plaisant Bois de Boulogne comme une sorte de moderne et démocratique
Parc aux Cerfs. Certains romans, d’apparence documentée, contribuèrent à
imposer cette réputation. Si l’on s’en rapporte à ces différentes
sources, les Hamadryades continueraient même de nos jours leurs
provocantes chorégraphies; Nymphes et Satyres maintiendraient encore,
jusqu’à la porte de Paris, cette tradition de lascivité que les poètes
antiques nous ont révélée. Que faut-il croire de ces potins qui passent
de bouche en bouche? Pol Prille vient nous le dire aujourd’hui. Une
suite d’enquêtes minutieuses lui a permis de voir clair dans ces
amoureuses nuits de mai à octobre. Il dévoile en historien objectif
leurs prétendus mystères. Il délimite exactement, avec une précision
d’observateur incorruptible, ce qu’il faut entendre par ces actuelles et
nocturnes Saturnales. Huysmans eût aimé ce livre-là, comme une suite
naturelle aux perversités diaboliques dont il s’est fait
l’historiographe.
COLLECTION DES LETTRÉS
Nº 1
PIERRE LOUŸS
Le Crépuscule des Nymphes
In-8 couronne sur bel alfa bouffant, avec couverture et bois originaux
dessinés et gravés par Jean Saint-Paul broché: 12 francs
Pour la première fois, le “Crépuscule des Nymphes” présente au public,
en édition collective, l’œuvre la plus caractéristique d’un écrivain qui
a toujours négligé la gloire et que la gloire ne cesse de poursuivre.
«Un livre délicieux, plein d’idées, de motifs à réflexions, ou à
rêveries, dont on s’étonne seulement qu’il se soit fait si longtemps
attendre». Ainsi conclut M. Paul Souday dans le feuilleton du “Temps”
qu’il a consacré à ce livre de Pierre Louÿs. Jamais, en effet, la
sensualité païenne de l’auteur ne s’est manifestée, depuis Aphrodite,
avec plus de charme et de mélancolie désabusée. Son tour d’ironie peut
être quelquefois un peu cynique; il n’est jamais licencieux. On ne se
lasse pas de cette musique des mots qui voile une pensée profonde. Les
nymphes de Pierre Louys nous font ainsi parcourir, avec quel
enchantement, tout le cycle de l’éternel amour.
COLLECTION DES LETTRÉS
Nº 2
Paraît fin mai
MAURICE VERNE
Palace-Hôtels
ROMAN
1 volume sur alfa bouffant: 10 francs
Sous ce titre, Maurice Verne publie un roman qui complète le fameux
livre des “Rois de Babel”, provocateur de passionnantes polémiques.
Pendant quatre ans, Maurice Verne fut à peu près absent de Paris; il
voyageait de capitale en capitale et se documentait pour nous montrer
sous un jour familier quelques-uns de ces rois nouveaux qui mènent
désormais le monde, ceux d’hier et d’aujourd’hui: Carnegie qui arriva en
Amérique avec quelques shillings dans sa poche et cinquante ans plus
tard, pouvait offrir le palais de la paix avec ses millions gagnés dans
les fonderies d’acier; Vanderbilt; Pierpont-Morgan, le roi de l’or;
Rockefeller qui éleva le premier institut médical du monde, coût trois
cents millions de dollars, après avoir débuté comme petit employé dans
les maisons de commerce américaines. Puis viennent les Krupp, Thyssen.
De même les lords, maîtres des grandes industries et du commerce
britanniques; les Chamberlain, par exemple, les rois du fer de
Birmingham et par conséquent les maîtres de la politique du
protectionnisme. Ce livre n’avait jamais encore été fait. Il fallait un
voyageur pour le mettre à point. “Palace-Hôtels” de Maurice Verne, est,
sous la forme du roman, une petite histoire contemporaine, l’histoire
que les historiens n’écrivent jamais, parce qu’ils ne quittent pas leur
cabinet de travail.
COLLECTION DES LETTRÉS
Nº 3
FERNAND AUBIER
Le galant gynécologue
ROMAN
BOIS ORIGINAUX DE SIMA
1 volume sur alfa bouffant: 10 francs
Le gynécologue est souvent un homme et devrait toujours être un dieu.
Celui dont l’histoire est si plaisamment racontée par Fernand Aubier
semble avoir cette double puissance humaine et divine. Résumer en
quelques lignes les savoureuses péripéties de ce roman exposerai à en
donner une idée fausse. Le thème est en effet d’une rare audace. Mais
l’auteur, avec une souplesse surprenante, évite le détail qui pourrait
choquer les délicats. Il dit tout ce qu’il faut savoir quand le héros
est un gynécologue, les situations les plus hardies n’en sont pas moins
exposées avec un art attentif; elles ne sont que prétexte à
d’insinueuses idées générales. Jamais le freudisme n’avait inspiré un
livre plus complet, pénétrant et définitif. La conclusion? L’auteur
semble l’avoir trouvée dans cette phrase de Saint-François de Sales,
qu’il épingle en exergue de son XXVe chapitre: «Ne permettez jamais,
Philothée, qu’aucun ne vous touche ni civilement, ni par manière de
folastrerie, ni par manière de faveur».
GUSTAVE KAHN
Silhouettes littéraires
in-8 couronne: 6 fr. 50
Gustave Kahn pourrait nous donner la meilleure _Histoire de la
littérature française d’aujourd’hui_. Il semble s’y être préparé par ce
volume. Ce ne sont peut-être, comme il les appelle avec trop de
modestie, que des silhouettes. Mais elles ont plus de caractère et de
vérité que des portraits achevés. On comprend, en l’écoutant, qu’il a
vécu ardemment la lutte symboliste. Il y a joué un des rôles principaux.
Ses souvenirs nous font revivre tout ce qui doit rester de ce mouvement
formidable. Sa grâce et son malicieux enjouement de conteur sont
inégalables. Enfin sa documentation apporte une lumière définitive sur
maint problème littéraire. Ceux qui connaissent Gustave Kahn savent avec
quelle conscience il donne son témoignage sur les combats qu’il a
soutenus. Ils savent également que sa mémoire n’a rien oublié des
personnages considérables dont il fut le familier et l’observateur
pénétrant.
L’Aube enamourée
ROMAN
Quelle délicate sobriété dans cette peinture d’un amour qui ne veut pas
s’avouer,--mais aussi quelle force violente tant elle est concentrée!
Gustave Kahn donne là une sévère leçon à tous les bâcleurs d’épisodes
sans intérêt, à tant d’écrivains qui ne savent pas écrire. Après avoir
été un des princes de l’école symboliste, il s’impose par l’_Aube
enamourée_ comme un des maîtres du roman d’après-guerre.
1 volume; 7 fr. 50
WILLY
Souvenirs littéraires
... et autres
In-8 couronne: 6 fr. 50
TABLE DES MATIÈRES.--I. Enquêteurs et enquêtés, Gaston Picard,
Jean-Bernard, Ajalbert, Divoire, etc. Correspondances saphiques des
journaux des modes.--II. Les deux Willy. Octopodes autobiographiques.
Mon ancêtre le maréchal de Villars.--III. Le veuf sur le toit. Deux
académiciens s’interviewent: Jules Simon et Caro. Les bas rouges de
Madame Aurel. Dekobra et Franc-Nohain au collège.--IV. L’orang Tailhade,
Mallarmé et autres. Sarcey chahute. L’inceste au théâtre.--V. Le journal
«_Lutèce_». Albert Delpit pleure dans les bras de ma cousine et fait
pipi dans son pantalon. Le pauvre Paul Alexis.--VI. Chabrier juge
Massenet. Mademoiselle Madeleine de Swarte me juge dans les «Fourberies
de Papa». Gounod juge Gustave Charpentier. Le tragédien Sylvain,
navigateur et tireur à cinq. Armand Sylvestre et ses maîtresses. Le
génie de Wagner et les ridicules de Bayreuth. «Claudine s’en va».
Mademoiselle Polaire et «Siegfried». La chemise d’un sociétaire et
Monsieur Raymond Roussel.--VII. Rosseries de Degas. Bonnat compare les
critiques d’art aux cochons. La mauvaise foi de Monsieur Jacques
Blanche. Les manchettes de Moréas, sa métrique, sa griserie. Mendès,
machiavel en tous genres. Mots acides de Moréno.--VIII. Un pastiche de
Rostand. Jean Richepin vilipendé par Bouchor. Madame Purnode, chanteuse
aphone. Camille Pelletan, acrobate occasionnel, rate son tour.--IX.
L’académicien Frédéric Masson demande qu’on me fusille. Le compositeur
Roze chez Jean Lahor. Les dîners de Judith Gautier, wagnérienne. Un
frère de Victor Hugo à Charenton. Liszt chez Madame Erard.--X. Raoul
Gunsbourg. Son portrait par Jules Lemaître. Il me réconcilie avec
Massenet.--XI. La revue bleue. Le fantaisiste Jacques du Tillet, le
caustique Vandérem, le bon Jules Lemaître et le perfide Anatole France.
Lotte et ses amis.--XII. Les nègres. Les homosexuels. A bientôt.
“LA CLAIRE POÉSIE”
Cette collection de poètes nouveaux doit tenter particulièrement le
parfait bibliophile, c’est-à-dire celui qui s’intéresse non seulement à
l’habillage du livre mais encore à son contenu. Le tirage restreint
augmente encore la valeur de cette collection.
Chaque volume in-16 jésus broché, orné de bois originaux est tiré à 750
exemplaires numérotés, c’est-à-dire 150 exemplaires sur pur fil Lafuma à
50 fr. et 600 exemplaires sur bel alfa bouffant spécialement fabriqué
pour cette collection, à 15 fr. l’exemplaire.
Nº 1
EMMANUEL SIGNORET: ÈVE
Nº 2
HENRIETTE HERVÉ: DILECTION
Nº 3
JACQUES FESCHOTTE: D’AMOUR
ÉDITIONS MONTAIGNE
2, Impasse de Conti, 2
PARIS (VIe)
Chèques Postaux: Paris 712.97
Tél.: Fleurus 42-79