_Les voies de communication et la facilité des transports_ sont
essentiels au développement du commerce, de l’industrie et de la
civilisation. La difficulté des relations et des transports entrave
l’écoulement des produits et s’oppose aux transactions: tout est enrayé,
tout languit dans une stagnation affligeante.
A la côte des Esclaves, point de routes, point de voitures, point de
bêtes de somme: les femmes et les esclaves opèrent seuls tous les
transports sur leur tête, lentement, péniblement.
Toutefois, les voies de communication seraient nombreuses et commodes,
si la politique ne venait les fermer. Un vaste réseau de lagunes
sillonne la côte, et de nombreux cours d’eau relient par des voies
naturelles les contrées de l’intérieur à celles de la côte. Le Volta, à
l’ouest; le Niger, à l’est; l’Agaouméou, au nord de Grand-Popo; l’Owo,
au nord de Koutonou; l’Ocpara, à côté de Badagry, sont de larges voies
ouvertes par la nature. L’_Ogoun_ descend de l’intérieur, passe à
Abéokouta, et se jette dans l’Océan, près de Lagos. L’_Ochoun_ coule à
travers le Jébou. Je ne parle pas des nombreux cours d’eau de moindre
importance.
Guidés par leur bon sens pratique, les Anglais ont pris position à
l’embouchure du Volta, de l’Ocpara, de l’Ogoun, de l’Ochoun et du Niger.
S’ils avaient réussi à s’établir à Koutonou, ainsi qu’ils ont souvent
tenté de le faire, ils seraient maîtres de toutes les voies naturelles
ouvertes au commerce de l’intérieur.
La navigation est insignifiante chez les nègres. Néanmoins tous les
transports de quelque importance, aussi bien que les opérations
d’embarquement et de débarquement, se font à l’aide de pirogues.
Les négociants européens ont, pour l’usage de leurs factoreries, de
grandes embarcations, mais les nègres ne se servent que fort rarement de
grandes barques; ils se contentent de canots de moyenne grandeur; ils
s’aventurent même dans l’Océan, bien au large, sur des pirogues
tellement étroites qu’ils doivent s’y tenir accroupis, afin de ne pas
les faire chavirer.