Ce fut une exploration vraiment remarquable et utile que celle dont le
capitaine Cottes fit le récit, récemment, à la Société de Géographie de
Paris, et dont il fut le héros.
En termes précis, le jeune capitaine a raconté les impressions de son
long voyage de Hanoï, capitale du Tonkin, à Saigon, capitale de la
Cochinchine, par une voie qu'empruntent bien rarement les voyageurs: la
frontière de Chine, le Haut-Mékong, entrevu jusqu'ici par de rares
explorateurs, la chaîne annamite, aux versants abrupts du côté de la mer
de Chine, étalés en plateaux et terrasses boisés vers le bassin du
Mékong;--au total, un parcours de 4.000 kilomètres, pour le moins, dont
2.528 en pays inconnu.
Peu de voyageurs ont rencontré plus de difficultés. Si l'on pense que
cet énorme itinéraire a été parcouru par le capitaine Cottes, tantôt à
pied, tantôt à dos d'éléphant, en moins de neuf mois (janvier-septembre
1903), on jugera de la bravoure persévérante dont l'explorateur a dû
donner des preuves quotidiennes. C'est surtout sur les plateaux qu'il
parcourut entre Klam-Klent, près du Haut-Mékong, et le seuil
d'Aï-Lao,--où passera probablement la voie ferrée de Hué au
Mékong,--puis sur les plateaux habités par des peuplades inhospitalières
et qui couvrent les confins de l'Annam et de la Cochinchine, que le
capitaine dut faire des prodiges pour que son voyage conservât jusqu'à
la fin le caractère d'une exploration pacifique. Ces régions, en effet,
sont habitées par des peuplades thaï, aborigènes, encore presque
complètement sauvages.
Mais peu de voyageurs auront accompli une oeuvre plus utile, car nous
possédons maintenant, sur les frontières de l'Indo-Chine française, les
renseignements précis et abondants qui nous faisaient défaut.
[Illustration: Le capitaine Cottes.--_Phot. Massip._]
[Illustration: SUR LA FRONTIÈRE INDO-CHINOISE.--La caravane du capitaine
Cottes.]
[Illustration: L'INAUGURATION DU MÉTRO, par Henriot.]
[Note du transcripteur: Les suppléments mentionnés dans cette édition
n'étaient inclus dans notre document source.]