Dimanche 16 août.
Une demi-heure avant mon départ, je descends, pour ma visite d'adieu
matinal à la reine.
Mais, en bas, dans le grand salon, je trouve les demoiselles d'honneur
qui m'attendent. La reine, disent-elles, est plus malade, beaucoup plus
malade. Toutes deux ont passé la nuit à son chevet. Elle ne peut me
recevoir.
Alors, je me mets à lui écrire, tout ce que je lui aurais dit dans cette
causerie de grand adieu. Puis, je confie ma lettre aux deux jeunes
filles, et une gondole m'emmène à la gare.
Déjà monté dans le wagon qui doit m'emporter à Gênes, je vois venir, le
front en sueur, un _faquino_ qui avait couru après moi; il me remet une
enveloppe grise au timbre royal, et j'en retire un feuillet crayonné:
_Je puis à peine écrire, étant plus mal et tout à fait au lit._
_Votre enthousiasme, au contraire, nous a fait tant de bien! Mais
j'aurais voulu reprendre l'altercation plus calmement. Vous n'auriez pas
eu d'effroi, et vous auriez vu combien le christianisme est encore chaud
et fort en nous, et nos espérances vastes et larges. Ne craignez pas de
petitesses dans votre cercle de fervents!_