La route de Batna à Ksour nous amène bientôt au point de la

vallée qui établit le partage des eaux du Tell et du Sahara (1090

métrés d’altitude). La route se rapproche de la rivière, dont

le lit ne présente que des flaques d’eau de distance en distance,

et traverse des plaines uniformes presque entièrement incultes, où

de larges espaces sont couverts de touffes de _Retama sphærocarpa_,

d’_Artemisia Herba-alba_ et de _Santolina squarrosa_ ; dans

les champs en friche, nous retrouvons en abondance le _Delphinium

Orientale_. Sur les montagnes qui limitent la vallée à l’est,

les bois ne sont plus représentés que par des broussailles

parsemées de quelques arbres peu élevés (_Pistacia Atlantica_

et _Juniperus Phœnicea_). — Vers Ksour, la vallée s’élargit,

et, dans le voisinage du caravansérail (961 mètres d’altitude),

quelques champs de céréales, qui nous offrent le _Hohenackeria

polyodon_ et le _Valerianella stephanodon_, sont fertilisés par

des irrigations dérivées de la rivière, dans laquelle des sources

versent leurs eaux douces et abondantes. Dans des terrains en friche

auprès du caravansérail se rencontrent de nombreuses touffes de

_Peganum Harmala_ et le _Silybum eburneum_. — La route, après avoir

traversé la plaine de Ksour, s’engage dans l’un des profonds

ravins des montagnes qui bornent cette plaine vers le sud ; les

pentes argileuses et pierreuses de ces ravins encaissés n’offrent

que quelques rares buissons ; vers leur partie inférieure, dans les

points arrosés par des dérivations de la rivière, quelques champs

de céréales présentent le plus beau développement, et annoncent

la fertilité du sol, qui, pour produire de riches moissons, n’a

besoin que d’irrigations pratiquées du reste avec une certaine

habileté par les indigènes. A Nza-Ben-Messaï ou les Tamarins

(790 mètres d’altitude), les eaux de la rivière sont encore assez

abondantes, et sur les berges se rencontrent de nombreux buissons de

Lauriers-Roses et de _Tamarix Africana_, en arabe _Tarfa_, d’où

le nom d’Oued Tarfa donné au cours d’eau par les indigènes,

et le nom français attribué à la localité. Il n’y a encore aux

Tamarins d’autre construction que la maison bâtie par les soins de

l’administration pour servir de halte aux voyageurs. Sur les bords

de l’Oued Tarfa, M. le docteur Guyon a recueilli le _Lonchophora

Capiomontiana_ que nous retrouverons dans la région saharienne. La

vallée des Tamarins forme un bassin assez étendu du nord au sud,

borné à l’est et à l’ouest par des montagnes entièrement

déboisées. Quelques champs de Blé dur et d’Orge, bien arrosés,

sont déjà (25 mai) arrivés presque à maturité ; les plantes

que nous observons dans ces moissons sont encore pour la plupart

celles de la région des hauts-plateaux, et nous y retrouvons le

_Hohenackeria polyodon_, que dans notre voyage nous n’avons pas

vu au sud de cette localité.

_Liste des plantes observées dans les moissons aux environs des

Tamarins_.

Ranunculus arvensis L.

— trilobus Desf.

Ceratocephalus falcatus Pers.

Papaver hybridum L.

Rœmeria hybrida DC.

Carrichtera Vellæ DC.

Alyssum Granatense Boiss. et Reut.

*Clypeola cyclodontea Delil.

*Sisymbrium torulosum Desf.

— runcinatum Lagasc.

Moricandia arvensis DC.

Diplotaxis virgata DC. _var._ subsimplex.

Helianthemum glutinosum Pers.

— pilosum Pers.

— Niloticum Pers.

Reseda alba L.

Silene tridentata Desf.

Spergularia diandra Heldr.

Malva parviflora L.

— Ægyptiaca L.

Erodium Cicutarium L’Hérit.

Peganum Harmala L.

Medicago denticulata Willd.

— minima Lmk.

Astragalus hamosus L.

Hippocrepis scabra DC.

Paronychia argentea Lmk.

Herniaria annua Lagasc.

*Hohenackeria polyodon Coss. et DR.

Buplevrum semicompositum L.

Ammi majus L.

Thapsia Garganica L.

Daucus aureus Desf.

Scandix Pecten-Veneris L.

Torilis nodosa Gærtn.

Turgenia latifolia Hoffm.

Caucalis leptophylla L.

Crucianella patula L.

Callipeltis Cucullaria Stev.

Galium setaceum Lmk.

— tricorne With.

Valerianella discoidea Lois.

Scabiosa Monspeliensis Jacq.

Calendula arvensis L.

*Echinops spinosus L.

Onopordon macracanthum Schousb.

Centaurea pullata L.

*— Algeriensis Coss. et DR.

— Nicæensis All.

— Melitensis L.

*Microlonchus Duriæi Spath.

Filago Jussiæi Coss. et Germ.

Micropus bombycinus Lagasc.

Artemisia Herba-alba Asso.

Bellis annua L.

Anacyclus tomentosus DC.

*Pyrethrum fuscatum Willd.

Kœlpinia linearis Pall.

Hedypnois rhagadioloides L.

Podospermum laciniatum DC. _var._ calcitrapæfolium.

*Kalbfussia Salzmanni Schultz. Bip.

Asterothrix Hispanica DC.

Scorzonera undulata Vahl.

Sonchus divaricatus Desf.

— oleraceus L.

Anagallis arvensis L.

Nonnea micrantha Boiss. et Reut.

Lithospermum Apulum L.

Echinospermum Vahlianum Lehm.

— patulum Lehm.

Salvia Verbenaca L.

Plantago albicans L.

— Psyllium L.

Beta vulgaris L.

Chenopodium Vulvaria L.

Euphorbia falcata L.

— exigua L.

— sulcata De Lens.

Alopecurus pratensis L. _var._ ventricosus. — Lieux frais.

Echinaria capitata Desf.

Dactylis glomerata L.

Schismus calycinus Coss. et DR.

Festuca rigida Kunth.

Bromus Madritensis L.

Brachypodium distachyum Rœm. et Sch.

Elymus crinitus Schreb.

Hordeum murinum L.

Triticum Orientale M. Bieb.

Ægilops ovata _var._ triaristata. L.

Les lieux incultes nous présentent déjà quelques-unes des

espèces que nous retrouverons dans la région saharienne, entre

autres les : _Atractylis microcephala_, _Anabasis articulata_,

_Herniaria fruticosa_, _Astragalus tenuifolius_, _Echium humile_,

etc. — La présence de ces espèces sahariennes s’explique

par une moindre altitude, par la présence de terrains salés, et

surtout par l’action du vent du sud qui fait déjà sentir là sa

puissante influence.

_Liste des plantes observées dans les terrains incultes aux environs

des Tamarins_.

Peganum Harmala L.

*Genista microcephala Coss. et DR.

*Anthyllis Numidica Coss. et DR.

*Astragalus tenuifolius Desf.

Minuartia montana Lœfl.

Pteranthus echinatus Desf.

*Paronychia Cossoniana J. Gay.

Polycarpon Bivonæ J. Gay.

Herniaria fruticosa L.

Aizoon Hispanicum L.

Centaurea Parlatoris Heldr.

*Atractylis microcephala Coss. et DR.

*— cæspitosa Desf.

Artemisia Herba-alba Asso.

Sonchus spinosus DC.

Echium humile Desf.

Thymus hirtus Willd.

Globularia Alypum L.

Anabasis articulata Moq. Tand.

Atriplex Halimus L.

— parvifolia Lowe.

Salsola vermiculata L.

Passerina hirsuta L.

Stipa parviflora Desf.

— gigantea Lagasc.

— barbata Desf.

Dactylis glomerata L.

Festuca tenuiflora Schrad.

— cynosuroides Desf.

Lepturus incurvatus Trin.

Des ruines indiquent que les Tamarins furent jadis un poste occupé

par les Romains. — La route s’éloigne bientôt du cours de

l’Oued Tarfa pour se rapprocher de l’Oued Fedâla, quelle traverse

et longe ensuite pour descendre dans le ravin creusé par le lit de

cette rivière ; ce ravin est encaissé entre les pentes argileuses

et pierreuses des Djebel Tilatou et Madou, et ses pentes présentent

de nombreuses touffes de _Retama sphærocarpa_ et de _Passerina

hirsuta_. A l’extrémité du Djebel Tilatou, l’étendue occupée

par des ruines romaines dans un élargissement de la vallée montre

toute l’importance qu’avaient les établissements romains dans

cette partie du pays. Quelques champs de céréales cultivés par les

indigènes promettent, grâce à l’irrigation, d’assez belles

récoltes. Plus loin, nous traversons l’Oued Fedâla et l’Oued

Ksour vers leur confluent, et nous suivons l’Oued El-Kantara,

réunion de ces deux cours d’eau, et encaissé entre des montagnes

escarpées ; au nord-ouest s’élève le Djebel Metlili constitué

par d’énormes blocs de rochers, dont les assises, souvent

régulières et verticales, apparaissent de loin comme une muraille

immense ; au sud-est le Djebel El-Gaous moins élevé, à pentes

moins escarpées, est formé de blocs jetés sans ordre, et dont un

grand nombre se sont éboulés dans la vallée. Dans tous les points

où la rivière a déposé une épaisse couche de terre végétale,

les indigènes ont cultivé le sol, et arrosent leurs moissons par des

travaux d’irrigation exécutés avec intelligence, et qui n’ont

besoin que de quelques perfectionnements. Ces atterrissements nous

présentent déjà plusieurs des espèces que nous retrouverons dans

les endroits arrosés de la région saharienne :

*Lonchophora Capiomontiana DR.

Diplotaxis pendula DC.

*Hedysarum carnosum Desf.

*Paronychia Cossoniana J. Gay.

Galium setaceum L.

Callipeltis Cucullaria Stev.

Pulicaria Arabica Cass.

Asteriscus pygmæus Coss. et DR.

Là nous rencontrons également le _Cordylocarpus muricatus_,

que, dans la province d’Oran, nous n’avions pas vu dépasser

les limites du Tell. — Les montagnes resserrent de plus en

plus l’étroite vallée que nous venons de suivre, et bientôt

nous arrivons au pied de la muraille de rochers gigantesques qui

semblent fermer l’accès de la région saharienne ; ce n’est

qu’après avoir contourné une dernière colline que l’on

voit apparaître l’étroite brèche creusée par le torrent,

et formant l’entrée du célèbre défilé d’El-Kantara : à

droite et à gauche s’élèvent perpendiculairement les rochers de

l’immense massif qui paraissaient devoir nous barrer le passage. La

profondeur du ravin, ses nombreuses sinuosités, le bruit des eaux,

tout concourt à impressionner vivement le voyageur dans ce site

grandiose et sauvage. Un magnifique pont d’une seule arche,

construit par les Romains, traverse le torrent dont la route suit

tous les contours. Quelques Dattiers qui croissent sur les bords

du torrent annoncent seuls l’approche de la première oasis,

dérobée aux regards par les détours du défilé. Encore quelques

pas, et le Sahara nous apparaîtra dans son austère majesté. —

Il est impossible de dépeindre la magnificence du vaste panorama qui

se déroule à nos regards : les cimes majestueuses des innombrables

Dattiers de l’oasis se détachent, au soleil couchant, par leur vert

foncé, sur la teinte rougeâtre qui semble embraser l’horizon ; les

murs de terre qui forment la ceinture de l’oasis, les tours carrées

dont elle est flanquée, et les maisons qui composent les villages

arabes, forment par leur teinte grisâtre un saisissant contraste. La

plaine apparaît dans toute son étendue, et des montagnes au sol

rougeâtre semblent dans le lointain se confondre avec le ciel. Tout,

jusqu’au costume sévère et primitif des indigènes, concourt à

donner à ce tableau un caractère de grandeur et d’étrangeté

qu’il nous faut renoncer à décrire.

_Liste des plantes observées sur les rochers du défilé

d’El-Kantara_.

Diplotaxis pendula DC.

Lavatera maritima Gouan.

Genista ramosissima Poir.

Ononis angustissima Lmk.

*Anthyllis tragacanthoides Desf.

*Deverra scoparia Coss. et DR.

Galium erectum Huds.

*— petræum Coss. et DR.

Centaurea Parlatoris Heldr.

Lavandula multifida L.

*Stachys Guyoniana de Noé.

Ballota hirsuta Benth.

RÉGION SAHARIENNE.

L’oasis d’El-Kantara, à 35° 16′ de latitude boréale, à 534

mètres d’altitude d’après M. Fournel (environ 550 d’après

nos observations barométriques), est située comme les autres oasis

des Ziban au delà de la chaîne des montagnes qui séparent le

Tell du Sahara ; cette oasis s’étend parallèlement au cours de

la rivière, dont les eaux abondantes et douces, par d’importants

travaux d’irrigation, fertilisent toutes les cultures. — Un vaste

caravansérail, construit, par les soins de l’administration,

sur le bord de la rivière opposé à l’oasis, indique seul la

domination française. — L’oasis d’El-Kantara ne compte pas

moins de 76,200 Dattiers et de 8,552 arbres fruitiers, soumis à un

impôt annuel uniforme de 20 centimes. Les plantations de Dattiers

et d’arbres fruitiers qui, de loin, présentaient l’aspect

d’une forêt, sont divisées en jardins par des murs en terre peu

élevés qui les entourent. Ces jardins ne contiennent souvent que

quelques arbres habituellement plantés sans ordre ; d’étroits

canaux d’irrigation (_saguia_) creusés dans le sol servent à

l’arrosement des arbres et des cultures ; ces canaux mettent en

communication entre eux les bassins peu profonds qui entourent

chaque pied de Dattier, et permettent aux divers propriétaires

d’arroser leurs cultures avec facilité toutes les fois que la

sécheresse du sol le nécessite. A l’ombre des Dattiers sont

plantes des Abricotiers, des Figuiers, des Grenadiers, quelques

ceps de Vigne et quelques Pêchers. Les jardins offrent, en outre,

quelques Cédratiers, et la circonférence du tronc de l’un de

ces arbres mesurait près de 80 centimètres. Le Blé, l’Orge, les

Oignons, les Fèves occupent les vides laissés par les plantations,

et croissent vigoureusement grâce à l’ombrage que leur prêtent

les arbres en les garantissant de l’influence des vents du sud,

et en maintenant dans l’atmosphère la fraîcheur nécessaire à

leur développement. — Un habitant du village le plus rapproché

du caravansérail, et qui avait reçu, sans doute, quelques leçons

de culture au jardin d’acclimatation de Beni-Mora, nous a montré

avec complaisance les plantations de Riz de ses _saguia_, les

quelques ares de Coton qu’il venait d’ensemencer, et surtout

les arbres fruitiers de son jardin, qui, par les soins qu’il leur

avait donnés, se distinguaient déjà de ceux du voisinage. — Les

plantes spontanées qui se rencontrent dans les cultures de l’oasis

appartiennent, pour la plupart, à la végétation européenne, et

nous verrons qu’il en sera de même pour les autres oasis[18]. —

Le lit de l’Oued El-Kantara présente de nombreuses touffes de

Lauriers-Rose et de _Tamarix Gallica_, entre lesquelles coulent les

eaux de la rivière ; sur les parties nues des berges argileuses

croissent en grande abondance un _Deverra_, le magnifique _Reseda

Aucheri_, et d’autres plantes de la région saharienne. — Des

clôtures récentes annoncent l’agrandissement que tend à prendre

l’oasis, et dans les jardins qu’elles entourent sont cultivés

le Blé et l’Oignon au pied de Dattiers de récente plantation.

L’immense plaine argilo-calcaire d’El-Kantara, bordée au sud de

montagnes rocailleuses et nues (Djebel Kteuf), est, en général,

d’une extrême aridité ; le _Peganum Harmala_, l’_Anabasis

articulata_, et l’_Artemisia Herba-alba_, si commun dans les

terrains analogues des hauts-plateaux, y couvrent de larges espaces ;

on y rencontre çà et là de rares touffes de _Zizyphus Lotus_. A

l’extrémité de cette plaine la route traverse plusieurs fois le

lit de l’Oued El-Kantara, et s’engage entre des collines nues

et coupées par de nombreux ravins.

_Liste des plantes observées aux environs d’El-Kantara_.

Ranunculus arvensis L.

Nigella sativa L.

Delphinium cardiopetalum DC.

Papaver Rhœas L.

*Lonchophora Capiomontiana DR.

*Nasturtium coronopifolium DC.

Sisymbrium runcinatum Lagasc.

— erysimoides Desf.

Moricandia arvensis DC.

Diplotaxis pendula DC.

— virgata DC.

Eruca sativa Lmk.

Carrichtera Vellæ DC.

Cleome Arabica L.

Reseda Phyteuma L.

— Aucheri Boiss.

Buffonia perennis Pourr.

Spergularia diandra Heldr.

Hypericum tomentosum L.

Erodium guttatum Willd.

Fagonia glutinosa Delile.

Peganum Harmala L.

Zizyphus Lotus L.

Ononis angustissima Lmk.

— brachycarpa DC.

Anthyllis tragacanthoides Desf.

Astragalus sesameus L.

*— geniculatus Desf.

*Hedysarum carnosum Desf.

Herniaria annua Lagasc.

— fruticosa L.

*Paronychia Cossoniana J. Gay.

— argentea Lmk.

Polycarpon tetraphyllum L. f.

— Bivonæ J. Gay.

Minuartia montana Lœfl.

Pteranthus echinatus Desf.

Eryngium ilicifolium Lmk.

Ammi Visnaga Lmk.

Torilis nodosa Gærtn.

Sherardia arvensis L.

Crucianella patula L.

Galium saccharatum L.

— setaceum Lmk.

Callipeltis Cucullaria Stev.

Scabiosa Monspeliensis Jacq.

Micropus supinus L.

Pulicaria Arabica Cass.

Asteriscus aquaticus DC.

— pygmæus Coss. et DR.

Pallenis spinosa Cass.

Anacyclus tomentosus DC.

Artemisia Herba-alba Asso.

Filago Jussiæi Coss. et Germ.

Xeranthemum inapertum Willd.

*Carlina involucrata Desf.

*Atractylis microcephala Coss. et DR.

Centaurea Melitensis L.

— Nicæensis All.

— sulphurea Willd.

*Centaurea Algeriensis Coss. et DR.

— Calcitrapa L.

Kentrophyllum lanatum DC.

*Carduncellus calvus Boiss. et Reut.

*Silybum eburneum Coss. et DR.

Onopordon macracanthum Schousb.

Pycnomon Acarna Cass.

Scolymus Hispanicus L.

Hedypnois rhagadioloides L.

*Kalbfussia Salzmanni Schultz Bip.

Sonchus divaricatus Desf.

— maritimus L.

— spinosus DC.

Anagallis arvensis L.

Nerium Oleander L.

*Echium humile Desf.

Echinospermum Vahlianum Lehm.

Cynoglossum pictum Ait.

Lycium Mediterraneum Dun.

Verbascum sinuatum L.

*Linaria fruticosa Desf.

Veronica Anagallis L.

Mentha rotundifolia L.

— sylvestris L.

— Pulegium L.

Thymus hirtus Willd.

Salvia lanigera Desf.

— Ægyptiaca L.

Marrubium Alysson L.

Teucrium Polium L.

*Plantago Syrtica Viv.

— Lagopus L.

— Coronopus L.

— Psyllium L.

Beta vulgaris L. _var._ macrocarpa.

Blitum virgatum L. _var._ minus Vahl.

Salsola vermiculata L.

Anabasis articulata Moq.-Tand.

Passerina hirsuta L.

Euphorbia falcata L.

*— glebulosa Coss. et DR.

Ephedra fragilis Desf.

Juncus bufonius L.

Piptatherum miliaceum Coss.

Stipa parviflora Desf.

Agrostis verticillata Vill.

Echinaria capitata Desf.

Melica ciliata L.

Kœleria villosa Pers.

— phleoides Pers.

Dactylis glomerata L.

Lamarckia aurea Mœnch.

Festuca rigida Kunth.

Bromus Madritensis L.

Lolium perenne L. _var._ rigidum.

Hordeum murinum L.

Ægilops ovata L.

Imperata cylindrica P. B.

Andropogon hirtus L.

— laniger Desf.

Equisetum ramosissimum Desf.

A quelques kilomètres plus au sud, à 6 kilomètres nord-ouest

d’El-Outaïa, existe une fontaine chaude, que les indigènes

connaissent sous le nom de Hammam-Sid-el-Hadj (Bain du Pèlerin) ; son

vaste bassin est alimenté par plusieurs sources, dont la principale

atteint une température de plus de 40 degrés. Des débris de

constructions romaines se rencontrent dans le voisinage de cette

source que nous n’avons pas pu visiter. Les eaux de la fontaine du

Hammam contiennent une certaine quantité de matières salines, où

dominent le sulfate de chaux et le sel marin. M. Guyon (_Voyage aux

Ziban_), auquel nous avons emprunté les détails qui précèdent,

signale aux environs du Hammam le _Lonchophora Capiomontiana_,

et dans les lieux arides voisins le _Statice pruinosa_.

Un unique pied de Dattier, seul vestige d’une oasis détruite

par Salah-Bey, l’un des derniers beys de Constantine, nous

annonce le voisinage du caravansérail d’El-Outaïa (256 mètres

d’altitude). Dans les environs du caravansérail et du village

arabe campent quelques douars, dont les troupeaux paissent dans les

maigres pâturages de ce sol aride et déjà brûlé par le soleil

(27 mai), en attendant le jour peu éloigné de leur migration

dans le Tell. Quelques jardins où dominent le Figuier et le

Grenadier se trouvent dans le voisinage immédiat du village. —

Une herborisation dans le lit de l’Oued El-Kantara, et à la base

de la Montagne-de-sel (Djebel Mélah), nous présente la plupart

des espèces sociales caractéristiques de la région saharienne,

entre autres les _Limoniastrum Guyonianum_, _Statice pruinosa_,

_Linaria fruticosa_, _Sonchus quercifolius_, etc.

_Liste des plantes observées près d’El-Outaïa dans le lit de

l’Oued El-Kantara et à la base de la Montagne-de-sel_.

*Lonchophora Capiomontiana DR.

*Nasturtium coronopifolium DC.

Sisymbrium runcinatum Lagasc.

*— cinereum Desf.

*— torulosum Desf.

Moricandia arvensis DC.

*— teretifolia DC.

Diplotaxis pendula DC.

Cleome Arabica L.

Helianthemum sessiliflorum Pers.

Reseda eremophila Boiss.

— Aucheri Boiss.

Erodium glaucophyllum Ait.

— guttatum Willd.

Fagonia glutinosa Delile.

Ononis angustissima Lmk.

— Columnæ All.

*Ebenus pinnatus Desf.

Cucumis Colocynthis L.

Ecbalium Elaterium Rich.

Herniaria fruticosa L.

*Paronychia Cossoniana J. Gay.

— nivea DC.

Polycarpæa fragilis Delile.

Polycarpon tetraphyllum L.

Pteranthus echinatus Desf.

*Reaumuria stenophylla Jaub. et Spach.

Eryngium ilicifolium Lmk.

Ammi Visnaga Lmk.

*Deverra chlorantha Coss. et DR.

Ridolfia segetum Moris.

Daucus pubescens Koch.

— aureus Desf.

Calendula arvensis L.

*Echinops spinosus L.

*Atractylis microcephala Coss. et DR.

Centaurea Parlatoris Heldr.

— Calcitrapa L.

*— omphalotricha Coss. et DR.

*Nolletia chrysocomoides Cass. (Conyza pulicarioides Coss. et

DR. olim).

Asteriscus pygmæus Coss. et DR.

*Pyrethrum fuscatum Willd.

Artemisia Herba-alba Asso.

Scolymus Hispanicus L.

Hedypnois rhagadioloides L.

Zollikoferia resedifolia Coss.

*Sonchus quercifolius Desf.

Andryala Ragusina L.

Coris Monspeliensis L.

Dœmia cordata R. Br.

Convolvulus althæoides L.

*Echium humile Desf.

*Arnebia Vivianii Coss. et DR.

Echinospermum Vahlianum Lehm.

*Linaria fruticosa Desf.

Thymus hirtus Willd.

Salvia lanigera Desf.

*— Jaminiana de Noé.

Marrubium Alysson L.

Statice Thouini Viv.

— pruinosa L.

*Limoniastrum Guyonianum DR.

Plantago Coronopus L.

— Psyllium L.

Atriplex Halimus L.

Echinopsilon muricatus Moq.-Tand.

Caroxylon articulatum Moq.-Tand.

Rumex roseus Campd.

— vesicarius L.

Passerina hirsuta L.

*— microphylla Coss. et DR.

*Euphorbia glebulosa Coss. et DR.

Zannichellia macrostemon J. Gay.

Asphodelus ramosus L.

Imperata cylindrica P. B.

Andropogon laniger Desf.

Stipa tortilis Desf.

Arthratherum plumosum Nees.

Cynodon Dactylon L.

Schismus calycinus Coss. et DR.

Festuca rigida Kunth.

Brachypodium distachyum Rœm. et Sch.

Ægilops ovata L.

— — _var._ triaristata.

Le sol de la Montagne-de-sel (Djebel Mélah) est composé d’une

argile rougeâtre et de terrains calcaires mêlés de gypse, à

la surface desquels vient souvent s’effleurir le sel qui les

imprègne et qui apparaît dans le lointain comme de larges taches

blanchâtres sur les flancs de la montagne. Le Djebel Mélah doit

son nom aux bancs considérables de sel qu’il renferme, et que

les habitants exploitent en grand. Le sel peut être extrait par

masses volumineuses cristallines, et à un état de pureté qui

permet, sans aucune préparation, de le livrer immédiatement à la

consommation. Les eaux des sources du Djebel Mélah sont chargées de

sel qui cristallise aux bords des ruisseaux et incruste les plantes

qui y croissent.

La plaine d’El-Outaïa présente un terrain argileux généralement

salé ; ce terrain cependant devient assez fertile sous l’influence

des irrigations, et de riches moissons d’Orge et de Blé dur

se rencontrent sur tous les points qui peuvent être arrosés par

des dérivations des eaux de la rivière. Les Arabes s’occupent

de toutes parts de la moisson (27 mai), et coupent les chaumes

à peu de distance des épis, dont ils forment des bouquets,

qu’ils se jettent de main en main pour les remettre aux femmes

qui, sur le bord du champ, en opèrent le battage au moyen de gros

bâtons. — Le lit de l’Oued El-Kantara nous offre en abondance

des buissons de _Limoniastrum Guyonianum_, dont les innombrables

fleurs, d’un rose vif, forment d’admirables panicules, qui, par

leur couleur éclatante, contrastent avec le feuillage blanchâtre

de l’arbuste. — A l’extrémité de la plaine s’élèvent des

montagnes (Djebel Bourzel) que traverse le Col-de-Sfa. Du sommet du

col, on voit se dérouler devant soi la région saharienne dans toute

son immensité, et sans autre limite que l’horizon ; les oasis de

Biskra n’y apparaissent que comme de vastes îlots de verdure,

qui se détachent par leur couleur foncée sur la teinte terne du

terrain. — Les pentes pierreuses et le ravin argileux du col ne

présentent d’autres plantes ligneuses que le _Rhus dioica_ et le

_Periploca angustifolia_, qui y forment des touffes rabougries. Là

se trouvent réunies la plupart des espèces caractéristiques des

montagnes basses et arides des environs de Biskra, entre autres

les diverses espèces d’_Arthratherum_, les _Andropogon laniger_,

_Chloris villosa_, _Farsetia linearis_, _Limoniastrum Guyonianum_,

etc. Le _Lasiopogon muscoides_ a été également observé par

M. Hénon à cette localité.

Une plaine argileuse, ondulée et nue, dont le sol est en général

imprégné de sel, s’étend jusqu’à Biskra, éloignée

d’environ 8 kilomètres ; elle est coupée de collines arides qui

disparaissent à environ un kilomètre de l’oasis ; çà et là

s’élèvent des cônes réguliers qui peuvent atteindre 15 mètres

d’élévation, et qui sont souvent tronqués au sommet ; les plantes

qui croissent sur les collines et sur ces _tumulus_, et qui sont le

plus souvent mutilées par les troupeaux, appartiennent presque toutes

à la végétation saharienne, et se présentent généralement par

touffes espacées, comme la plupart des espèces de cette région.

Diplotaxis pendula DC.

Notoceras Canariense R. Br.

Helianthemum Cahiricum Delile.

Argyrolobium uniflorum Jaub. et Sp.

Gymnarrhena micrantha Desf.

Dœmia cordata R. Br.

Passerina hirsuta L.

*— microphylla Coss. et DR.

Forskalea tenacissima L.

Gagea reticulata Rœm. et Sch.

Arthratherum, diverses espèces, etc.

Dans les dépressions du sol où l’eau a séjourné l’hiver,

on observe les :

Trigonella anguina Delile.

— Ægyptiaca Poir.

Leobordea lotoides Delile.

Cladanthus Arabicus Cass., etc.

Rapport sur un voyage botanique en Algérie, de Philippeville à Biskra et dans les Monts Aurès, entrepris en 1853 sous le patronage du Ministère de la guerre · 第 6 / 16 段