LA GUERRE RUSSO-JAPONAISE

En Mandchourie, il semble que les deux armées soient de nouveau à la

veille d'une grande bataille.

L'armée japonaise de droite commandée par Kuroki, a commencé, dès les

premiers jours de février, un mouvement de large envergure contre la

gauche russe. Partie de Tsian-Chan, sur le haut Taï-Tsé-Ho, elle avait,

par des chemins de montagne, gagné les abords de la crête des monts

Ta-Ling. Les Japonais occupaient Ta-Pin-Dou-Chan le 19; le 23, ils

attaquaient la colline Berenevsk, défendue par le détachement russe de

Tsin-Ho-Tchen, et forçaient, le lendemain, ce détachement à évacuer la

position; le combat avait été acharné. Le 25, ils se portaient en forces

sur Tsin-Ho-Tchen, par la passe de Tan-Tsi-Ling, et l'occupaient

également; les Russes avaient à ce combat de nombreux tués et 300

blessés. Les Japonais poussaient immédiatement leur avantage et se

rapprochaient des défilés occupés par la gauche russe. Suivant les

dernières informations, ils auraient occupé le col de Ta-Ling. Ce

mouvement rappelle les manoeuvres familières au général Kuroki,

notamment son mouvement tournant à Liao-Yang. S'il réussissait cette

fois encore, il contraindrait l'armée russe à abandonner ses positions

et à se replier au nord de Moukden.

Les captures de navires neutres, chargés de contrebande de guerre, se

multiplient, dans les parages septentrionaux de la mer du Japon et dans

les détroits voisins. Le blocus de Vladivostok peut être considéré comme

effectif.

La troisième escadre russe du Pacifique, composée de sept unités et de

deux transports charbonniers, est passée, le 26, devant Cherbourg.

A Tokio, le gouvernement aurait décidé de contracter un quatrième

emprunt intérieur de 100 millions de _yen_.

L'Illustration, No. 3236, 4 Mars 1905 · 第 9 / 33 题