JÉBOU.

Le Jébou se trouve à l’est de la colonie de Lagos. Il a une population

de plus de 400,000 habitants, et est partagé pour l’administration en

deux parties: le Jébou-Rémo et le Jébou-Odé. Odé est le siége du

gouvernement général et la résidence de l’_awajali_, souverain de la

nation.

Les Jébous sont rudes et violents dans leurs manières. Ils tentèrent

d’abord de ruiner Abè-okouta, puis en devinrent les alliés. L’islam a

fait des progrès parmi eux.

M. Borghéro voulut pénétrer dans leur pays en avril 1864. «Depuis ces

dernières années, a-t-il écrit, les Jébous ont adopté pour politique

l’exclusion de tous les étrangers. Ils vivent, du reste, dans un

isolement complet; leur roi s’enveloppe de tant de mystère qu’il est

invisible même pour ses propres sujets. Si quelque circonstance le force

à communiquer avec eux, il ne le fait qu’à travers un voile qui le

dérobe à leurs regards.

«Je fus reçu à Épé par le chef militaire qui porte le titre de _possou_.

Dans sa simplicité patriarcale, il m’accueillit très-gracieusement; mais

il ne voulut jamais me permettre d’aller à Odé, ni de séjourner à Épé

plus de quelques jours.»

Épé est la ville la plus importante du Jébou. Elle se compose de la

ville haute, située sur un petit plateau, et de la ville basse qui borde

la lagune. Les Anglais voulurent s’emparer d’Épé, il y a quelques

années. Possou les laissa débarquer, puis les reprit en flanc et les

rejeta sur la lagune, en leur infligeant des pertes qui les ont rendus

plus circonspects. Le major qui commandait la compagnie de débarquement

reçut une balle au visage.

«Les lagunes, à l’est de Lagos, diffèrent notablement de celles qui sont

à l’ouest. En général, les premières sont beaucoup plus larges, quoique

sur quelques points elles se rétrécissent et n’offrent plus qu’un étroit

canal. Au lieu d’avoir, comme les autres, des bords inaccessibles, la

terre est ici séparée de l’eau par des arbres souvent gigantesques, dont

la variété et la forme offriraient au botaniste un sujet intéressant

d’étude.

«Nous partîmes (en pirogue) vers onze heures du matin, et nous arrivâmes

en vue de Lagos le lendemain matin, 23 avril.» (BORGHÉRO.)

Sept ans en Afrique Occidentale · 第 76 / 101 题