XCVIII

Discussion de l'Adresse.--Affaires d'Orient.--Situation et conduite

des deux cabinets du 1er mars et du 29 octobre 1840.

--Chambre des députés.--Séance du 25 novembre 1840.--

À l'ouverture du débat de l'adresse, M. Thiers prit la parole pour

retracer et justifier la politique de son cabinet dans les affaires

d'Orient et ses relations avec moi pendant mon ambassade d'Angleterre.

Je lui répondis immédiatement:

M. GUIZOT.--Messieurs, l'honorable M. Thiers disait tout à l'heure:

«Sous le ministère du 29 octobre, la question est résolue, la paix est

certaine.» L'honorable M. Thiers n'a dit que la moitié de la vérité:

sous le ministère du 1er mars, la question était résolue, la guerre

était certaine. (_Vive approbation au centre._)

En voulez-vous la preuve? Elle est dans les paroles mêmes que

l'honorable M. Thiers vient de prononcer à cette tribune; il vous a

parlé de la déplorable solution qu'avaient reçue chez nous la question

belge, la question italienne, la question espagnole. Pourquoi

déplorable? (_Interruption à gauche._) Nous tenons cette solution pour

très-bonne.

M. PISCATORY, _se levant avec une grande vivacité_.--Et le 15 avril,

monsieur Guizot?

_À gauche._--Et la coalition dont vous faisiez partie? (_Agitation

prolongée._)

_M. le ministre des affaires étrangères._--Attendez, messieurs,

attendez. (_L'agitation continue._)

_M. le président._--J'engage la Chambre au silence; son premier

devoir, c'est de respecter la liberté de la tribune.

_M. le ministre._--Je répète ce que je disais: nous pensons qu'on a

bien fait de résoudre la question espagnole sans intervention en

Espagne et sans la guerre. (_Marques d'adhésion au centre._)

Qu'est-ce que le 15 avril a à démêler avec cette question-là?

_À gauche._--Et Ancône?

_M. le ministre des affaires étrangères._--Attendez donc.

Qu'appelez-vous la question belge?

M. THIERS.--La solution que vous blâmiez de moitié avec moi dans la

coalition. (_Interpellations diverses._)

_M. le président._--Avec ces interruptions, la discussion devient

impossible.

_M. le ministre des affaires étrangères._--Il est absolument

impossible de parler au milieu d'un tel tumulte. (_À demain! à demain!

Non! non!_)

Je reviens à la question belge. L'honorable M. Thiers peut se souvenir

qu'à l'époque dont il parle, je n'ai pas ouvert la bouche sur la

question belge. Je n'ai exprimé à cet égard aucune opinion, et la

raison en est bien simple. Je croyais la question belge justement et

raisonnablement résolue par le traité des dix-huit articles. Je

croyais.....

Histoire parlementaire de France, Volume 3. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 87 / 219 题