Le Soudan français vient de coûter encore à notre armée un de ses plus
braves enfants, M. le sous-lieutenant d'infanterie de marine Orsat
(Félix-Anthelme), détaché au régiment des tirailleurs sénégalais.
Cet officier, qui avait déjà reçu une blessure lors de la prise de
Diena, le 25 février dernier, a été tué d'une balle au coeur, le 8
avril, à Bissandougou, en poursuivant une bande de fuyards de l'armée de
Samory.
M. Orsat était né le 13 septembre 1867 à Albens (Savoie). Après avoir
fait d'excellentes études au lycée de Grenoble (son père était alors
président de la cour d'appel de cette ville), il entra à Saint-Cyr le 22
octobre 1886 et fut promu sous-lieutenant dans l'infanterie de marine le
1er octobre 1888. Ce jeune officier avait de sérieuses qualités
militaires; intelligent, travailleur, plein de vigueur et d'énergie, il
était très apprécié de M. le colonel Archinard, qui n'avait pas hésité à
lui confier plusieurs missions aussi périlleuses que délicates.
M. le sous-lieutenant Orsat s'était embarqué pour le Sénégal le 5
septembre de l'année dernière; à peine arrivé à Saint-Louis, il avait
instamment demandé et obtenu de faire partie de la colonne du Soudan.
[Illustration: Les sauterelles d'Algérie à l'époque de la ponte.--Phot.
L. Famin et Cie. (Voir l'article page 504.)]