M. JANVIER.--C'est un système arrêté que celui des interruptions.

M. GUIZOT.--Nous dirons notre pensée tout entière, et je suis charmé

que les honorables préopinants aient dit la leur avec sincérité. Je

remercie M. le garde des sceaux de la franchise qu'il vient de nouveau

d'apporter dans cette discussion.

Cette expression _nous avons maintenue_ n'a jamais pu, dans la pensée

de personne, s'appliquer à la Chambre seule; elle s'applique

évidemment à la France et à son gouvernement tout entier. (_Plusieurs

voix_: C'est évident.) Vous allez le voir par la phrase suivante.

(_Exclamations diverses._)

M. ODILON BARROT.--C'est une scène de comédie, ce n'est pas une scène

politique.

M. GUIZOT.--Messieurs, avant de porter contre des hommes sérieux et

sincères qui ont vécu au grand jour, en face du pays depuis huit ans,

avant de porter contre eux une telle accusation, il faut y penser un

peu plus sérieusement, un peu plus profondément que vous ne l'avez

fait. (_Oui, oui! Très-bien, très-bien!_)

Je dis que ces paroles du projet d'adresse s'appliquaient et

s'appliquent, dans notre pensée à tous, à la France et à son

gouvernement tout entier, trône et Chambres; et la preuve en est un

peu plus loin. Quelle est la fin de la phrase? «Et dont une politique

prudente et ferme peut seule nous garantir la durée.» Croyez-vous que

ce second _nous_ puisse s'appliquer à la Chambre seule? Évidemment

non. (_Bruit._)

Histoire parlementaire de France, Volume 3. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 64 / 219 题