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[Illustration: UN TIREUR QUI NE GACHE PAS SA POUDRE
_Photographie, prise à trois cents mètres de l'ennemi, d'une section de
marsouins s'avançant par bonds et en tiraillant, sous la pluie et les
obus._]
Voilà un brave marsouin qui, comme on dit, ne gâche pas sa poudre aux
moineaux. La troupe avance par bonds, en terrain découvert, sous le feu
de l'artillerie, dont on voit les shrapnells arroser le champ ras. Pas
de tranchées; pas d'abris, sauf un faible talus. A trois cents mètres,
il y a l'ennemi, qui n'économise pas les munitions, d'habitude. La
pluie des balles rivalise avec la pluie du ciel inclément. Ce vieux
routier qui a couru le monde et «dégringolé» tour à tour, peut-être,
le Chinois, le Targui et le Chleuh, est là, indifférent à la double
averse, calme comme au champ de tir, ajustant posément l'adversaire
choisi ainsi qu'il viserait la cible, et sans doute, faisant mouche
à tout coup, ou presque. Et l'on admire, devant cette photographie,
prise sur le terrain par un officier d'un sang-froid égal à celui
de ses hommes, ces troupes de métier de la coloniale, si maîtresses
d'elles-mêmes, et qui ont, depuis deux mois et demi, multiplié à l'envi
les actions d'éclat.
[Illustration: LA DERNIÈRE PÉRIPÉTIE DU DUEL ENTRE LES FORTIFICATIONS
MODERNES ET LES PROJECTILES A EXPLOSIFS BRISANTS
Après les forts de Liége, de Namur et de Maubeuge, ceux d'Anvers ont
succombé contre l'artillerie lourde allemande.--_La photographie
ci-dessus, empruntée à une publication de langue allemande_, Blætter
von Krieg (_Tablettes de la Guerre_), _publiée à Berne, représente,
d'après ce journal, une coupole d'un des forts de Maubeuge disloquée
par un projectile de mortier de 420_.]