_M. le ministre des affaires étrangères._--Je les accepte comme vous
voudrez.
M. THIERS.--Vous m'avez écrit, je crois, le 6, le 9 et le 14 juillet,
toujours en me présentant les faits comme voici:
«Le cabinet anglais délibère, il y a grande agitation, il y a crise;
mais rien n'est arrêté encore. On a préparé deux plans: un à cinq, qui
contiendrait le maximum des concessions à faire à la France pour se
l'attacher, et un plan à quatre, en supposant que la France ne
consente pas aux propositions qu'on lui ferait.»
Toutes les lettres que vous m'avez écrites, toutes les dépêches
officielles que vous m'avez adressées contenaient cette supposition
qu'avant de signer le traité on ferait une proposition préalable à la
France, et moi, comptant que cette démarche serait faite, j'attendais
pour provoquer dans le cabinet une résolution définitive.
J'ajouterai que vous ne faites ressortir ici, comme motif déterminant
ayant agi sur le cabinet anglais, que la fausse interprétation que
l'on donnait à la démarche du pacha d'Égypte. Je prouverai encore, par
des citations des dépêches officielles et des lettres particulières,
que le vrai motif, dans votre propre opinion, était la nouvelle de
l'insurrection de la Syrie, et la découverte, qu'on n'avait pas faite
encore, d'un moyen efficace qui ne fût ni l'envoi d'une armée
anglaise, ni l'envoi d'une armée russe.