M. MAUGUIN.--J'ai tenu le même langage en 1829.

M. GUIZOT.--Ce n'est pas à M. Mauguin que je réponds en ce moment; je

fais allusion aux paroles qui se sont fait entendre au commencement de

cette discussion, et je répète que si, en 1828, en 1829, de telles

paroles avaient retenti dans cette Chambre, il se serait élevé de tous

les bancs les réclamations les plus vives pour protester contre un

pareil langage. Eh! messieurs, respectons nos propres oeuvres, le bien

que nous avons voulu faire; gardons un bon souvenir de nos efforts

dans une bonne cause, et ne donnons pas un exemple de la légèreté et

du dédain pour le bien que nous avons fait, que nous avons tenté du

moins. (_Très-bien! très-bien!_)

J'arrive à la question, et je serai fort court, car elle est fort

simple, comme le disait tout à l'heure M. le président du conseil.

Un emprunt a été contracté par la Grèce; il l'a été sous la garantie

de la France. Le projet qui vous est présenté en ce moment n'est que

l'exécution de cette garantie; vous êtes tenus de payer. L'honorable

M. Mauguin le disait lui-même tout à l'heure. Je ne pense pas que la

Chambre veuille recommencer aujourd'hui toute la discussion de 1835;

je ne pense pas qu'elle veuille examiner de nouveau aujourd'hui si la

France a eu raison de consentir alors à cet emprunt, quelles étaient

les ressources de la Grèce, quelles combinaisons, quelles mesures

pouvaient être adoptées. Tout cela a été examiné, débattu. Maintenant

je tiens le fait pour accompli. La garantie a été donnée, l'emprunt a

été fait; ce qu'il s'agit de savoir, c'est ce qu'il nous reste à

faire.

Au mois de septembre 1833, quand l'emprunt a été contracté, il l'a été

aux meilleures conditions que la Grèce ait pu trouver; ces conditions

ont été débattues entre les banquiers et le gouvernement grec; on ne

peut pas en rendre le gouvernement français responsable.

L'une de ces conditions était que les banquiers retiendraient entre

leurs mains, sur le capital de l'emprunt, le service de deux années

d'intérêt, des années 1834 et 1835. Cette condition a été exécutée.

Notre gouvernement n'a donc été amené à s'occuper de l'emprunt et de

sa garantie qu'à la fin de 1835. Qu'a-t-il fait alors? qu'a fait le

ministre qui était alors à la tête des affaires étrangères? Il a

proposé, à la conférence où se réunissaient les trois puissances

garantes de l'emprunt, les mesures nécessaires pour que toutes les

conditions du traité de 1832 fussent exécutées, pour que de vraies

garanties financières et politiques nous fussent assurées.

_M. le président du conseil._--Même auparavant: sa prévoyance s'était

manifestée déjà plusieurs mois auparavant.

Histoire parlementaire de France, Volume 3. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 56 / 219 题