_Lettre écrite par le Soldat COLIN, tombé au champ d'honneur le 2 Juin
1918._
Mes parents bien-aimés,
Si cette lettre vous tombait entre les mains, c'est qu'Eloi, votre
fils, ne serait plus. Si ce malheur arrivait, ne me pleurez pas car je
n'aurais fait que mon simple devoir que j'avais à coeur d'accomplir et
pour lequel je vous ai fait tant de peine. La seule chose que je vous
demande, c'est de me pardonner la peine que je vous fis en voulant
m'engager.
Bénissez et priez pour moi.
Je m'arrête, car ces lignes vous broient le coeur. Courage, la victoire
est à nous et vive notre chère Patrie!
Mes derniers baisers à vous tous que j'ai tant aimés. Adieu et vive la
France!