COMPOSÉ DE 16 ARTICLES.

1. Un homme du royaume de _Jin_ interrogea _Ouo-liu-tseu_[1] en ces

termes: Est-il d'une plus grande importance d'observer les rites que de

prendre ses aliments?

Il répondit: Les rites sont d'une plus grande importance.

--Est-il d'une plus grande importance d'observer les rites que les

plaisirs du mariage?

--Les rites sont d'une plus grande importance.

--[Dans certaines circonstances] si vous ne mangez que selon les rites,

alors vous périssez de faim; et si vous ne vous conformez pas aux rites

pour prendre de la nourriture, alors vous pouvez satisfaire votre

appétit. Est-il donc nécessaire de suivre les rites?

Je suppose le cas où si un jeune homme allait lui-même au-devant de sa

fiancée[2], il ne l'obtiendrait pas pour épouse; et si, au contraire,

il n'allait pas lui-même au-devant d'elle, il l'obtiendrait pour

épouse. Serait-il obligé d'aller lui-même au-devant de sa fiancée?

_Ouo-liu-tseu_ ne put pas répondre. Le lendemain, il se rendit dans le

royaume de _Thsou_, afin de faire part de ces questions à MENG-TSEU.

MENG-TSEU dit: Quelle difficulté avez-vous donc trouvée à répondre à

ces questions?

En n'ayant pas égard à sa base, mais seulement à son sommet, vous

pouvez rendre plus élevé un morceau de bois d'un pouce carré que le

faîte de votre maison.

«L'or est plus pesant que la plume.» Pourra-t-on dire cependant qu'un

bouton d'or pèse plus qu'une voiture de plumes?

Si en prenant ce qu'il y a de plus important dans le boire et le

manger, et ce qu'il y a de moins important dans les rites, on les

compare ensemble, trouvera-t-on que le boire et le manger ne sont

seulement que d'une plus grande importance? Si, en prenant ce qu'il y

a de plus important dans les plaisirs du mariage, et ce qu'il y a de

moins important dans les rites, on les compare ensemble, trouvera-t-on

que les plaisirs du mariage ne sont seulement que d'une plus grande

importance?

Allez, et répondez à celui qui vous a interrogé par ces paroles: Si, en

rompant un bras à votre frère aîné, vous lui prenez des aliments, alors

vous aurez de quoi vous nourrir; mais si, en ne le lui rompant pas,

vous ne pouvez obtenir de lui des aliments, le lui romprez-vous?

Si en pénétrant à travers le mur dans la partie orientale[3] d'une

maison voisine, vous en enlevez la jeune fille, alors vous obtiendrez

une épouse; si vous ne l'enlevez pas, vous n'obtiendrez pas d'épouse;

alors l'enlèverez-vous?

2. _Kiao_ [frère cadet du roi] de _Thsao_ fit une question en ces

termes: Tous les hommes, dit-on, peuvent être des _Yao_ et des _Chun_;

cela est-il vrai?

MENG-TSEU dit: Il en est ainsi.

_Kiao_ dit: Moi _Kiao_, j'ai entendu dire que _Wen-wang_ avait dix

pieds de haut, et _Thang_ neuf[4]; maintenant, moi _Kiao_, j'ai une

taille de neuf pieds quatre pouces, je mange du millet, et rien de plus

[je n'ai pas d'autres talents que cela]. Comment dois-je faire pour

pouvoir être [un _Yao_ ou un _Chun_]?

MENG-TSEU dit: Pensez-vous que cela consiste dans la taille? Il faut

faire ce qu'ils ont fait, et rien de plus.

Je suppose un homme en ce lieu. Si ses forces ne peuvent pas lutter

contre celles du petit d'un canard, alors c'est un homme sans forces.

Mais s'il dit: Je puis soulever un poids de cent _Kiun_ [ou trois cents

livres chinoises], c'est un homme fort. S'il en est ainsi, alors il

soulève le poids que soulevait le fameux _Ou-hoë_; c'est aussi par

conséquent un autre _Ou-hoë_, et rien de plus. Pourquoi cet homme

s'affligerait-il de ne pas surpasser (_Yao_ et _Chun_) en forces

corporelles? c'est seulement de ne pas accomplir leurs hauts faits et

pratiquer leurs vertus qu'il devrait s'affliger.

Celui qui, marchant lentement, suit ceux qui sont plus avancés en âge,

est appelé plein de déférence; celui qui, marchant rapidement, devance

ceux qui sont plus avancés en âge, est appelé sans déférence. Une

démarche lente [pour témoigner sa déférence] dépasse-t-elle le pouvoir

de l'homme? Ce n'est pas ce qu'il ne peut pas, mais ce qu'il ne fait

pas. La principale règle de conduite de _Yao_ et de _Chun_ était la

piété filiale, la déférence envers les personnes plus âgées, et rien de

plus.

Si vous revêtez les habillements de _Yao_, si vous tenez les discours

de _Yao_, si vous pratiquez les actions de _Yao_, vous serez _Yao_, et

rien de plus.

Mais si vous revêtez les habillements de _Kie_, si vous tenez les

discours de _Kie_, si vous pratiquez les actions de _Kie_, vous serez

_Kie_, et rien de plus.

_Kiao_ dit: Si j'obtenais l'autorisation de visiter le prince de

_Thseou_, et que je pusse y prolonger mon séjour, je désirerais y vivre

et recevoir de l'instruction à votre école.

MENG-TSEU dit: La voie droite[5] est comme un grand chemin ou une

grande route. Est-il difficile de la connaître? Une cause de douleur

pour l'homme est seulement de ne pas la chercher. Si vous retournez

chez vous, et que vous la cherchiez sincèrement, vous aurez de reste un

précepteur pour vous instruire.

3. _Koung-sun-tcheou_ fit une question en ces termes: _Kao-tseu_

disait: «L'ode _Siao-pan_[6] est une pièce de vers d'un homme bien

médiocre.»

MENG-TSEU dit: Pourquoi _Kao-tseu_ s'exprime-t-il ainsi?

--Parce que celui qui parle dans cette ode éprouve un sentiment

d'indignation contre son père.

MENG-TSEU répliqua: Comme ce vieux _Kao-tseu_ a mal compris et

interprété ces vers!

Je suppose un homme en ce lieu. Si un autre homme du royaume de

_Youeï_, l'arc tendu, s'apprêtait à lui lancer sa flèche, alors moi je

m'empresserais, avec des paroles gracieuses, de l'en détourner. Il n'y

aurait pas d'autre motif à ma manière d'agir, sinon que je lui suis

étranger. Si, au contraire, mon frère aîné, l'arc tendu, s'apprêtait à

lui lancer sa flèche, alors je m'empresserais, avec des larmes et des

sanglots, de l'en détourner. Il n'y aurait pas d'autre motif à cela,

sinon que je suis lié à lui par des liens de parenté.

L'indignation témoignée dans l'ode _Siao-pan_ est une affection de

parent pour un parent. Aimer ses parents comme on doit les aimer est de

l'humanité. Que ce vieux _Kao-tseu_ a mal compris et expliqué ces vers!

_Koung-sun-tcheou_ dit: Pourquoi, dans l'ode _Kai-foung_, le même

sentiment d'indignation n'est-il pas exprimé?

MENG-TSEU dit: Dans l'ode _Kaï-foung_, la faute des parents est

très-légère; dans l'ode _Siao-pan_, la faute des parents est

très-grave. Quand les fautes des parents sont graves, si l'on n'en

éprouve pas d'indignation, c'est un signe qu'on leur devient de plus

en plus étranger. Quand les fautes des parents sont légères, si l'on

en éprouve de l'indignation, c'est un signe que l'on ne supporte pas

une légère faute. Devenir étranger à ses parents est un manque de piété

filiale; ne pas supporter une faute légère est aussi un manque de piété

filiale.

KHOUNG-TSEU disait en parlant de _Chun_: Que sa piété filiale était

grande! A l'âge de cinquante ans, il chérissait encore vivement ses

parents.

4. _Soung-kheng_[7] voulant se rendre dans le royaume de _Thsou_,

MENG-TSEU alla au-devant de lui dans la région _Che-khieou._

MENG-TSEU lui dit: Maître, où allez-vous?

_Soung-kheng_ répondit: J'ai entendu dire que les royaumes de _Thsin_

et de _Thsou_ allaient se battre. Je veux voir le roi de _Thsou_, et

lui parler pour le détourner de la guerre. Si le roi de _Thsou_ n'est

point satisfait de mes observations, j'irai voir le roi de _Thsin_, et

je l'exhorterai à ne pas faire la guerre. De ces deux rois, j'espère

qu'il y en aura un auquel mes exhortations seront agréables.

MENG-TSEU dit: Moi KHO, j'ai une grâce à vous demander; je ne désire

pas connaître dans tous ses détails le discours que vous ferez, mais

seulement le sommaire. Que lui direz-vous?

_Soung-kheng_ dit: Je lui dirai que la guerre qu'il veut faire n'est

pas profitable.

MENG-TSEU dit: Votre intention, maître, est une grande intention; mais

le motif n'en est pas admissible.

Maître, si vous parlez gain et profit aux rois de _Thsin_ et de

_Thsou_, et que les rois de _Thsin_ et de _Thsou_, prenant plaisir à

ces profits, retiennent la multitude de leurs trois armées, les soldats

de ces trois armées se réjouiront d'être retenus loin des champs de

bataille, et se complairont dans le gain et le profit.

Si celui qui est serviteur ou ministre sert son prince pour l'amour

du gain; si celui qui est fils sert son père pour l'amour du gain; si

celui qui est frère cadet sert son frère aîné pour l'amour du gain:

alors le prince et ses ministres, le père et le fils, le frère aîné

et le frère cadet, dépouillés enfin de tout sentiment d'humanité et

d'équité, n'auront des égards l'un pour l'autre que pour le seul amour

du gain. Agir ainsi, et ne pas tomber dans les plus grandes calamités,

c'est ce qui ne s'est jamais vu.

Maître, si vous parlez d'humanité et d'équité aux rois de _Thsin_ et

de _Thsou_, et que les rois de _Thsin_ et de _Thsou_, prenant plaisir

à l'humanité et à l'équité, retiennent la multitude de leurs armées,

les soldats de ces trois armées se réjouiront d'être retenus loin des

champs de bataille, et se complairont dans l'humanité et l'équité.

Si celui qui est serviteur ou ministre sert son prince pour l'amour de

l'humanité et de l'équité; si celui qui est fils sert son père pour

l'amour de l'humanité et de l'équité; si celui qui est fils cadet sert

son frère aîné pour l'amour de l'humanité et de l'équité: alors le

prince et ses ministres, le père et le fils, le frère aîné et le frère

cadet, ayant repoussé d'eux l'appât du gain, n'auront des égards l'un

pour l'autre que pour le seul amour de l'humanité et de l'équité. Agir

ainsi, et ne pas régner en souverain sur tout l'empire, c'est ce qui ne

s'est jamais vu.

Qu'est-il besoin de parler gain et profit?

5. Pendant que MENG-TSEU habitait dans le royaume de _Thseou, Ki-jin_

[frère cadet du roi de _Jin_], qui était resté à la place de son frère

pour garder le royaume de _Jin_, lui fit offrir des pièces d'étoffes de

soie [sans le visiter lui-même]. MENG-TSEU les accepta sans faire de

remercîments.

Un jour qu'il se trouvait dans la ville de _Phing-lo_ [du royaume de

_Thsi_], _Tchou-tseu_, qui était ministre, lui fit offrir des pièces

d'étoffes de soie. Il les accepta sans faire de remercîments.

Un autre jour, étant passé du royaume de _Thseou_ dans celui de _Jin_,

il alla rendre visite à _Ki-tseu_ [pour le remercier de ses présents].

Étant passé de la ville de _Phing-lo_ dans la capitale du royaume de

_Thsi_, il n'alla pas rendre visite à _Tchou-tseu_.

_Ouo-liu-tseu_, se réjouissant en lui-même, dit: Moi _Lian_, j'ai

rencontré l'occasion que je cherchais.

Il fit une question en ces termes: Maître, étant passé dans le royaume

de _Jin_, vous avez visité _Ki-tseu_; étant passé dans le royaume de

_Thsi_, vous n'avez pas visité _Tchou-tseu_; est-ce parce qu'il était

ministre?

MENG-TSEU dit: Aucunement. Le _Chou-king_[8] dit: «Lorsqu'on fait des

présents à un supérieur, on doit employer la plus grande urbanité,

la plus grande politesse possible. Si cette politesse n'est pas

équivalente aux choses offertes, on dit que l'on n'a pas fait de

présents à son supérieur. Seulement on ne les a pas présentés avec les

intentions prescrites.»

C'est parce qu'il n'a pas rempli tous les devoirs prescrits dans

l'offre des présents à des supérieurs.

_Ouo-liu-tseu_ fut satisfait. Il répondit à quelqu'un qui demandait

de nouvelles explications: _Ki-tseu_ ne pouvait pas se rendre dans le

royaume de _Thseou_[9]; Tchou-tseu pouvait se rendre dans la ville de

_Phing-lo_.

6. _Chun-yu-kouen_ dit: Placer en premier lieu la renommée de son nom

et le mérite de ses actions, c'est agir en vue des hommes: placer en

second lieu la renommée de son nom et le mérite de ses actions, c'est

agir en vue de soi-même [de la vertu seule][10]. Vous, maître, vous

avez fait partie des trois ministères supérieurs, et lorsque vous avez

vu que votre nom et le mérite de vos actions ne produisaient aucun

bien ni près du prince ni dans le peuple[11], vous avez résigné vos

fonctions. L'homme humain se conduit-il véritablement de cette manière?

MENG-TSEU dit: Celui qui, étant dans une condition inférieure, n'a pas

voulu, comme sage, servir un prince dégénéré, c'est _Pe-i_. Celui qui

cinq fois se rendit auprès de _Thang_, celui qui cinq fois se rendit

auprès de _Kie_, c'est _Y-yin_. Celui qui ne haïssait pas un prince

dépravé, qui ne refusait pas un petit emploi, c'est _Lieou-hia-hoeï._

Ces trois hommes, quoique avec une règle de conduite différente,

n'eurent qu'un seul but. Ce seul but, quel était-il? c'est celui qu'on

appelle l'humanité[12]. L'homme supérieur ou le sage est humain; et

voilà tout. Qu'a-t-il besoin de ressembler aux autres sages?

_Chun-yu-kouen_ dit: Du temps de _Mo, Koung_ de _Lou_, pendant que

_Koung-i-tseu_ avait en main toute l'administration de l'empire, que

_Tseu-lieou_ et _Tseu-sse_ étaient ministres, le royaume de _Lou_

perdit beaucoup plus de son territoire qu'auparavant. Si ces faits sont

véritables, les sages ne sont donc d'aucune utilité à un royaume?

MENG-TSEU dit: Le roi de _Yu_, n'ayant pas employé [le sage]

_Pe-li-hi_, perdit son royaume. _Mou, Koung_ de _Thsin_, l'ayant

employé, devint chef des princes vassaux. S'il n'avait pas employé des

sages dans ses conseils, alors il aurait perdu son royaume. Comment

la présence des sages dans les conseils des princes pourrait-elle

occasionner une diminution de territoire?

_Chun-yu-kouen_ dit: Lorsque autrefois _Wang-pao_ habitait près

du fleuve _Ki_, les habitants de la partie occidentale du fleuve

Jaune devinrent habiles dans l'art de chanter sur des notes basses.

Lorsque _Mian-kiu_ habitait dans le _Kao-tang_, les habitants de la

partie droite du royaume de _Thsi_ devinrent habiles dans l'art de

chanter sur des notes élevées. Les épouses de _Hoa-tcheou_ et de

_Ki-liang_[13], qui étaient habiles à déplorer la mort de leurs maris

sur un ton lugubre, changèrent les mœurs des hommes du royaume. Si

quelqu'un possède en lui-même un sentiment profond, il se produira

nécessairement à l'extérieur. Je n'ai jamais vu, moi _Kouen_, un homme

pratiquer les sentiments de vertu qu'il possède intérieurement, sans

que ses mérites soient reconnus. C'est pourquoi, lorsqu'ils ne sont

pas reconnus, c'est qu'il n'y a pas de sage[14]. S'il en existait, moi

_Kouen,_ je les connaîtrais certainement.

MENG-TSEU dit: Lorsque KHOUNG-TSEU était ministre de la justice dans

le royaume de _Lou_, le prince ne tenait aucun compte de ses conseils.

Un sacrifice eut bientôt lieu [dans le temple dédié aux ancêtres]. Le

reste des viandes offertes ne lui ayant pas été envoyé [comme l'usage

le voulait], il résigna ses fonctions, et partit sans avoir même pris

le temps d'ôter son bonnet de cérémonies. Ceux qui ne connaissaient pas

le motif de sa démission pensèrent qu'il l'avait donnée à cause de ce

qu'on ne lui avait pas envoyé les restes du sacrifice; ceux qui crurent

le connaître pensèrent que c'était à cause de l'impolitesse du prince.

Quant à KHOUNG-TSEU, il voulait se retirer sous le prétexte d'une faute

imperceptible de la part du prince; il ne voulait pas que l'on crût

qu'il s'était retiré sans cause. Quand le sage fait quelque chose, les

hommes de la foule, les hommes vulgaires n'en comprennent certainement

pas les motifs[15].

7. MENG-TSEU dit: Les cinq chefs des grands vassaux[16] furent des

hommes coupables envers les trois grands souverains[17]. Les différents

princes régnants de nos jours sont des hommes coupables envers les cinq

chefs des grands vassaux. Les premiers administrateurs de nos jours

sont des hommes coupables envers les différents princes régnants.

Les visites[18] que le fils du Ciel faisait aux différents princes

régnants s'appelaient _visites d'enquêtes [sun-cheou]_; l'hommage

que les différents princes régnants venaient rendre au fils du Ciel

s'appelait _visite de comptes-rendus [chou-tchi]_.

Au printemps, l'empereur visitait les laboureurs, et il assistait

ceux qui n'avaient pas le suffisant. En automne, il visitait ceux qui

récoltaient les fruits de la terre, et il aidait ceux qui n'avaient pas

de quoi se suffire.

Si, lorsqu'il entrait dans les confins du territoire des princes

régnants qu'il visitait, il trouvait la terre dépouillée de

broussailles; si les champs, si les campagnes étaient bien cultivés; si

les vieillards étaient entretenus sur les revenus publics, et les sages

honorés, si les hommes les plus distingués par leurs talents occupaient

les emplois publics; alors il donnait des récompenses aux princes, et

ces récompenses consistaient en un accroissement de territoire.

Mais si au contraire, en entrant sur le territoire des princes

régnants qu'il visitait, il trouvait la terre inculte et couverte de

broussailles; si ces princes négligeaient les vieillards, dédaignaient

les sages; si des exacteurs et des hommes sans probité occupaient les

emplois publics; alors il châtiait ces princes.

Si ces princes manquaient une seule fois de rendre leur visite

d'_hommage et de comptes-rendus_ à l'empereur, alors celui-ci les

faisait descendre d'un degré de leur dignité. S'ils manquaient deux

fois de rendre leur visite d'hommage à l'empereur, alors celui-ci

diminuait leur territoire. S'ils manquaient trois fois de faire leur

visite d'hommage à l'empereur, alors six corps de troupes de l'empereur

allaient les changer.

C'est pourquoi le fils du Ciel punit ou châtie les différents princes

régnants sans les combattre par les armes; les différents princes

régnants combattent par les armes, sans avoir par eux-mêmes l'autorité

de punir ou de châtier un rebelle. Les cinq princes chefs de grands

vassaux se liguèrent avec un certain nombre de princes régnants pour

combattre les autres princes régnants. C'est pourquoi je disais que

les cinq chefs des grands vassaux furent coupables envers les trois

souverains.

De ces chefs de grands vassaux c'est _Houan-koung_ qui fut le plus

puissant. Ayant convoqué à _Koueï-khieou_ les différents princes

régnants [pour former une alliance entre eux], il attacha la victime

au lieu du sacrifice, plaça sur elle le livre [qui contenait les

différents statuts du pacte fédéral], sans toutefois passer sur les

lèvres des fédérés du sang de la victime.

La première obligation était ainsi conçue: «Faites mourir les enfants

qui manqueront de piété filiale; n'ôtez pas l'hérédité au fils légitime

pour la donner à un autre; ne faites pas une épouse de votre concubine.»

La seconde obligation était ainsi conçue: «Honorez les sages [en les

élevant aux emplois et aux dignités]; donnez des traitements aux hommes

de talent et de génie; produisez au grand jour les hommes vertueux.»

La troisième obligation était ainsi conçue: «Respectez les vieillards;

chérissez les petits enfants; n'oubliez pas de donner l'hospitalité aux

hôtes et aux voyageurs.»

La quatrième obligation était ainsi conçue: «Que les lettrés n'aient

pas de charges ou magistratures héréditaire; que les devoirs de

différentes fonctions publiques ne soient pas remplis par la même

personne[19]. En choisissant un lettré pour lui confier un emploi

public, vous devez préférer celui qui a le plus de mérites; ne faites

pas mourir de votre autorité privée les premiers administrateurs des

villes.»

La cinquième obligation était ainsi conçue: «N'élevez pas des

monticules de terre dans les coins de vos champs; n'empêchez pas

la vente des fruits de la terre; ne conférez pas une principauté à

quelqu'un sans l'autorisation de l'empereur.»

_Houan-koung_ dit: «Vous tous qui avec moi venez de vous lier par un

traité, ce traité étant sanctionné par vous, emportez chacun chez vous

des sentiments de concorde et de bonne harmonie.»

Les différents princes d'aujourd'hui transgressent tous ces cinq

obligations. C'est pourquoi j'ai dit que les différents princes de nos

jours étaient coupables envers les cinq chefs des grands vassaux.

Augmenter les vices des princes [par ses adulations ou ses flatteries]

est une faute légère; aller au-devant des vices des princes [en les

encourageant par ses conseils ou ses exemples] est une faute grave.

De nos jours, les premiers administrateurs vont tous au-devant des

vices de leur prince; c'est pourquoi j'ai dit que les premiers

administrateurs de nos jours étaient coupables envers les différents

princes régnants.

8. Le prince de _Lou_ voulait faire _Chin-tseu_ son général d'armée.

MENG-TSEU dit: Se servir du peuple sans qu'on l'ait instruit auparavant

[des rites et de la justice], c'est ce qu'on appelle pousser le peuple

à sa perte. Ceux qui poussaient le peuple à sa perte n'étaient pas

tolérés par la génération de _Yao_ et de _Chun_.

En supposant que dans un seul combat vous vainquiez les troupes de

_Thsi_, et que vous occupiez _Nan-yang_ [ville de ce royaume]; dans ce

cas même, vous ne devriez pas encore agir comme vous en avez le projet.

_Chin-tseu_, changeant de couleur à ces paroles qui ne lui faisaient

pas plaisir, dit: «Voilà ce que j'ignore.»

MENG-TSEU dit: Je vous avertis très-clairement que cela ne convient

pas. Le territoire du fils du Ciel consiste en mille _li_ d'étendue

sur chaque côté. S'il n'avait pas mille _li_, il ne suffirait pas à

recevoir tous les différents princes.

Le territoire des _Tchou-heou_, ou différents princes, consiste en

cent _li_ détendue de chaque côté. S'il n'avait pas cent _li_, il ne

suffirait pas à observer les usages prescrits dans le livre des statuts

du temple dédié aux ancêtres.

_Tcheou-koung_ accepta une principauté dans le royaume de _Lou_, qui

consistait en cent _li_ d'étendue sur chaque côté. Ce territoire était

bien loin de ne pas lui suffire, quoiqu'il ne consistât qu'en cent _li_

d'étendue sur chaque côté.

_Thaï-koung_ reçut une principauté dans le royaume de _Thsi_, qui

ne consistait aussi qu'en cent _li_ d'étendue sur chaque côté. Ce

territoire était bien loin de ne pas lui suffire, quoiqu'il ne

consistât qu'en cent _li_ d'étendue sur chaque côté.

Maintenant le royaume de _Lou_ a cinq fois cent _li_ d'étendue sur

chaque côté. Pensez-vous que si un nouveau souverain apparaissait au

milieu de nous, il diminuerait l'étendue du royaume de _Lou_ ou qu'il

l'augmenterait?

Quand même on pourrait prendre [la ville de _Nan-yang_] sans coup

férir, et l'adjoindre au royaume de _Lou_, un homme humain ne le ferait

pas; à plus forte raison ne le ferait-il pas s'il fallait la prendre en

tuant des hommes.

L'homme supérieur qui sert son prince [comme il doit le servir] doit

exhorter son prince à se conformer à la droite raison, à appliquer sa

pensée à la pratique de l'humanité, et rien de plus.

9. MENG-TSEU dit: Ceux qui aujourd'hui servent les princes [leurs

ministres] disent: «Nous pouvons, pour notre prince, épuiser la

fécondité de la terre, et remplir les greniers publics.» Ce sont

ceux-là que l'on appelle aujourd'hui de bons ministres, et qu'autrefois

on appelait des spoliateurs du peuple.

Si les ministres cherchent à enrichir le prince qui n'aspire pas à

suivre la droite raison, ni à appliquer sa pensée à la pratique de

l'humanité, c'est chercher à enrichir le tyran _Kie_.

Ceux qui disent: «Nous pouvons pour notre prince faire des traités avec

des royaumes; si nous engageons une guerre, nous avons l'assurance de

vaincre:» ce sont ceux-là que l'on nomme aujourd'hui de bons ministres,

et qu'autrefois on appelait des spoliateurs des peuples.

Si les ministres cherchent à livrer des batailles pour le prince qui

n'aspire pas à suivre la droite raison, ni à appliquer sa pensée à la

pratique de l'humanité, c'est adjoindre des forces au tyran _Kie_.

Si ce prince suit la règle de conduite des ministres d'aujourd'hui, et

qu'il ne change pas les usages actuels, quand même vous lui donneriez

l'empire, il ne pourrait pas seulement le conserver un matin.

10. _Pe-koueï_ dit: Moi je désirerais, sur vingt, ne prélever qu'un.

Qu'en pensez-vous?

MENG-TSEU dit: Votre règle pour la levée de l'impôt est la règle des

barbares des régions septentrionales.

Dans un royaume de dix mille maisons, si un seul homme exerce l'art de

la poterie, pourra-t-il suffire à tous les besoins?

_Pe-koueï_ dit: Il ne le pourra pas. Les vases qu'il fabriquera ne

pourront suffire à l'usage de toutes les maisons.

MENG-TSEU dit: Chez les barbares du nord, les cinq sortes de céréales

ne croissent point; il n'y a que le millet qui y croisse. Ces barbares

n'ont ni villes fortifiées, ni palais, ni maisons, ni temples consacrés

aux ancêtres, ni cérémonies des sacrifices; ils n'ont ni pièces

d'étoffe de soie pour les princes des différents ordres, ni festins à

donner; ils n'ont pas une foule de magistrats ou d'employés de toutes

sortes à rétribuer: c'est pourquoi, en fait d'impôts ou de taxes, ils

ne prennent que le vingtième du produit, et cela suffit.

Maintenant, si le prince qui habite le royaume du milieu rejetait

tout ce qui constitue les différentes relations entre les hommes[20],

et qu'il n'eût point d'hommes distingués par leur sagesse ou leurs

lumières pour l'aider à administrer le royaume[21], comment

pourrait-il l'administrer lui seul?

S'il ne se trouve qu'un petit nombre de fabricants de poterie, le

royaume ne pourra pas ainsi subsister; à plus forte raison, s'il

manquait d'hommes distingués par leur sagesse et leurs lumières [pour

occuper les emplois publics].

Si nous voulions rendre l'impôt plus léger qu'il ne l'est d'après le

principe de _Yao_ et de _Chun_ [qui exigeaient le _dixième_ du produit],

il y aurait de grands barbares septentrionaux et de petits barbares

septentrionaux, tels que nous.

Si nous voulions rendre l'impôt plus lourd qu'il ne l'est d'après le

principe de _Yao_ et de _Chun_, il y aurait un grand tyran du peuple

nommé _Kie_, et de petits tyrans du peuple, nouveaux _Kie_, tels que

nous.

11. _Pe-koueï_ dit: Moi _Tan_, je surpasse _Yu_ dans l'art de maîtriser

et de gouverner les eaux.

MENG-TSEU dit: Vous êtes dans l'erreur. L'habileté de _Yu_ dans l'art

de maîtriser et de diriger les eaux consistait à les faire suivre leur

cours naturel et rentrer dans leur lit.

C'est pour cette raison que _Yu_ fit des quatre mers le réceptacle des

grandes eaux; maintenant, mon fils, ce sont les royaumes voisins que

vous avez faits le réceptacle des eaux[22].

Les eaux qui coulent en sens contraire ou hors de leur lit sont

appelées _eaux débordées_; les eaux débordées sont les _grandes eaux_,

ou les eaux de la grande inondation du temps de l'empereur _Yao_. C'est

une de ces calamités que l'homme humain abhorre. Mon fils, vous êtes

dans l'erreur.

12. MENG-TSEU dit: Si l'homme supérieur n'a pas une confiance ferme

dans sa raison, comment, après avoir embrassé la vertu, pourrait-il la

conserver inébranlable?

13. Comme le prince de _Lou_ désirait que _Lo-tching-tseu_ (disciple de

MENG-TSEU) prît en main toute l'administration du royaume, MENG-TSEU

dit: Moi, depuis que j'ai appris cette nouvelle, je n'en dors pas de

joie.

_Koung-sun-tcheou_ dit: _Lo-tching-tseu_ a-t-il de l'énergie?

MENG-TSEU dit: Aucunement.

--A-t-il de la prudence et un esprit apte à combiner de grands desseins?

--Aucunement.

--A-t-il beaucoup étudié, et ses connaissances sont-elles étendues?

--Aucunement.

--S'il en est ainsi, pourquoi ne dormez-vous pas de joie?

--Parce que c'est un homme qui aime le bien.

--Aimer le bien suffit-il?

--Aimer le bien, c'est plus qu'il ne faut pour gouverner l'empire; à

plus forte raison pour gouverner le royaume de _Lou!_

Si celui qui est préposé à l'administration d'un État aime le bien,

alors les hommes de bien qui habitent entre les quatre mers regarderont

comme une tâche légère de parcourir mille _li_ pour venir lui

conseiller le bien.

Mais s'il n'aime pas le bien, alors les hommes se prendront à

dire: «C'est un homme suffisant qui répète [à chaque avis qu'on

lui donne]: Je sais déjà cela depuis longtemps.» Ce ton et cet air

suffisant repoussent les bons conseillers au delà de mille _li_. Si

les lettrés [ou les hommes de bien en général][23] se retirent au

delà de mille _li_, alors les calomniateurs, les adulateurs, les

flatteurs[24] [les courtisans de toutes sortes] arrivent en foule. Si,

se trouvant continuellement avec des flatteurs, des adulateurs et des

calomniateurs, il veut bien gouverner, comment le pourra-t-il?

14. _Tchin-tseu_ dit: Comment les hommes supérieurs de l'antiquité

acceptaient-ils et géraient-ils un ministère?

MENG-TSEU dit: Trois conditions étaient exigées pour accepter un

ministère, et trois pour s'en démettre.

D'abord: Si le prince en recevant ces hommes supérieurs leur avait

témoigné des sentiments de respect, s'il avait montré de l'urbanité;

si, après avoir entendu leurs maximes, il se disposait à les mettre

aussitôt en pratique, alors ils se rendaient près de lui. Si, par la

suite, sans manquer d'urbanité, le prince ne mettait pas leurs maximes

en pratique, alors ils se retiraient.

Secondement: Quoique le prince n'eût pas encore mis leurs maximes en

pratique, si en les recevant il leur avait témoigné du respect et

montré de l'urbanité, alors ils se rendaient près de lui. Si ensuite

l'urbanité venait à manquer, ils se retiraient.

Troisièmement: Si le matin le prince laissait ses ministres sans

manger, s'il les laissait également le soir sans manger; que, exténués

de besoins, ils ne pussent sortir de ses États, et que le prince, en

apprenant leur position, dise: «Je ne puis mettre en pratique leurs

doctrines, qui sont pour eux la chose la plus importante; je ne puis

également suivre leurs avis; mais cependant, faire en sorte qu'ils

meurent sur mon territoire, c'est ce dont je ne puis m'empêcher de

rougir;» si, dis-je, dans ces circonstances il vient à leur secours [en

leur donnant des aliments], ils peuvent en accepter pour s'empêcher de

mourir, mais rien de plus.

15. MENG-TSEU dit: _Chun_ se produisit avec éclat dans l'empire,

du milieu des champs; _Fou-youé_ fut élevé au rang de ministre, de

maçon[25] qu'il était; _Kiao-he_[26] fut élevé [au rang de conseiller

de _Wen-wang_], du milieu des poissons et du sel qu'il vendait;

_Kouan-i-ou_ fut élevé au rang de ministre, de celui de geôlier des

prisons; _Sun-cho-ngao_ fut élevé à une haute dignité, du rivage de la

mer [où il vivait ignoré]; _Pe-li-hi_ fut élevé au rang de conseiller

d'État, du sein d'une échoppe.

C'est ainsi que, lorsque le ciel veut conférer une grande magistrature

[ou une grande mission] à ces hommes d'élite, il commence toujours

par éprouver leur âme et leur intelligence dans l'amertume de jours

difficiles; il fatigue leurs nerfs et leurs os par des travaux

pénibles; il torture dans les tourments de la faim leur chair et leur

peau; il réduit leur personne à toutes les privations de la misère

et du besoin; il ordonne que les résultats de leurs actions soient

contraires à ceux qu'ils se proposaient d'obtenir. C'est ainsi qu'il

stimule leur âme, qu'il endurcit leur nature, qu'il accroît et augmente

leurs forces d'une énergie sans laquelle ils eussent été incapables

d'accomplir leur haute destinée.

Les hommes commencent toujours par faire des fautes avant de pouvoir

se corriger. Ils éprouvent d'abord des angoisses de cœur, ils sont

arrêtés dans leurs projets, et ensuite ils se produisent. Ce n'est

que lorsqu'ils ont lu sur la figure des autres, et entendu ce qu'ils

disent, qu'ils sont éclairés sur leur propre compte.

Si, dans l'intérieur d'un État, il n'y a pas de familles gardiennes

des lois[27] et des hommes supérieurs par leur sagesse et leur

intelligence[28] pour aider le prince [dans l'administration de

l'État]; si au dehors il ne se trouve pas de royaumes qui suscitent des

guerres, ou d'autres calamités extérieures, l'État périt d'inanition.

Ainsi, il faut savoir de là que l'on vit de peines et d'épreuves, et

que l'on périt par le repos et les plaisirs.

16. MENG-TSEU dit: Il y a un grand nombre de manières de donner des

enseignements. Il est des hommes que je crois indignes de recevoir mes

enseignements, et que je refuse d'enseigner; et par cela même je leur

donne une instruction, sans autre effort de ma part.

[1] Disciple de MENG-TSEU.

[2] C'est une des six observances ou cérémonies du mariage d'aller

soi-même au-devant de sa fiancée pour l'introduire dans sa demeure.

[3] Partie occupée par les femmes.

[4] Ces deux rois sont placés par les Chinois immédiatement après _Yao_

et _Chun_.

[5] La voie de conduite morale que suivirent _Yao_ et _Chun._

[6] Section _Ta-ya._

[7] «Docteur qui, pendant que les royaumes étaient en guerre, les

parcourait pour répandre sa doctrine.» (_Glose._)

[8] Chapitre _Lo-kao_.

[9] Pour visiter lui-même MENG-TSEU, considéré comme son supérieur par

sa sagesse.

[10] _Glose_.

[11] Littéralement, _en haut et en bas_.

[12] «Par le mot _jin_ (_humanité_), dit _Tchou-hi_, il indique un

état du cœur sans passions ou intérêts privés, et comprenant en soi la

raison céleste.»

[13] «Deux hommes qui, étant ministres du roi de _Thsi_. avaient été

tués dans un combat par _Kiu_.» (_Glose._)

[14] _Kouen_ fait allusion à MENG-TSEU.

[15] Il fait allusion à _Kouen._

[16] «MENG-TSEU désigne _Houan, Koung_ ou prince de _Thsi; Wan_, de

_Tçin; Mou_, de _Tchin; Siang_, de _Soung; Tchouang_, de _Thsou_.»

(_Glose_.)

[17] «Il désigne _Yu, Wen_ et _Wou_ (fils) de _Thang_.» (_Glose_.)

[18] Voyez précédemment, liv. I, chap, II, pag. 268.

[19] Défense du cumul des emplois publics.

[20] «Il fait allusion aux _villes fortifiées_, aux _palais_, aux

_maisons_, etc.» (_Glose_.)

[21] «Il fait allusion aux _magistrats_ et _employés_, etc.» (_Glose_.)

[22] C'est-à-dire qu'il n'a fait que déverser les eaux dans les

royaumes voisins.

[23] _Glose._

[24] Littéralement, _ceux dont le visage donne toujours un assentiment._

[25] Sous le règne de _Wou-ting_, de la dynastie des _Chang_.

[26] Sous _Wen-wang._

[27] _Fa-kia_. «Ce sont, dit _Tchou-hi_, des ministres (de familles),

qui de génération en génération font exécuter les lois (près du

prince).»

[28] _Sse_, lettrés, ainsi plusieurs fois définis par les commentateurs

chinois.

Les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine · 第 252 / 266 题