L'AMITIÉ FRANCO-PORTUGAISE

Le croiseur français _Dupetit-Thouars_ s'est rendu à Lisbonne le 5

octobre à l'occasion du quatrième anniversaire de la proclamation de

la République portugaise. Cet acte de haute courtoisie a été fort

apprécié par le gouvernement d'un pays avec lequel la France a toujours

entretenu d'étroites relations d'amitié, et qui, dès le début de la

guerre, s'est déclaré prêt à consentir les sacrifices que lui impose

son traité d'alliance avec la Grande-Bretagne.

Toute la population, du reste, a tenu à montrer sa sympathie pour

la cause des alliés. Le commandant Gervais et son état-major furent

acclamés; de longues manifestations eurent lieu devant les légations

ou les consulats de France, d'Angleterre, de Belgique, de Russie,

de Serbie, du Montenegro, du Japon, et en de nombreux points de la

capitale; la foule chantait la _Marseillaise_.

Des manifestations semblables se sont produites à Oporto et dans

plusieurs villes de la jeune république. L'opinion générale semble

de plus en plus favorable à une intervention qui paraît absolument

conforme aux intérêts nationaux, car la guerre actuelle doit délivrer

le Portugal lui aussi d'un ennemi qui aurait depuis longtemps fait main

basse sur ses possessions coloniales si l'Europe le lui avait permis.

[Illustration: LES MANIFESTATIONS FRANCOPHILES DE LISBONNE.--Le

commandant Gervais, du croiseur _Dupetit-Thouars_, acclamé par la

population.--_Phot. Benoliel._]

[Illustration: Sous la pluie: convoi d'approvisionnements sur une route

bordée de tombes.]

L'Illustration, No. 3737, 17 Octobre 1914 · 第 16 / 37 题