Grande et terrible révélation du peu d'influence morale qu'avait

l'Église. On a cru qu'avec son latin, sa métaphysique byzantine, à

peine comprise d'elle-même, elle christianisait le peuple. Et, dans le

seul moment où il soit libre, où il puisse montrer ce qu'il est, il

apparaît plus que païen. L'intérêt, le calcul, la concentration de

famille, y font plus que tous ces vains enseignements. L'inceste du

père et de la fille eût peu fait pour cela, et l'on en parle moins.

Celui de la mère et du fils est spécialement recommandé par Satan.

Pourquoi? Parce que, dans ces races sauvages, le jeune travailleur, au

premier éveil des sens, eût échappé à la famille, eût été perdu pour

elle, au moment où il lui devenait précieux. On croyait l'y tenir, l'y

fixer, au moins pour longtemps, par ce lien si fort: «Que sa mère se

damnait pour lui.»

Mais comment consentait-elle à cela? Jugeons-en par les cas rares

heureusement qui se voient aujourd'hui. Cela ne se trouve guère que

dans l'extrême misère. Chose dure à dire: l'excès du malheur déprave.

L'âme brisée se défend peu, est faible et molle. Les pauvres sauvages,

dans leur vie si dénuée, gâtent extrêmement leurs enfants. Chez la

veuve indigente, la femme abandonnée, l'enfant est maître de tout, et

elle n'a pas la force, quand il grandit, de s'opposer à lui.

Combien plus dans le Moyen-âge! La femme y est écrasée de trois côtés.

L'Église la tient au plus bas (elle est Ève et le péché même). A la

maison, elle est battue; au sabbat, immolée; on sait comment. Au fond,

elle n'est ni de Satan, ni de Jésus. Elle n'est rien, n'a rien. Elle

mourrait sans son enfant. Mais il faut prendre garde de faire une

créature si malheureuse; car, sous cette grêle de douleurs, ce qui

n'est pas douleur, ce qui est douceur et tendresse, peut en revanche

tourner en frénésie. Voilà l'horreur du Moyen-âge. Avec son air tout

spirituel, il soulève des bas-fonds des choses incroyables qui y

seraient restées: il va draguant, creusant les fangeux souterrains de

l'âme.

Du reste, la pauvre créature étoufferait tout cela. Bien différente de

la haute dame, elle ne peut pécher que par obéissance. Son mari le

veut, et Satan le veut. Elle a peur, elle en pleure; on ne la consulte

guère. Mais, si peu libre qu'elle soit, l'effet n'en est pas moins

terrible pour la perversion des sens et de l'esprit. C'est l'enfer

ici-bas. Elle reste effarée, demi-folle de remords et de passion. Le

fils, si l'on a réussi, voit dans son père un ennemi. Un souffle

parricide plane sur cette maison. On est épouvanté de ce que pouvait

être une telle société, où la famille, tellement impure et déchirée,

marchait morne et muette, avec un lourd masque de plomb, sous la verge

d'une autorité imbécile qui se croyait maîtresse. Quel troupeau!

Quelles brebis! Quels pasteurs idiots!... Ils avaient sous les yeux un

monstre de malheur, de douleur, de péché. Spectacle inouï avant et

après. Mais ils regardaient dans leurs livres, apprenaient, répétaient

des mots! Des mots! des mots! c'est toute leur histoire. Ils furent au

total _une langue_. Verbe et verbalité, c'est tout. Un nom leur

restera: _Parole_.

VII

_Littérature de sorcellerie._--C'est vers 1400 qu'elle commence. Ses

livres sont de deux classes et de deux époques: 1º ceux des moines

inquisiteurs du quinzième siècle; 2º ceux des juges laïques du temps

d'Henri IV et de Louis XIII.

La grosse compilation de Lyon qu'on a faite et dédiée à l'inquisiteur

Nitard, reproduit une foule de ces traités de moines. Je les ai

comparés entre eux, et parfois aux anciennes éditions. Au fond, il y a

très peu de chose. Ils se répètent fastidieusement. Le premier en date

(d'environ 1440) est le pire des sots, un bel esprit allemand, le

dominicain Nider. Dans son _Formicarius_, chaque chapitre commence par

poser une ressemblance entre les fourmis et les hérétiques ou

sorciers, les péchés capitaux, etc. Cela touche à l'idiotisme. Il

explique parfaitement qu'on devait brûler Jeanne d'Arc.--Ce livre

parut si joli que la plupart le copièrent; Sprenger surtout, le grand

Sprenger, dont j'ai fait valoir les mérites. Mais qui pourrait tout

dire? Quelle fécondité d'âneries! «_Femina_ vient de _fe_ et de

_minus_. La femme a moins de foi que l'homme.» Et à deux pas de là:

«Elle est en effet légère et crédule; elle incline toujours à

croire.»--Salomon eut raison de dire: «La femme belle et folle est un

anneau d'or au grouin d'un porc. Sa langue est douce comme l'huile,

mais par en bas ce n'est qu'absinthe.» Au reste, comment s'étonner de

tout cela? N'a-t-elle pas été faite d'une côte recourbée, c'est-à-dire

«d'une côte qui est tortue, dirigée contre l'homme?»

Le _Marteau_ de Sprenger est l'ouvrage capital, le type, que suivent

généralement les autres manuels, les _Marteaux_, _Fouets_,

_Fustigations_, que donnent ensuite les Spina, les Jacquier, les

Castro, les Grillandus, etc. Celui-ci, Florentin, inquisiteur à Arezzo

(1520), a des choses curieuses, sur les philtres, quelques histoires

intéressantes. On y voit parfaitement qu'il y avait, outre le Sabbat

réel, un Sabbat imaginaire où beaucoup de personnes effrayées

croyaient assister, surtout des femmes somnambules qui se levaient la

nuit, couraient les champs. Un jeune homme traversant la campagne à la

première lueur de l'aube, et suivant un ruisseau, s'entend appeler

d'une voix très douce, mais craintive et tremblante. Et il voit là un

objet de pitié, une blanche figure de femme à peu près nue, sauf un

petit caleçon. Honteuse, frissonnante, elle était blottie dans les

ronces. Il reconnaît une voisine; elle le prie de la tirer de là.

«Qu'y faisiez-vous?--Je cherchais mon âne.»--Il n'en croit rien, et

alors elle fond en larmes. La pauvre femme, qui bien probablement dans

son somnambulisme sortait du lit de son mari, se met à s'accuser. Le

diable l'a menée au Sabbat; en la ramenant, il a entendu une cloche et

l'a laissée tomber. Elle tâcha d'assurer sa discrétion en lui donnant

un bonnet, des bottes et trois fromages. Malheureusement le sot ne put

tenir sa langue; il se vanta de ce qu'il avait vu. Elle fut saisie.

Grillandus, alors absent, ne put faire son procès, mais elle n'en fut

pas moins brûlée. Il en parle avec complaisance et dit (le sensuel

boucher): «Elle était belle et assez grasse» (_pulchra et satis

pinguis_).

De moine en moine, la boule de neige va toujours grossissant. Vers

1600, les compilateurs étant eux-mêmes compilés, augmentés par les

derniers venus, on arrive à un livre énorme, les _Disquisitiones

magicæ_, de l'Espagnol Del Rio. Dans son _Auto-da-fé de Logroño_

(réimprimé par Lancre), il donne un Sabbat détaillé, curieux, mais

l'un des plus fous que l'on puisse lire. Au banquet pour premier

service, on mange des enfants en hachis. Au second, de la chair d'un

sorcier déterré. Satan, qui sait son monde, reconduit les convives,

tenant en guise de flambeau le bras d'un enfant mort sans baptême,

etc.

Est-ce assez de sottises? Non. Le prix et la couronne appartient au

dominicain Michaëlis (affaire Gauffridi, 1610). Son Sabbat est

certainement de tous le plus invraisemblable. D'abord on se rassemble

«au son du cor». (Un bon moyen de se faire prendre.) Le Sabbat a lieu

«tous les jours». Chaque jour a son crime spécial, et aussi chaque

classe de la hiérarchie. Ceux de la dernière classe, novices et

pauvres diables, se font la main pour commencer, en tuant des petits

enfants. Ceux de la haute classe, les gentilshommes magiciens, ont

pour fonction de blasphémer, défier et injurier Dieu. Ils ne prennent

pas la fatigue des maléfices et ensorcellements; ils les font par

leurs valets et femmes de chambre, qui forment la classe intermédiaire

entre les sorciers comme il faut et les sorciers manants, etc.

Dans d'autres descriptions du même temps, Satan observe les us des

Universités et fait subir aux aspirants des examens sévères, s'assure

de leur capacité, les inscrit sur ses registres, donne diplôme et

patente. Parfois il exige une longue initiation préalable, un

noviciat quasi monastique. Ou bien encore, conformément aux

règles du compagnonnage et des corporations de métier, il impose

l'apprentissage, la présentation du _chef-d'œuvre_.

VIII

_Décadence_, etc.--Une chose bien digne d'attention, c'est que

l'Église, l'ennemie de Satan, loin de le vaincre, fait deux

fois sa victoire. Après l'extermination des Albigeois au treizième

siècle, _a-t-elle triomphé_? _Au contraire._ Satan règne au

quatorzième.--Après la Saint-Barthélemy et pendant les massacres de la

Guerre de Trente-Ans, l'Église _triomphe-t-elle_? _Au contraire._

Satan règne sous Louis XIII.

Tout l'objet de mon livre était de donner, non une histoire de la

sorcellerie, mais une formule simple et forte de la vie de la

sorcière, que mes savants devanciers obscurcissent par la science même

et l'excès des détails. Ma force est de partir, _non du Diable, d'une

creuse entité, mais d'une réalité vivante_, la Sorcière, réalité

chaude et féconde. L'Église n'avait que les démons. Elle n'arrivait

pas à Satan. C'est le rêve de la Sorcière.

J'ai essayé de résumer sa biographie de mille ans, ses âges

successifs, sa chronologie. J'ai dit: 1º _comment elle se fait_ par

l'excès des misères; comment la simple femme, servie par l'Esprit

familier, transforme cet Esprit dans le progrès du désespoir, est

obsédée, possédée, endiablée, l'enfante incessamment, se l'incorpore,

enfin est une avec Satan. J'ai dit: 2º _comment la sorcière_ règne,

mais _se défait_, se détruit elle-même. La sorcière furieuse

d'orgueil, de haine, devient, dans le succès, la sorcière fangeuse et

maligne, qui guérit, mais salit, de plus en plus industrielle,

factotum empirique, agent d'amour, d'avortement; 3º elle disparaît de

la scène, mais subsiste dans les campagnes. Ce qui reste en lumière

par des procès célèbres, ce n'est plus la sorcière, mais

l'_ensorcelée_ (Aix, Loudun, Louviers, affaire de la Cadière, etc.).

Cette chronologie n'était pas encore bien arrêtée pour moi, quand

j'essayai, dans mon _Histoire_, de restituer le Sabbat, en ses actes.

Je me trompai sur le cinquième. La vraie sorcière originaire est un

être isolé, une religieuse du diable, qui n'a ni amour ni famille.

Même celles de la décadence n'aiment pas les hommes. Elles subissent

le libertinage stérile, et en portent la trace (Lancre), mais elles

n'ont de goûts personnels que ceux des religieuses et des

prisonnières. Elles attirent des femmes faibles, crédules, qui se

laissent mener à leurs petits repas secrets (Wyer, ch. 27). Les maris

de ces femmes en sont jaloux, troublent ce beau mystère, battent les

sorcières et leur infligent la punition qu'elles craignent le plus,

qui est de devenir enceintes.--La sorcière ne conçoit guère que malgré

elle, de l'outrage et de la risée. Mais si elle a un fils, c'est le

point essentiel, dit-on, de la religion satanique qu'il devienne son

mari. De là (dans les derniers temps) de hideuses familles et des

générations de petits sorciers et sorcières, tous malins et méchants,

sujets à battre ou dénoncer leur mère. Il y a dans Boguet une scène

horrible de ce genre.

Ce qui est moins connu, mais bien infâme, c'est que les grands qui

employaient ces races perverses pour leurs crimes personnels, les

tenant toujours dépendantes, par la peur d'être livrées aux prêtres,

en tiraient de gros revenus. (Sprenger, p. 174, éd. de Lyon.)

Pour la décadence de la sorcellerie et les dernières persécutions dont

elle fut l'objet, je renvoie à deux livres excellents qu'on devrait

traduire, ceux de MM. Soldan et Wright.--Pour ses rapports avec le

magnétisme, le spiritisme, les tables tournantes, etc., on trouvera de

riches détails dans la curieuse _Histoire du merveilleux_, par M.

Figuier.

IX

J'ai parlé deux fois de Toulon. Jamais assez. Il m'a porté bonheur. Ce

fut beaucoup pour moi d'achever cette sombre histoire dans le pays de

la lumière. Nos travaux se ressentent de la contrée où ils furent

accomplis. La nature travaille avec nous. C'est un devoir de rendre

grâce à ce mystérieux compagnon, de remercier le _Genius loci_.

Au pied du fort Lamalgue qui domine invisible, j'occupais sur une

pente assez âpre de lande et de roc une petite maison fort recueillie.

Celui qui se bâtit cet ermitage, un médecin, y a écrit un livre

original, _l'Agonie et la Mort_. Lui-même y est mort récemment. Tête

ardente et cœur volcanique, il venait chaque jour de Toulon verser là

ses troubles pensées. Elles y sont fortement marquées. Dans l'enclos,

assez grand, de vignes et d'oliviers pour se fermer, s'isoler

doublement, il a inscrit un jardin fort étroit, serré de murs, à

l'africaine, avec un tout petit bassin. Il reste là présent par les

plantes étrangères qu'il aimait, les marbres blancs chargés de

caractères arabes qu'il sauva des tombeaux démolis à Alger. Ses cyprès

de trente ans sont devenus géants, ses aloès, ses cactus énormes et

redoutables. Le tout fort solitaire, point mou, mais très charmant. En

hiver, partout l'églantier en fleur, partout le thym et les parfums

amers.

Cette rade, on le sait, est la merveille du monde. Il y en a de plus

grandes encore, mais aucune si belle, aucune si fièrement dessinée.

Elle s'ouvre à la mer par une bouche de deux lieues, la resserrant par

deux presqu'îles recourbées en pattes de crabe. Tout l'intérieur

varié, accidenté de caps, de pics rocheux, de promontoirs aigus,

landes, vignes, bouquets de pins. Un charme, une noblesse, une

sévérité singulières.

Je ne découvrais pas le fond même de la rade, mais ses deux bras

immenses: à droite, Tamaris (désormais immortel); à gauche, l'horizon

fantastique de Gien, des _Iles d'or_, où le grand Rabelais aurait

voulu mourir.

Derrière, sous le haut cirque des monts chauves, la gaieté et l'éclat

du port, de ses eaux bleues, de ses vaisseaux qui vont, viennent, ce

mouvement éternel, fait un piquant contraste. Les pavillons flottants,

les banderoles, les rapides chaloupes, qui emmènent, ramènent les

officiers, les amiraux, tout anime, intéresse. Chaque jour, à midi,

allant à la ville, je montais de la mer au plus haut de mon fort, d'où

l'immense panorama se développe, les montagnes depuis Hyères, la mer,

la rade et, au milieu de la ville qui de là est charmante. Quelqu'un

qui vit cela la première fois, disait: «La jolie femme que Toulon!»

Quel aimable accueil j'y trouvai! Quels amis empressés! Les

établissements publics, les trois bibliothèques, les cours qu'on fait

sur les sciences, offrent des ressources nombreuses que ne soupçonne

point le voyageur rapide, le passant qui vient s'embarquer. Pour moi,

établi pour longtemps, et devenu vrai Toulonnais, ce qui m'était d'un

intérêt constant c'était de comparer l'ancien et le nouveau Toulon.

Heureux progrès des temps que nulle part je n'ai senti mieux. La

triste affaire de la Cadière, dont le savant bibliothécaire de la

ville me communiqua les monuments, mettait pour moi ce contraste en

vive saillie.

Un bâtiment surtout, chaque jour, arrêtait mes regards: _l'Hôpital de

la marine_, ancien séminaire des Jésuites, fondé par Colbert pour les

aumôniers de vaisseaux, et qui, dans la décadence de la marine, occupa

de façon si odieuse l'attention publique.

On a bien fait de conserver un monument si instructif sur l'opposition

des deux âges. Ce temps-là, d'ennui et de vide, d'immonde hypocrisie.

Ce temps-ci, lumineux de vérité, ardent de travail, de recherche, de

science, et de science ici toute charitable, tournée tout entière vers

le soulagement, la consolation de la vie humaine!

Entrons-y maintenant: nous trouverons que la maison est quelque peu

changée. Si les adversaires du présent disent que ses progrès sont du

Diable, ils avoueront qu'apparemment le Diable a changé de moyens.

Son grimoire aujourd'hui est, au premier étage, une belle et

respectable bibliothèque médicale, que ces jeunes chirurgiens, de leur

argent et aux dépens de leurs plaisirs, augmentent incessamment. Moins

de bals et moins de maîtresses. Plus de science, de fraternité.

Destructeur autrefois, créateur aujourd'hui, au laboratoire de chimie,

le Diable travaille et prépare ce qui doit relever demain, guérir le

pauvre matelot. Si le fer devient nécessaire, l'insensibilité que

cherchaient les sorcières, et dont leurs narcotiques furent le premier

essai, est donnée par la diablerie que Jackson a trouvée (1847).

Ces temps rêvèrent, voulurent. Celui-ci réalise. Son démon est un

Prométhée. Au grand arsenal satanique, je veux dire au riche cabinet

de physique qu'offre cet hôpital, je trouve effectués les songes, les

vœux du Moyen-âge, ses délires les plus chimériques.--Pour traverser

l'espace, il dit: «Je veux la force...» Et voici la vapeur, qui

tantôt est une aile, et tantôt le bras des Titans.--«Je veux la

foudre...» On la met dans ta main, et docile, maniable. On la met en

bouteille; on l'augmente, on la diminue; on lui soutire des

étincelles; on l'appelle, on la renvoie.--On ne chevauche plus, il est

vrai, par les airs, au moyen d'un balai; le démon Montgolfier a créé

le ballon.--Enfin, le vœu sublime, le souverain désir de communiquer

à distance, d'unir d'un pôle à l'autre les pensées et les cœurs, ce

miracle se fait. Et plus encore, l'unité de la terre par un grand

réseau électrique. L'humanité entière a, pour la première fois, de

minute en minute, la conscience d'elle-même, une communion d'âme!... O

divine magie!... Si Satan fait cela, il faut lui rendre hommage, dire

qu'il pourrait bien être un des aspects de Dieu.

SOURCES PRINCIPALES

Græsse, _Bibliotheca Magiæ_, 1843.

_Magie antique_ (textes réunis par Soldan, A. Maury, etc.).

Calcagnini, _Miscell._, _Magia amatoria antiqua_, 1544.

J. Grimm, _Mythologie allemande_.

_Acta Sanctorum._--_Acta SS. Ordinis S. Benedicti._

Michel Psellus, _Énergie des démons_ (1050).

César d'Heisterbach, _Illustria miracula_ (1220).

_Registres de l'Inquisition_ (1307-1326), dans Limburch, et les

extraits de Magi, Llorente, Lamothe-Langon, etc.

_Directorium_ Eymerici, 1358.

Llorente, _Inquisition d'Espagne_.

Lamothe-Langon, _Inquisition de France_.

Manuels des moines inquisiteurs du quinzième et du seizième

siècle: Nider, _Formicarius_; Sprenger, _Malleus_;

C. Bernardus, _Lucerna_; Spina, Grillandus, etc.

II. Corn. Agrippæ _Opera_, in-octavo, deux volumes. Lugduni.

Paracelsi, _Opera_.

Wyer, _De Prestigiis dæmonum_, 1569.

Bodin, _Démonomanie_, 1580.

Remigius, _Demonolatria_, 1596.

Del Rio, _Disquisitiones magicæ_, 1599.

Boguet, _Discours des sorciers_, 1605, Lyon.

Leloyer, _Histoire des spectres_, 1605, Paris.

Lancre, _Inconstance_, 1612; _Incrédulité_, 1622.

Michaëlis, _Histoire d'une pénitente_, etc., 1613.

Tranquille, _Relation de Loudun_, 1634.

_Histoire des diables de Loudun_ (par Aubin), 1716.

_Histoire de Madeleine Bavent_, de Louviers, 1652.

_Examen de Louviers. Apologie de l'examen_ (par Yvelin), 1643.

_Procès du Père Girard et de la Cadière._ Aix, in-folio, 1833.

_Pièces relatives à ce procès_, cinq volumes in-douze. Aix, 1833.

_Factum_, _chansons_, _relatifs_, etc. _Ms._ de la Bibl. de Toulon.

Eug. Salverte, _Sciences occultes_, avec introduction de Littré.

A. Maury, _Les Fées_, 1843; _Magie_, 1860.

Soldan, _Histoire des procès de sorcellerie_, 1843.

Th. Wright, _Narratives of Sorcery_, 1851.

L. Figuier, _Histoire du merveilleux_, quatre volumes.

Ferdinand Denis, _Sciences occultes_; _Monde enchanté_.

_Histoire des sciences au Moyen-âge_, par Sprenger, Pouchet,

Cuvier, Hœfer, etc.

FIN DE LA SORCIÈRE.

TABLE DES MATIÈRES

LA SORCIÈRE

Pages

AVIS 319

INTRODUCTION 321

Pour un Sorcier, dix mille Sorcières _Ib._

La Sorcière fut l'unique médecin du peuple 323

Terrorisme du Moyen-âge 324

La Sorcière fut une création du désespoir 328

Elle créa Satan à son tour 331

Satan prince du Monde, médecin, novateur 332

Son école (sorcière, berger, bourreau) 333

Sa décadence 334

LIVRE PREMIER.

I. LA MORT DES DIEUX 337

Le Christianisme crut que le monde allait mourir 338

Le monde des démons 341

La fiancée de Corinthe 343

II. POURQUOI LE MOYEN-AGE DÉSESPÉRA 347

Le peuple fait ses légendes 348

Mais on lui défend d'inventer 352

Le peuple défend le territoire 357

Mais on le fait serf 358

III. LE PETIT DÉMON DU FOYER 359

Communisme primitif de la _villa_ 360

Le foyer indépendant _id._

La femme du serf 365

Sa fidélité aux anciens dieux 366

Le follet 368

IV. TENTATIONS 371

Le serf invoque l'Esprit des trésors cachés 372

Les razzias féodales 375

La femme fait du follet un démon 379

V. POSSESSION 382

L'avènement de l'or en 1300 _ibid._

La femme s'entend avec le démon de l'or 384

Immondes terreurs du Moyen-âge 387

La dame serve du village 393

Haine de la dame du château 395

VI. LE PACTE 398

La serve se donne au Diable 399

La lande et la Sorcière 402

VII. LE ROI DES MORTS 405

Elle fait _revenir_ les morts aimés 410

L'idée de Satan adoucie 411

VIII. LE PRINCE DE LA NATURE 414

Le dégel du Moyen-âge 419

La sorcière évoque l'Orient _ibid._

Elle conçoit la Nature 421

IX. SATAN MÉDECIN 423

Les maladies du Moyen-âge _ib._

La sorcière les guérit par des poisons 429

Les Consolantes, (ou Solanées) _ibid._

Elle commence à soigner les femmes 435

X. CHARMES.--PHILTRES. 437

Barbe-Bleue et Grisélidis 439

Le château implore la sorcière 442

Sa malice _ibid._

XI. LA COMMUNION DE RÉVOLTE.--LES SABBATS.--LA MESSE

NOIRE. 448

Les antiques Sabasies demi-païennes 449

La Messe noire, ses quatre actes 451

Acte Ier. L'introït, l'osclage, le banquet 455

Acte II. L'offrande, la femme autel et hostie 457

XII. L'AMOUR.--LA MORT.--SATAN S'ÉVANOUIT. 461

Acte III. L'amour des proches parents 462

Acte IV. La mort de Satan et de la Sorcière 469

LIVRE SECOND.

I. LA SORCIÈRE DE LA DÉCADENCE.--SATAN MULTIPLIÉ 471

Les sorcières et sorciers employés par les grands 475

La dame louve 476

Le dernier des philtres 479

II. LE MARTEAU DES SORCIÈRES 481

Satan maître du monde 492

III. CENT ANS DE TOLÉRANCE EN FRANCE.--RÉACTION 497

L'Espagne commence quand la France fait halte 498

Réaction. Nos légistes brûlent autant que les prêtres 502

IV. LES SORCIÈRES BASQUES 504

Elles dirigent leur propre juge 505

V. SATAN SE FAIT ECCLÉSIASTIQUE 514

Facéties du sabbat moderne 516

VI. GAUFFRIDI (1610) 523

Prêtres sorciers poursuivis par les moines _ib._

Jalousies des religieuses 526

VII. LES POSSÉDÉES DE LOUDUN.--GRANDIER (1632-1634) 546

Le curé beau diseur, sorcier 553

Furie maladive des nonnes 561

VIII. POSSÉDÉES DE LOUVIERS.--MADELEINE BAVENT

(1633-1647) 565

L'illuminisme. Le Diable quiétiste _ibid._

Duel du Diable et du médecin 572

IX. SATAN TRIOMPHE AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE 580

X. LE PÈRE GIRARD ET LA CADIÈRE (1730) 588

XI. LA CADIÈRE AU COUVENT (1730) 621

XII. LE PROCÈS DE LA CADIÈRE (1730-1731) 646

ÉPILOGUE 673

Peut-on réconcilier Satan et Jésus? 674

La Sorcière a péri, mais la Fée renaîtra 676

Imminence de la rénovation religieuse 677

ÉCLAIRCISSEMENTS.

Pages

I. Classification géographique de la sorcellerie 679

II. De l'Inquisition 682

III. Méthode et critique 685

IV. Satan médecin 687

V. Des rapports de Satan avec la Jacquerie 688

VI. Du dernier acte du Sabbat 689

VII. Littérature de sorcellerie 692

VIII. Décadence, etc 694

IX. Du lieu où ce livre fut achevé 695

SOURCES PRINCIPALES 699

FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.

PARIS.--IMP. E. FLAMMARION, RUE RACINE, 26.

La Sorcière · 第 23 / 23 段