6. Le _Livre des Vers_ dit:

«Comme la mémoire des anciens rois (_Wen_ et _Wou_) est

restée dans le souvenir des hommes!»

Les sages et les princes qui les suivirent imitèrent leur sagesse et

leur sollicitude pour le bien-être de leur postérité. Les populations

jouirent en paix, par la suite, de ce qu'ils avaient fait pour

leur bonheur, et elles mirent à profit ce qu'ils firent de bien et

de profitable dans une division et une distribution équitable des

terres[7]. C'est pour cela qu'ils ne seront point oubliés dans les

siècles à venir.

Voilà le troisième chapitre du Commentaire. Il explique

ce que l'on doit entendre par _placer sa destination

définitive dans la perfection ou le souverain bien_[8].

[4] C'est l'explication que donne le _Ji-kiang_, en développant le

commentaire laconique de _Tchou-hi_: «L'homme est de tous les êtres

le plus intelligent; s'il ne pouvait pas choisir le souverain bien

pour s'y fixer, c'est qu'il ne serait pas même aussi intelligent que

l'oiseau.»

[5] Le _Ji-kiang_ s'exprime ainsi: «_Tchou-tseu_ dit: Chaque homme

possède en soi le principe de sa _destination_ obligatoire ou de ses

devoirs de conduite, et atteindre à sa _destination_ est du devoir du

saint homme.»

[6] _Tcheou-koung_, qui vivait en 1150 avant notre ère, l'un des plus

sages et des plus savants hommes qu'ait eus la Chine.

[7] C'est l'explication que donnent de ce passage plusieurs

commentateurs: «Par le partage des champs labourables et leur

distribution en portions d'un _li_ (un dixième de lieue carrée), chacun

eut de quoi s'occuper et s'entretenir habituellement; c'est là le

profit qu'ils en ont tiré.» (Commentaire, _Ho-kiang_.)

[8] Dans ce chapitre sont faites plusieurs citations du _Livre des

Vers_, qui seront continuées dans les suivants. Les anciennes éditions

sont fautives à cet endroit. Elles placent ce chapitre après celui sur

le _devoir de rendre ses intentions pures et sincères_. (TCHOU-HI.)

Les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine · 第 38 / 266 题