M. GUIZOT.--Je prie l'honorable M. Barrot de permettre que je
continue.
M. ODILON BARROT.--Je veux dire seulement que je n'accepte pas la
position de la question: ce n'est pas mon opinion que vous traduisez à
la tribune.
M. GUIZOT.--Je dis en fait que vous avez pensé qu'en Italie la France
a eu tort de ne pas aller s'opposer par la guerre, le seul moyen
qu'elle eût, à l'intervention d'une puissance étrangère contre ce
principe. Je crois que la France n'a pas eu tort, qu'elle n'avait pas
en Italie un intérêt assez pressant pour engager cette lutte au
profit de son principe. Je dis qu'ailleurs, en Belgique par exemple,
quand nous avons pu croire notre intérêt compromis, nous avons accepté
l'intervention; nous l'avons acceptée à tout risque. Voici donc la
question dans toute sa rigueur: Avons-nous en Espagne un intérêt assez
pressant, assez dominant pour que la France doive, à tout risque, dire
d'une manière générale et par avance: je ne souffrirai pas que le
principe analogue au mien essuie un échec en Espagne. C'est là, je le
répète, la question dans toute sa rigueur.
Je dis à tout risque, par avance et d'une manière générale, car c'est
là ce que M. Odilon Barrot vient d'établir à cette tribune.
Messieurs, l'an dernier en traitant la même question, je crus devoir
terminer par ces paroles, que je demande la permission de rappeler:
«Messieurs, ce serait, de la part du gouvernement, un acte de grande
imprudence que de s'engager sur l'avenir, quel qu'il soit: nous ne
nous engagerons pas plus à nous abstenir qu'à agir; nous veillerons,
envers et contre tous, aux intérêts de la France.»
Voilà ce que je disais l'an dernier, messieurs, en m'opposant à
l'intervention, et je le répète aujourd'hui. Je crois que jamais le
gouvernement ne doit s'engager par avance et d'une manière générale,
ni à s'abstenir, ni à agir. J'insiste beaucoup sur ce point, parce que
là, à mon avis, entre M. Barrot et moi, réside toute la question.
M. Odilon Barrot pense que l'intérêt de la force et de la durée de
notre gouvernement est tellement compromis dans les destinées de
l'Espagne que la France doit déclarer par avance, et d'une manière
générale, qu'elle risquera tout plutôt que de souffrir un échec à son
principe en Espagne. Je ne le pense pas. Il peut y avoir tel cas,
telle situation, tel cours d'événements qui pourrait amener la France
à ne pas souffrir un pareil échec à son principe en Espagne. Je ne
repousse donc pas d'une manière générale, anticipée, absolue, toute
idée d'intervention; mais je dis qu'il ne faut pas non plus
l'accueillir par avance et d'une manière générale et absolue. Je dis
qu'il ne faut pas encourager les espérances d'intervention en Espagne,
qu'il ne faut pas faire considérer par avance la France comme
solidaire de tout ce qui arrivera en Espagne. Je dis que c'est là une
mauvaise politique, une politique qui compromet la France plus que,
dans son intérêt, elle n'est obligée de se compromettre, et je demande
la permission de l'établir en peu de mots.
Je rappellerai ce qui a été mis sous les yeux de la Chambre dans le
cours de cette discussion.
Supposez un moment l'intervention obligatoire, obligatoire d'une
manière générale, comme vient de le demander l'honorable préopinant,
et voyez les conséquences. D'abord voilà notre gouvernement solidaire,
engagé irrévocablement dans les destinées du gouvernement espagnol; le
voilà obligé de soutenir deux révolutions au lieu d'une, de fonder
deux gouvernements au lieu d'un.
Messieurs, je n'accepterais une pareille nécessité qu'à la dernière
extrémité. Je ne sais si vous en êtes frappés comme moi; mais je
trouve, depuis sept ans, que c'est déjà une oeuvre assez difficile,
assez laborieuse, de fonder un gouvernement dans notre propre pays,
dans un pays préparé comme l'a été la France, pour hésiter beaucoup à
accepter une seconde mission pareille dans un pays comme l'Espagne,
que rien n'a préparé, comme la France, à un pareil gouvernement.
Messieurs, ne vous pressez pas d'accepter une pareille mission; la
sûreté même, la force de notre propre gouvernement auraient beaucoup à
en souffrir. Je n'ai, je l'avoue, aucune inquiétude sur la durée et la
sûreté du gouvernement de Juillet en France, tant qu'il renfermera ses
destinées dans notre territoire. Je suis tranquille sur son compte; il
pourrait courir des dangers, il les surmonterait tous. Mais si vous
allez l'associer aux destinées de toutes les révolutions qui
l'entourent, lui faire épouser leur cause comme la sienne, lui
imposer l'obligation de les faire triompher toutes, ah! alors, je n'ai
plus la même sécurité, la même confiance. C'est donc au gouvernement
de Juillet, dans l'intérêt de sa force et de sa durée, que je demande
qu'il ne joigne sa cause à d'autres causes que là où cela lui sera
indispensablement nécessaire; il faut que partout ailleurs il
maintienne soigneusement la supériorité de notre révolution sur toutes
les révolutions qui ont éclaté ou qui pourraient éclater, la
supériorité de nos droits, de notre position. Nous n'avons pas eu un
reproche sérieux à nous faire. Nous n'avons pas eu un tort, quand nous
avons été amenés à accomplir cette grande révolution. Dès le lendemain
de la révolution, nous nous sommes dévoués à la cause de l'ordre: nous
l'avons rétabli avec des efforts inouïs; nous n'avons pas été promenés
de faction en faction, d'insurrection en insurrection; nous n'avons
pas eu le triomphe d'une émeute de la Granja; nous n'avons pas eu une
guerre civile permanente; nous n'avons rien eu de ce qui peut rendre
une cause suspecte et douteuse. La nôtre est parfaitement bonne. Notre
histoire depuis sept ans est la meilleure preuve de sa légitimité. Je
vous conjure donc de ne pas assimiler toutes les causes à notre cause,
de ne pas prodiguer nos forces à surmonter des difficultés infiniment
plus grandes que celles que nous avons rencontrées chez nous, quand
nous savons tout ce qu'il en coûte de peines et d'efforts pour
surmonter celles-ci. Sachez, messieurs, vous limiter quant à la
politique extérieure comme vous avez su vous calmer pour la politique
intérieure. C'est par là que nous avons triomphé; c'est par là que
nous triompherons toujours. Ne compromettez pas notre pays pour des
causes qui ne valent pas la nôtre. (_Très-bien! très-bien!_)
Je ne vous parle pas de tout ce qu'on vous a dit tout à l'heure sur
les inconvénients matériels qui résulteraient, pour notre état
intérieur, des chances d'une intervention en Espagne. Je vous prierai
de relire votre propre adresse, et de voir au milieu de quelles
circonstances vous provoquez une politique pareille. Vous demandez,
dans votre adresse, la consolidation de notre établissement en
Afrique, vous demandez la conversion des rentes; vous demandez un
grand ensemble de travaux publics; vous demandez des économies: et
c'est dans cette même adresse que vous iriez pousser à l'intervention
en Espagne! (_Bruits et mouvements divers._) Mais, messieurs, cela est
contradictoire; si vous croyez que votre dignité exige qu'on pousse à
l'intervention en Espagne, renoncez à toutes ces prospérités, à toutes
ces économies, à tous ces biens intérieurs dont vous parlez dans votre
adresse, car vous serez engagés dans une affaire qui de longtemps ne
vous permettra de nourrir de pareilles pensées.
Je passe au dehors, et je poursuis toujours les conséquences de
l'intervention reconnue obligatoire d'une manière générale.
M. le président du conseil vous disait, hier et aujourd'hui, avec
vérité, que le plus grand intérêt de la France, c'était d'avoir les
mains libres vis-à-vis de toute l'Europe, que c'était là le gage le
plus infaillible de sa sûreté. Je pense comme lui. Vous voulez la
paix; mais vous la voulez sûre et digne. Eh bien, j'accorde que, même
si vous allez en Espagne, la paix ne sera pas troublée; j'admets que
l'Europe ne se remuera pas, qu'elle vous laissera faire. Cependant,
vous n'aurez pas la pleine liberté de vos mouvements, la pleine
disposition de vos forces, comme vous l'avez aujourd'hui. On ne vous
fera pas la guerre; mais il s'élèvera des questions, il y aura des
affaires, il y en a toujours en Europe, il en naît à chaque instant.
Ces jours derniers, vous avez couru le risque d'en avoir une en
Belgique. S'il survenait en Italie quelque événement analogue à celui
qui a provoqué l'occupation d'Ancône, seriez-vous libres de tenter une
pareille expédition avec une intervention en Espagne, avec vos forces
et vos destinées compromises au delà des Pyrénées?
Je n'hésite pas à affirmer, car je connaissais la fermeté de son
jugement, que si l'illustre Casimir Périer avait vu la France engagée
dans une intervention en Espagne, il n'aurait pas fait flotter le
drapeau français sur les murs d'Ancône.
Il aurait parfaitement compris qu'il ne faut pas se mettre sur les
bras une multitude d'affaires à la fois.
Eh bien, voilà ce qui vous arrivera: vous ne serez plus en état de
faire face à toutes les affaires qui surviendront, et qui toucheront à
la dignité de la France. Vous êtes fiers, vous êtes susceptibles; vous
avez raison, restez fiers, restez susceptibles, mais gardez les moyens
de l'être, gardez-les tous, gardez-les soigneusement. (_Au centre_:
Très-bien!)
Vous dites tous les jours qu'on ne vous aime pas en Europe, que vous
êtes suspects, que vous êtes redoutés. Je l'accorde, bien que je pense
mieux que vous de la sagesse de l'Europe. Je crois qu'elle comprend à
quel point il est de son intérêt que l'ordre établi en France se
maintienne et se consolide. Je crois que l'Europe, comme nous-mêmes,
en a infiniment appris dans les quarante années qui viennent de
s'écouler; que de même que nous avons été sages de 1830 à 1838,
l'Europe a été sage, et qu'elle le serait encore. Mais, enfin, elle ne
nous aime pas, dites-vous; elle nous soupçonne, elle nous surveille.
Eh bien, quand une fois vous serez engagés dans une affaire difficile
et longue, permettez-moi de vous le dire, l'Europe se passera ses
fantaisies en fait de désagréments à nous donner. (_Rires approbatifs
au centre._)
Elle se permettra des procédés qui vous blesseront, qui vous
offenseront; vous aurez raison de vous plaindre, vous aurez raison de
vous offenser; mais vous n'aurez plus cette attitude tranquille,
parfaitement libre, parfaitement disponible que vous avez aujourd'hui,
et qui fait une grande partie de votre force et du respect qu'on nous
porte. (_Très-bien!_)
Maintenant, messieurs, que serait-ce si, au lieu d'une intervention
passagère, momentanée, en Espagne, l'affaire dans laquelle vous
semblez disposés à vous engager allait devenir une longue occupation,
s'il y avait nécessité pour vous, dans notre intérêt, dans l'intérêt
français, et pour ne pas laisser recommencer en Espagne ce que vous y
auriez fait finir, d'y rester longtemps. Pensez à la prolongation de
cette situation et aux embarras qu'elle pourrait amener!
Messieurs, l'hypothèse que je présente, c'est l'opinion de beaucoup
d'hommes très-éclairés, qui ont beaucoup réfléchi sur la question
espagnole, et ont été à portée de la juger.
Je suis obligé de revenir sur des faits qui ont été déjà mis, l'année
dernière, sous les yeux de la Chambre: je lui demande la permission de
les lui rappeler, puisque la question revient tout entière.
Voici ce que pensait sur la question de l'intervention en Espagne
notre dernier ambassadeur, M. de Rayneval, quand il y résidait, et
quand son opinion était plutôt favorable que contraire à
l'intervention.
Voici, dis-je, ce qu'il pensait sur les conséquences de l'intervention
quant à la France: «Les passions que la lutte des partis et les effets
de la guerre civile ont excitées ne pouvant être calmées en un
instant, il paraît nécessaire que l'armée française, pour consolider
son ouvrage, occupe, pendant un espace de temps plus ou moins long, le
pays qu'elle aura pacifié. Le feu se rallumerait indubitablement ou
dans les provinces du nord ou sur quelque autre point de l'Espagne. Il
faut convenir d'avance du temps que durera l'occupation, et de plus
stipuler, d'une manière bien positive, que les troupes françaises ne
quitteront le territoire espagnol, même après l'expiration de ce
terme, que par suite d'une délibération prise en commun par les deux
gouvernements, et non sur la simple demande du gouvernement espagnol.
Il est résulté beaucoup d'embarras pour nous, et un grand mal pour
l'Espagne, de la faculté laissée, en 1823, au roi Ferdinand de faire
cesser à son gré l'occupation de son pays par nos troupes; il ne faut
pas que la même faute se renouvelle.»
Je supprime quelques phrases inutiles qui ne sont que le développement
de ces idées, et je continue: «Ceci me conduit naturellement à parler
de la conduite que nous devons tenir à l'égard du gouvernement
espagnol. Il ne peut évidemment, du moins jusqu'à la majorité de la
reine, surmonter les difficultés inhérentes à sa nature et à sa
situation, qu'en s'appuyant sur nous. Notre coopération active ne doit
pas être un fait isolé, mais le premier pas que nous ferons dans un
système nouveau; tout en traitant l'Espagne en pays indépendant, il
est de toute nécessité de la tenir pendant plusieurs années sous notre
tutelle. C'est ainsi seulement qu'elle pourra entreprendre la réforme
de ses lois et de ses moeurs, calmer les passions qui fermentent dans
son sein, et se préparer un avenir plus tranquille.»
Messieurs, est-ce la tâche que vous voulez entreprendre? (M. THIERS:
_Non! non!_) J'en suis convaincu; je suis convaincu que, la question
ainsi posée, personne n'en veut. Mais je rappelle ces faits pour
montrer que des hommes pleins de sens, pleins de lumières, habitant
l'Espagne, favorables à l'intervention, ont regardé cette occupation
prolongée, cette tutelle prolongée, comme la conséquence nécessaire de
l'intervention, et qu'il y a au moins là une chance bien grave sur
laquelle j'appelle toute l'attention de la Chambre.
Messieurs, encore une fois, si l'intervention était obligatoire, si
elle était indispensable à la sécurité et à l'avenir de notre
gouvernement, si nous étions liés par le traité, je n'aurais rien à
dire, j'accepterais toutes ses conséquences, quelles qu'elles soient;
mais je crois avoir bien démontré que la durée et la sécurité de notre
gouvernement ne sont pas liés à ce qui se passe au delà des Pyrénées.
Sans doute, il y a là quelque chose de grave pour nous, et beaucoup à
faire pour prévenir le danger; nous avons déjà beaucoup fait, nous
avons fait autre chose que des voeux, et M. le président du conseil du
22 février se rappelle parfaitement le langage qu'il tenait au mois de
juin 1836, quand il parlait de ce que nous avions fait. Je demande la
permission de le remettre sous les yeux de la Chambre, parce qu'il est
important d'établir que nous avons offert autre chose que des
sympathies, que nous formons autre chose que des voeux, et que les
reproches qu'on nous adresse ne sont nullement fondés.
Voici les paroles que prononçait l'honorable M. Thiers le 2 juin 1836,
en répondant, je crois, à M. Mauguin:
«On a dit: Vous avez fait un acte énergique, c'est celui de
reconnaître la reine; mais vous vous êtes arrêtés là, et depuis vous
n'avez rien fait. Je répondrai: Si, nous avons beaucoup fait. Nous
avons d'abord donné à l'Espagne l'appui moral de la France et de
l'Angleterre, et c'était beaucoup; et si vous connaissiez aussi bien
que nous, ce qui est difficile, le mouvement général des choses en
Europe, vous sauriez que c'était beaucoup que l'appui moral de la
France et de l'Angleterre.
«Mais les Anglais ont donné un corps auxiliaire. La France a donné
également un corps auxiliaire, non pas obscurément, mais
ostensiblement. Enfin, nous avons établi le long des Pyrénées un
blocus rigoureux, qui sans doute n'a pas empêché la contrebande de se
faire, mais qui a empêché les grandes expéditions qu'on n'aurait pas
manqué de faire passer par la frontière française.»
Enfin, après avoir signé le traité de la quadruple alliance, après
avoir donné à l'Espagne l'appui moral, le blocus, la légion étrangère,
que restait-il à lui donner? Vous prononcez tous le mot, messieurs: il
restait à lui donner une armée française. Eh bien, c'est là une
question immense; c'est à cette question seule que le gouvernement
s'est arrêté. Et s'il ne s'y était pas arrêté, il serait en ce moment
accusé devant vous de la hardiesse avec laquelle il l'aurait résolue.
Il ne l'a pas résolue, et dans une aussi grande affaire, si jamais il
est amené à s'en occuper, ce que rien n'annonce aujourd'hui, il ne
ferait que ce que lui conseilleraient la dignité et l'intérêt de la
France, l'intérêt de l'Europe, et j'ajouterai le voeu bien connu, bien
constaté du pays.
De l'aveu de M. Thiers lui-même, messieurs, nous avons donc beaucoup
fait, nous avons fait ce qui, j'en suis convaincu, a puissamment aidé
jusqu'ici le gouvernement de la reine à s'établir. On nous dit tous
les jours que la contre-révolution est imminente, que don Carlos est
sur le point d'entrer à Madrid. Il y a trois ans qu'on nous dit cela;
il y a trois ans que, deux ou trois fois chaque année, don Carlos le
tente; et cependant il n'a pas réussi, grâce à l'appui moral de la
France et de l'Angleterre, grâce aux secours que la France a donnés,
grâce aux efforts des puissances signataires du traité. On s'étonne de
la durée de cette lutte. Mais il y a eu des luttes tout aussi
douloureuses, plus douloureuses même, et qui ont duré bien plus
longtemps, qui ont duré dix, quinze, vingt ans, plus encore. Pendant
la lutte des Pays-Bas contre l'Espagne, il y avait une puissance qui
avait, avec les Pays-Bas, des intérêts analogues, une grande sympathie
de principes et de croyances, c'était l'Angleterre. La reine Élisabeth
a souvent donné aux Pays-Bas un appui indirect, un appui moral; elle
leur a souvent fourni de l'argent, des secours divers; mais, pour les
faire triompher, elle ne s'est pas crue obligée de s'engager dans une
guerre sérieuse et longue avec l'Espagne, et d'aller intervenir dans
les Pays-Bas avec une armée anglaise.
Vous êtes dans une situation analogue: vous avez fait beaucoup pour
l'Espagne, vous pouvez faire encore beaucoup; mais je ne crois pas
qu'il soit de l'intérêt de la France d'aller mettre sa cause tout
entière dans la cause de l'Espagne. Or, ne vous y trompez pas,
messieurs, c'est là ce que le paragraphe de l'adresse vous demande de
faire. M. Odilon Barrot l'a interprété avec beaucoup de jugement et de
vérité; il vous a dit qu'il y voyait l'engagement pris par la France,
d'avance, d'une manière générale, de tout risquer plutôt que de
souffrir le cours des événements en Espagne.