De singuliers appareils ont été récemment imaginés, en Amérique, qui
sont déjà employés dans les vallées de la côte du Pacifique et qui
serviront bientôt en Chine aussi. Ce sont des sortes de navires pour
l'extraction de l'or: des extracteurs d'or flottants. Ces navires
tiennent de l'arche et de la drague. Ils sont faits pour exploiter la
terre et les sables du fond et des rivages des rivières. Munis de
baquets, portés par une chaîne sans fin, qui vont se remplir de sable et
de terre au fond de l'eau ou sur ses bords, munis aussi d'appareils qui
brisent la roche et ameublissent le sol, ces navires sont
essentiellement des laboratoires très perfectionnés pour l'extraction
des parcelles d'or. La terre rapportée du fond de la rivière est
abondamment lavée: le métal précieux est retenu par des tamis fins ou
absorbé par du mercure On estime que le navire extracteur ne perd pas un
dixième d'un pour cent de l'or que renferment les terres traitées par
lui. Il peut «retravailler» avec profit les amas de terre des anciens
_placer_. La dépense pour la manipulation des terres ne dépasse pas 20
ou 25 centimes par tonne. Mais les frais de première installation sont
élevés: un navire laveur d'or coûte de 250.000 à 300.000 francs. Il y a
actuellement déjà une centaine de laveurs d'or de ce genre qui, se
promenant le long des berges des rivières des côtes du Pacifique,
«travaillent» 40 ou 45 hectares de terre par mois, c'est-à-dire
convertissent de la terre ferme en boue, après en avoir extrait l'or.