«Comme la mémoire des anciens rois (_Wen_ et _Wou_) est
restée dans le souvenir des hommes!»
Les sages et les princes qui les suivirent imitèrent leur sagesse et
leur sollicitude pour le bien-être de leur postérité. Les populations
jouirent en paix, par la suite, de ce qu'ils avaient fait pour
leur bonheur, et elles mirent à profit ce qu'ils firent de bien et
de profitable dans une division et une distribution équitable des
terres[7]. C'est pour cela qu'ils ne seront point oubliés dans les
siècles à venir.
Voilà le troisième chapitre du Commentaire. Il explique
ce que l'on doit entendre par _placer sa destination
définitive dans la perfection ou le souverain bien_[8].
[4] C'est l'explication que donne le _Ji-kiang_, en développant le
commentaire laconique de _Tchou-hi_: «L'homme est de tous les êtres
le plus intelligent; s'il ne pouvait pas choisir le souverain bien
pour s'y fixer, c'est qu'il ne serait pas même aussi intelligent que
l'oiseau.»
[5] Le _Ji-kiang_ s'exprime ainsi: «_Tchou-tseu_ dit: Chaque homme
possède en soi le principe de sa _destination_ obligatoire ou de ses
devoirs de conduite, et atteindre à sa _destination_ est du devoir du
saint homme.»
[6] _Tcheou-koung_, qui vivait en 1150 avant notre ère, l'un des plus
sages et des plus savants hommes qu'ait eus la Chine.
[7] C'est l'explication que donnent de ce passage plusieurs
commentateurs: «Par le partage des champs labourables et leur
distribution en portions d'un _li_ (un dixième de lieue carrée), chacun
eut de quoi s'occuper et s'entretenir habituellement; c'est là le
profit qu'ils en ont tiré.» (Commentaire, _Ho-kiang_.)
[8] Dans ce chapitre sont faites plusieurs citations du _Livre des
Vers_, qui seront continuées dans les suivants. Les anciennes éditions
sont fautives à cet endroit. Elles placent ce chapitre après celui sur
le _devoir de rendre ses intentions pures et sincères_. (TCHOU-HI.)