On connaît le procédé populaire de destruction des vipères, procédé qui
a encore quelque vogue et qui consiste à mettre à la portée des reptiles
du lait additionné de strychnine.
Outre que ce procédé n'est pas exempt de danger--pour d'autres animaux
que les vipères--il est tout à fait illusoire pour celles-ci. En effet,
ainsi que l'a fait remarquer M. Bouvier à la Société d'agriculture, les
reptiles sont de francs carnassiers, qui se nourrissent de proies
vivantes: souris, musaraignes, lézards, oiseaux, insectes, et il serait
étonnant qu'ils eussent un penchant marqué pour un liquide dont ils ne
font jamais usage quand ils sont en liberté.
Les histoires des mammifères tétés par des serpents sont de pures
légendes.
Pour se débarrasser des vipères, les meilleurs moyens consistent, soit à
recourir à la destruction directe, soit à élever, dans les enclos
particulièrement infestés, des pintades et des dindons, et surtout des
hérissons qui font aux reptiles une guerre acharnée et qu'il faut se
garder de détruire.
Il faudrait aussi encourager les chasseurs de serpents en leur allouant
une prime; car c'est à la suppression de ces primes par certains
conseils généraux qu'il faut attribuer la fréquence des accidents causés
par les vipères depuis quelques années.