VICTOR.

_Jean DE LANGENHAGER appartenait à une famille de médecins, il se sentit

attiré par vocation vers la médecine, et prit quatre inscriptions à la

Faculté de Paris. Il achevait sa première année de service militaire, au

Havre, quand la guerre éclata. Ayant obtenu de partir comme soldat dans

le rang, et non comme infirmier, il fit avec son régiment la partie

initiale de la campagne, Charleroi, la retraite, la Marne. Blessé le

7 Septembre 1914, à la bataille de la Marne (combat de Cougivaux), il

passa de longs mois dans les hôpitaux de l'arrière. Sa blessure, quoique

peu grave, était mal placée: il avait eu le pied fracturé, et une

saillie osseuse, due à une consolidation vicieuse, gênait la marche. Les

médecins voulaient le faire passer dans le service auxiliaire. Il s'y

refusa, obtint de porter une chaussure orthopédique, qui corrigeait le

vice de la démarche, et, maintenu dans le service armé, rejoignit enfin

le dépôt de son régiment. Là il trouva sa nomination de caporal, qui

l'attendait depuis la bataille de la Marne; mais bientôt, en exécution

des ordres ministériels qui, pour combler les pertes du cadre des jeunes

médecins, prescrivaient de rechercher dans les formations combattantes

les étudiants en médecine, même pourvus de quatre inscriptions

seulement, pour les nommer médecins auxiliaires, il fut promu à ce grade

et renvoyé au front en cette qualité. D'abord affecté à un régiment

territorial, qui gardait les lignes de l'Argonne, il passa, sur sa

demande, dans un régiment de l'active, et il tomba, dans une attaque,

frappé d'une balle en plein coeur, en suivant, dit la citation à l'ordre

de l'armée dont il fut honoré, la vague d'assaut de son unité, pour

secourir plus rapidement les blessés._

La dernière lettre écrite par des soldats français tombés au champ d'honneur 1914-1918 · 第 100 / 150 题