L'occupation d'Anvers à laquelle on s'attendait malheureusement depuis
que l'exemple de Liége, de Namur et de Maubeuge a révélé l'action
destructrice des obusiers allemands sur les ouvrages bétonnés n'a
donc pas surpris si elle a été douloureuse. Mais l'événement n'a pas
eu l'importance que lui aurait donnée la capture de l'armée belge de
campagne. Celle-ci a pu se retirer au complet, avec son artillerie et
ses convois, sous la conduite de son admirable souverain.
Dès le 7, le gouvernement s'installait à Ostende; le 8, le commandant
du corps de siège allemand, ayant pu forcer au Sud la ceinture des
forts, annonçait le bombardement. Et, le 10, l'ennemi pénétrait dans la
ville. Toutefois la plupart des forts, 24 sur 30, continuaient encore
à résister; les autres ont été détruits par les Belges avant leur
retraite pour les empêcher d'être utilisés par les assiégeants.
Le 13, le gouvernement belge se retirait au Havre, où sa résidence
constituera une véritable fraction du sol de la Belgique indépendante.
Le coup de main que les Allemands, qui sont entrés à Gand, auraient pu
diriger sur Ostende serait désormais sans effet.