M. LAFFITTE.--Avec un million de gardes nationales.

_M. le ministre des affaires étrangères._--Si donc il s'était agi de

l'armement dont on parlait hier, je n'aurais rien eu à répondre,

personne n'aurait rien eu à répondre aux terreurs de l'Europe; il n'y

aurait eu aucun moyen de les repousser par la raison, et vous auriez

vu votre pays compromis gravement par les soins malhabiles que vous

auriez pris pour le défendre. (_Marques nombreuses d'approbation._)

J'ai donc, messieurs, pour mon compte et de loin, adhéré à l'attitude

et aux armements contenus dans les limites que je viens d'indiquer.

Quand j'ai cru entrevoir qu'une autre impulsion, non du gouvernement

lui-même, mais du dehors, tendait à emporter mon pays et son

gouvernement avec lui, quand j'ai cru entrevoir que, d'une situation

dans laquelle il fallait, à mon avis, maintenir la paix, on se

précipitait vers la guerre, vers la guerre inévitable, je me suis

arrêté. Mon adhésion, mon concours au cabinet s'est arrêté, et un

homme que l'honorable M. Thiers nommait hier à cette tribune, et qui

est mon ami comme le sien, M. le duc de Broglie, a eu connaissance de

l'état de mon esprit, de ce que je pensais sur la situation et les

dangers qui nous menaçaient. Il en a eu connaissance, et si je ne me

trompe, comme je l'en avais prié, comme je l'y avais autorisé, il en a

donné connaissance à M. le président du conseil et à quelques-uns de

ses collègues. Je crois que cela a été fait...

Histoire parlementaire de France, Volume 3. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 105 / 219 题