De nombreux statisticiens, aux Etats-Unis, ont été tentés par le
problème de la natalité dans les classes cultivées. La culture intensive
du cerveau est-elle compatible avec l'énergie de la force reproductive?
Ou, au contraire, y a-t-il incompatibilité entre ces deux termes et les
familles intellectuelles sont-elles condamnées à une rapide disparition?
La question est des plus intéressantes, au point de vue pratique, comme
au point de vue de la biologie générale.
D'après les documents réunis par une revue américaine, les familles
d'universitaires, au moins aux Etats-Unis, s'éteindraient très
rapidement: 100 diplômés ne donneraient à la seconde génération que 68
garçons et 30 seulement à la troisième.
Pour les femmes diplômées, le mal serait encore plus grand. Et d'abord,
ces dames se marient peu (55% au lieu de 80 dans la population féminine
totale); puis un tiers d'entre elles restent stériles, ce qui est le
double exactement de la proportion générale; enfin la fécondité moyenne
de celles qui sont devenues mères est de 3, chiffre de fécondité des
diplômés masculins.
Dans ces conditions, il est facile de calculer que l'extinction des
familles de diplômés doit se faire environ en cinq générations.
A noter qu'aux Etats-Unis, le nombre des femmes s'adonnant aux études
intellectuelles a passé, en douze ans, de 10.000 à 28.000.
Ainsi la culture intellectuelle intensive doit être regardée comme
anormale, contraire à une saine physiologie; la nature ne s'en accommode
pas et ne se soucie pas d'en propager les organes par l'hérédité.
Et s'il en était autrement, depuis longtemps sans doute, on aurait vu se
développer des races intellectuelles; tandis qu'en réalité les enfants
des savants sont le plus souvent d'intelligence très ordinaire et que
les intelligences supérieures sortent de milieux très ordinaires.