orthographe des deux mss. a généralement été respectée. A partir
de la feuille 5, on a remplacé les _z_ finaux par les _s_ et les _y_
surmontés du tréma par des _ï_; à partir du § 83, l’_s_ est partout
substituée au _z_ et l’_i_ à l’_y_.
J’ai dû naturellement me conformer à la méthode d’accentuation
adoptée par M. Luce et mettre des accents graves sur des syllabes
qui demanderaient des accents aigus: _commenchièrent_ pour
_commenchiérent_; de même certains mots en _eu_ (_esleu_), comptés pour
deux syllabes dans les poésies de Froissart, auraient pu s’imprimer en
_eü_ (_esleü_).
On a relevé les variantes non pas de tous les manuscrits, comme en
principe voulait le faire M. Luce pour le premier livre, mais seulement
d’un certain nombre d’entre eux, appartenant chacun à une famille
différente. On trouvera donc régulièrement, pour la continuation,
les variantes des mss. _B 1_, _B 5_, _B 7_, _B 12_, auxquelles on
devra ajouter celles des mss. _A 2_ et _A 7_, à partir du § 83. A ces
variantes on a joint aussi celles du ms. de Breslau (= _B 20_), qui
forme le dernier état de la revision de Froissart. Quant aux autres
mss., ce n’est que dans le cas spécial où la leçon à adopter était
douteuse que leurs variantes ont été données, servant aussi parfois à
justifier le classement des manuscrits.
Le sommaire a été fait aussi court que possible, et c’est une
annotation, non pas un commentaire, que je me suis proposé d’y joindre.
En principe je n’ai donné de détails sur les personnages qu’autant
qu’ils apparaissaient pour la première fois, mais les exceptions à
cette règle sont nombreuses. J’ai surtout cherché dans le texte du
chroniqueur à contrôler et à rectifier les faits qu’il avance bien
souvent avec inexactitude.
Dans cette tâche j’ai été très heureusement aidé par mon confrère A.
Spont, qui, pendant que je me réservais les imprimés et les collections
manuscrites de la Bibliothèque nationale, dépouillait les séries des
Archives nationales et du Record Office avec une ardeur scientifique et
une intelligence pénétrante dont je ne saurais trop lui savoir gré.
Ils sont du reste nombreux ceux à qui je dois des remerciements à
l’occasion de l’édition du second livre de Froissart: M. L. Delisle
tout d’abord, qui un des premiers a songé à m’associer au travail de
M. Luce, et qui depuis, comme commissaire responsable, a bien voulu
me faire profiter de sa science et de son érudition inépuisables;
mes anciens collègues du département des mss. de la Bibliothèque
nationale, MM. Deprez, Couderc et particulièrement M. H. Moranvillé,
dont les travaux se rattachent à l’époque de Froissart; mes confrères
des Archives nationales et principalement M. H. Courteault; le Dr Max
Hippe, qui m’a fourni si obligeamment les variantes du ms. de Breslau;
miss L. T. Smith, dont l’aide m’a été précieuse pour les copies et les
collations des mss. de Londres; MM. Fenwick à Cheltenham; le Dr W. N.
du Rieu à Leide; M. Max Rooses à Anvers; M. Ouverleaux à Bruxelles; le
Dr A. Schmidt à Darmstadt; M. Freymond à Berne; M. Beaurain à Rouen;
enfin le Rev{d} Ch. Astley, et Mr. Jones, à Llandudno, à qui je suis
redevable des photographies du ms. de Mostyn Hall. Je m’en voudrais
de ne pas ajouter un nom à cette liste, celui d’un autre éditeur de
Froissart aujourd’hui disparu, M. le baron Kervyn de Lettenhove, dont
l’œuvre, tout en laissant souvent à désirer, n’en a pas moins plus
d’une fois abrégé ou dirigé mes recherches.
Paris, 15 mai 1894.