_M. le ministre._--Nous avons un chargé d'affaires à Madrid, comme
l'Espagne en a un à Paris. Il n'a pas convenu à l'Espagne de recevoir
l'ambassadeur du roi aux conditions auxquelles il était envoyé. Je
l'ai déjà dit dans la discussion de l'adresse; l'Espagne a été dans
son droit, elle est juge de la conduite que sa constitution lui
impose, comme nous sommes, nous, juges de la nôtre. Nous n'avons jugé
à propos d'envoyer un ambassadeur en Espagne que d'après telles
maximes et sous telles formes; elle n'a pas jugé à propos de le
recevoir dans ces formes et d'après ces maximes: elle est dans son
droit comme nous dans le nôtre.
Qu'en est-il résulté? Qu'il n'y a pas d'ambassadeur de France à Madrid
ni d'ambassadeur d'Espagne à Paris; mais les rapports des deux États
ne sont point rompus; la situation est régulière et il peut arriver
tel moment où elle change par des procédés également réguliers. Je ne
puis ni ne dois indiquer ici quand ou comment ce changement pourrait
arriver; je me contente de dire qu'il est possible, et qu'il n'y a
rien là d'inouï, ni d'irrémédiable, rien dont on ne rencontre plus
d'un exemple dans les relations diplomatiques et pacifiques des États.
(_Au centre_: Très-bien! très-bien!)