JULIEN TINAYRE.

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[Illustration: UN TIREUR QUI NE GACHE PAS SA POUDRE

_Photographie, prise à trois cents mètres de l'ennemi, d'une section de

marsouins s'avançant par bonds et en tiraillant, sous la pluie et les

obus._]

Voilà un brave marsouin qui, comme on dit, ne gâche pas sa poudre aux

moineaux. La troupe avance par bonds, en terrain découvert, sous le feu

de l'artillerie, dont on voit les shrapnells arroser le champ ras. Pas

de tranchées; pas d'abris, sauf un faible talus. A trois cents mètres,

il y a l'ennemi, qui n'économise pas les munitions, d'habitude. La

pluie des balles rivalise avec la pluie du ciel inclément. Ce vieux

routier qui a couru le monde et «dégringolé» tour à tour, peut-être,

le Chinois, le Targui et le Chleuh, est là, indifférent à la double

averse, calme comme au champ de tir, ajustant posément l'adversaire

choisi ainsi qu'il viserait la cible, et sans doute, faisant mouche

à tout coup, ou presque. Et l'on admire, devant cette photographie,

prise sur le terrain par un officier d'un sang-froid égal à celui

de ses hommes, ces troupes de métier de la coloniale, si maîtresses

d'elles-mêmes, et qui ont, depuis deux mois et demi, multiplié à l'envi

les actions d'éclat.

[Illustration: LA DERNIÈRE PÉRIPÉTIE DU DUEL ENTRE LES FORTIFICATIONS

MODERNES ET LES PROJECTILES A EXPLOSIFS BRISANTS

Après les forts de Liége, de Namur et de Maubeuge, ceux d'Anvers ont

succombé contre l'artillerie lourde allemande.--_La photographie

ci-dessus, empruntée à une publication de langue allemande_, Blætter

von Krieg (_Tablettes de la Guerre_), _publiée à Berne, représente,

d'après ce journal, une coupole d'un des forts de Maubeuge disloquée

par un projectile de mortier de 420_.]

L'Illustration, No. 3737, 17 Octobre 1914 · 第 19 / 37 题